[POINT DE VUE] Panot persuadée que les jeunes votent LFI : le logiciel gauchiste bloqué en 2002

« Je dis souvent aux gens de droite que je croise que de toute façon vous êtes foutus parce que vos enfants sont avec nous. »
Capture d'écran X
Capture d'écran X

Le cadre est parfait. Normal : La France insoumise enregistre Mathilde Panot dans son bureau. Un portrait de Thomas Sankara, quelques affiches, dont certaines décalquées du mitterrandisme (« Pour changer la vie »), mais aussi quelques objets africains, probablement offerts par des camarades décoloniaux issus du Sud global. Mélange entre le bureau d’une conseillère principale d’éducation, un local de militants tiers-mondistes adolescents et (chose plus curieuse) le salon façon « curiosités exotiques » d’un personnage de BD de la ligne claire (celui de Blake et Mortimer ou celui de Marc Charlet dans Les 7 boules de cristal). Pas de doute, l’endroit est approprié.

 

C’est dans ce décor que Mathilde Panot, patronne des députés insoumis à l’Assemblée nationale, a choisi de s’exprimer. Plus précisément, elle a souhaité réagir à une une du Point, datée du 23 juillet, et titrée ainsi : « Pourquoi nos enfants vont voter Mélenchon (et comment s’en remettre) ». Entre autres choses, elle a eu cette phrase qu’elle veut pleine d’espoir et qui lui a valu d’être épinglée par le compte X « Bleu Blanc Rouge » : « Je dis souvent aux gens de droite que je croise que, de toute façon, vous êtes foutus parce que vos enfants sont avec nous. » Manière, donc, d’abonder dans le sens de l’hebdomadaire, pourtant pas précisément de gauche radicale. Des propos qui sont de la même veine que ceux qu'elle a tenus, récemment, sur le média d'extrême gauche Au Poste.

Il faut commencer par lire le dossier du Point pour s’apercevoir que ce ne sont pas les enfants de tout le monde qui sont concernés. Les articles insistent, au contraire, sur la révolte des jeunes diplômés, issus de la bourgeoisie intellectuelle et de plus en plus habités par un ressentiment grandissant. En cause, les études supérieures pour tous, le chômage de jeunes gens à qui on a fait croire qu’ils seraient au sommet de la pyramide sociale et qui galèrent. En quelque sorte, c’est l’effet miroir du déclassement de la France périphérique. Le Point cite notamment un livre de Monique Dagnaud et Jean-Laurent Cassely, Génération surdiplômée, dans lequel on lit ceci : « À partir des années 2000, plus on est diplômé, plus on a de probabilité de voter pour les partis de gauche. […] Les partis de gauche sont donc passés du "parti des travailleurs" à celui de "parti des surdiplômés". »

En mettant un tel titre à la une, Le Point s’adresse donc aux bourgeois. « Nos » enfants, ce sont les enfants de son lectorat, en somme. Des gens qui ont fait des études plutôt brillantes et habitent dans les grandes villes, des gens dont les enfants ont fait des masters de sciences molles et ont vaguement traîné de bars à jus en expos solidaires, avec des vélos en free-floating. « Vous êtes foutus », dit Mathilde Panot aux gens de droite : voilà qui fait curieusement écho aux récents propos de Clémence Guetté dans l'hémicycle de l’Assemblée : « Un Français sur trois est lié à l’immigration, remballez vos dernières propositions de survie pour préserver des Français dits de souche, des Blancs, vous avez déjà perdu ! »

34 % des 18-29 ans ont voté RN, aux européennes de 2024, selon l’IFOP. Le RN est premier dans toutes les catégories sociales, à la notable exception de la bourgeoisie urbaine titulaire d’un bac+5. Les gens de droite, par ailleurs, ont sur les gauchistes urbains un notable avantage : ils se reproduisent. C’est trivial, la prolongation de la vie, ce n’est pas décolonial ni écoresponsable, mais ça compte. C’est même la seule loi qui vaille, à l’échelle de l’Histoire.

Alors, franchement, Mathilde Panot peut bien éructer derrière son bureau. Ceux qui, parmi les jeunes, votent à gauche ne feront pas le monde de demain : ils chercheront à en profiter, tout en souhaitant disparaître. Ce sont nos enfants (vos enfants, vos petits-enfants, amis lecteurs) qui feront la différence.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

84 commentaires

  1. L’idéologie, c’est le refus de voir la réalité. L’idéologie est donc un manque d’analyse, donc d’intelligence. Le communisme, le socialisme sont des échecs. S’y accrocher est l’expression d’un esprit borné, incapable de se remettre en cause.

  2. j’en connais quelques uns (une petite minorité quand même, 10%) qui se targuent de voter lfi. Le profil est toujours le même : fils de gens aisés (enseignants, avocats, médecins cadres sup) qui font des études à rallonge (3 masters pour l’un deux) et qui n’ont quasiment jamais travaillé, papa et maman subvenant à leur besoins quotidiens. Les autres, ceux qui bossent, sont plutôt très à droite. Alors panot, dans tes rêves ils sont avec toi

  3. C’était prévisible, le Bac pour tous produit immanquablement au Master pour presque tous
    Et ensuite les pauvres petits chéris ont du mal à trouver du boulot, (sauf à l’Assemblée Nationale).
    Il est aussi patent que des lettres de motivation truffées de fautes d’orthographe et de grammaire n’incitent pas envisager une collaboration avec ces brillants intellos.
    De plus la contamination de nos facs, écoles de commerce et même d’ingénieurs – Polytechnique, un comble, n’y échappe plus – par les petits copains de Madame Panot, n’est pas un gage de confiance.
    Puisque l’ambition de cette extrême gauche est de tout détruire, qu’elle commence par elle. Ca nous fera le plus grand bien.

  4. Le « surdiplôme » n’atteint peut-être pas Madame Panot…qui ne sait pas situer la Palestine (qu’elle défend pourtant unguis et rostro) sur une carte…Quant aux travailleurs (donc relégués au passé, « foutus », quoi…), ils auront peut-être « droit à la paresse »…le Président de « tout » les Français, qu’ils soient « de souche » ou pas, en ayant, tout de même, la charge imprescriptible…

  5. Nos enfants subissent les méfaits de la discrimination positive en tous genres depuis déjà de nombreuses années , de quoi nourrir une certaine rancoeur ,de plus être représenté par un vieillard de 80 ans qui vous insulte à longueur de meeting et vous somme de vous  » laisser remplacer » , pas trés ragoutant comme programme !!!

  6. Tout à fait d’accord avec l’article.
    Nos enfants trentenaires ont fait fait des études supérieures en décrochant un Master offrant une multitude de débouchés, sont parfaitement insérés dans la vie professionnelle et ne voteront jamais, ô grand jamais LFI : désolée Mathilde…

  7. Il suffit de la voir pour être dégouté de voter LFI ceux qui ont un peut de bon sens ne vote pas à gauche , les gauchistes veulent de l’argent à ne rien faire .Mélenchon est un personnage dangereux il veut mettre la révolution dans la FRANCE il ne sera jamais élu ce parti devrait être dissous .

  8. On en est où des députés LFI et complices qui ont tué un français catholique nommé Quentin de Montargis, dans leur grande tolérance légendaire de gauchiste de bureau?
    Classement sans suite? Merci les amis du syndicat de la magistrature LFI!
    Une minute de silence pour extrême honte de Madame Braun Pivet, aussi…

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