[POINT DE VUE] « République culturelle » : la drague lourde de Villepin envers la gauche artistique
Dominique de Villepin n’en finit pas de ne pas être candidat à l’élection présidentielle. Il a un mouvement, La France humaniste. Il a un site Internet qui porte le même nom. Et puis surtout, surtout, il a des idées. Ça, aucun problème. Et force est de constater que son élégance littéraire ne s’est pas fanée depuis 2003, lorsqu’il prononça son célèbre discours à la tribune des Nations unies. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac sait choisir des mots toujours percutants, maintenir un rythme ample et vif, emporter son lectorat (et demain, peut-être, son auditoire) avec lui.
Le problème, ce n’est pas la forme. C’est le fond. Les poètes qui redescendent de l’azur, comme les albatros chantés par Baudelaire, deviennent parfois verbeux quand on leur demande du concret. Par exemple, le dernier projet en date du non-candidat le plus célèbre du moment concerne la culture. Plus exactement : la « république culturelle ».
Regardons ensemble en quoi consiste ce concept. Sur X, Villepin déclare que sa première mesure pour la culture sera d’en faire un domaine réservé du chef de l’État, comme la défense et la politique étrangère. Morceau choisi de ce long post : « La culture est aussi notre premier lieu de réconciliation : celui où les corps et les esprits se rassemblent, et où chacun s’affirme pleinement comme citoyen de la République française. Nous instaurerons une véritable solidarité dans le secteur culturel en mettant en place des mécanismes de répartition entre les grandes et les petites salles. Nous créerons une Maison des arts dans chaque bassin de vie. » Bon. Comment les corps et les esprits se rassemblent-ils par la culture, dans un pays où les gens ne lisent pas, passent 4 ou 5 heures sur les réseaux sociaux et plébiscitent les films américains – à la notable exception du magnifique diptyque sur le général de Gaulle ? Le non-candidat ne le dit pas.
« Cultureux » mon amour...
Il est vrai qu’il ne s’adresse pas aux Français ordinaires : son idée de mécanisme de répartition parle plutôt au cœur et au portefeuille des « cultureux », tandis que son idée de « maison des arts dans chaque bassin de vie », outre le ridicule de l’expression « bassin de vie », n’est guère facile à expliquer. Nous avons déjà des musées en pagaille, des salles de cinéma et même, dans les quartiers « sensibles », des médiathèques que les jeunes font brûler quand la fantaisie leur en prend. Alors ?
Pour comprendre où Villepin veut en venir, il faut aller sur son site. Trois périls menacent le monde culturel, selon lui : la logique de marché, l’extrême droite et le manque de volonté du ministère de la Culture. La drague envers la gauche artistique, celle qui, pour parler comme Bourdieu, possède un fort capital culturel mais pas forcément beaucoup d’argent, ne se voit que trop. Ensuite, tous les poncifs y passent : les dangers de l’IA, les « empires prédateurs » de Trump, Xi ou Poutine…
Dominique de Villepin veut donner des chèques, perfuser les intermittents, contrôler la diffusion des contenus avec l’aide de l’Europe : rien que de très convenu, en somme. Au moment de dresser le constat (forcément inquiétant), il a tout de même le culot d’écrire : « L’enjeu [c’est-à-dire la menace] c’est la confiscation de la culture par le marché avec la complicité de l’État. » Mais n’est-ce pas exactement ce qu’il veut faire en finançant depuis l’Élysée un monde de la culture qui, drogué à l’argent magique, serait redevable à un tyran esthète – un tyran esthète qui ne saurait être que lui ?
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72 commentaires
De Villepin qui a vendu pour pas grand chose les autoroutes est un opportuniste
C’est un paltoquet qui ne vaut pas un clou
Il ferait n importe quoi pour exister. Ça fait pitié !
On lui a dit que ça existe depuis 1961. Les Maisons de la Culture ont été créées par André Malraux.
Franchement, ça fait pitié. Quel naufrage.
Dégoût, plutôt.
Je pense que le fameux discours de Villepin à la tribune des Nations unies ne sort pas de sson cerveau enflammé. La teneur lui en a été dictée par la nécessité. Déjà, sous Chirac, si la qualité de nos soldats n’est pas a remettre en cause, les moyens qui leur étaient affectés ne leur permettaient pas de figurer honorablement dans la coalition. Et le Président a préféré refuser d’en être plutôt que de montrer la pauvreté des moyens militaires de notre pays et l’incapacité du gouvernement à équiper nos troupes correctement… Tout ça n’est qu’un vaste écran de fumée…
De Villepin : Avec la queue qui lui dépasserait encore de la bouche , il nous dirait que ce n’est pas lui qui a mangé le « Rat » !
C’est tout à fait ça.
Ben voyons … Ce traitée a t’il précisé quel art il mettrait en valeur avec le pognon du contribuable déjà suffisamment spolié !
« … bassin de vie » (?) il a fumé quoi le bellâtre?
Ca trahit, ça n’a aucune parole, ça a largement fait ses preuves. A jeter. Sur le plan politique, on est dans un tel état de décomposition que le véreux n’a pas de mal à faire sa place.
Un illuminé,Bernadette disait,il a tellement la grosse tête qu’il a du mal à passer sous les portes de l’Elysé
Elle l’appelait d’ailleurs Néron
Judas lui sierait mieux.
Comment est-ce possible que l’on en soit encore aujourd’hui à ne pas pouvoir se défaire de l’association du nom de ce type au discours qu’il a prononcé à l’ONU, conformément aux instructions qu’il a préalablement reçues de Chirac ? Ne devrait-on pas, d’abord et avant tout, rappeler qu’il est le premier responsable de catastrophique dissolution de l’Assemblée Nationale de 1997 ? A-t’on tous oublié qu’il a passé une unique journée au ministère des affaires étrangères la veille de sa retraite aux seules fins de bénéficier d’une prime de départ anticipé de 70 000 à 100 000 € ? Garderait-on un souvenir enamouré et impérissable d’un porte parole du gouvernement qui, pour une fois, annoncerait une mesure qui sert les intérêts de la France et des Français ? La réponse est non, évidemment. Alors pourquoi contribuer à entretenir cette espèce d’aura autour d’un individu dont le bilan de son action au service de la France ne mérite pas vraiment de considération ?
Vous avez bien décrit l’individu Néron…
Je confirme.
Pauvre type suffisant et déconnecté. La France a besoin d’un redressement moral, industriel et financier pas culturel. Le culturel, quoi qu’en pense et dise la gauche, existe déjà il suffit de le remettre au goût du jour en supprimant toute trace de wokisme et de progressisme.
oui… il. est des urgences qui n’attendront pas bien longtemps. Mais je crains fort que sans un « Miléi » aux manettes – maintenant – les carottes ne soient déjà cuites !
Il n’aurait pas été premier ministre de droite, enfin de droite molle soumise à la gauche, c’est d’ailleurs popur ça qu’on en est là
Encore un « machin » supplémentaire à financer ! pauvre Villepin, il n’a rien appris ni compris…
Le politique dans toute sa nullité.
Oui
A t-il tellement honte de ses racines ?
Il faut renvoyer cet homme à sa retraite avant qu’il nous plonge dans une déconfiture totale. La France a besoin de héros, pas de grandiloquents sur le retour, ni de bras cassés.