[POINT DE VUE] Documentaire sur Amélie Oudéa-Castéra : une compassion inhabituelle…

Un docu compassionnel, sur un ministre pas à la hauteur, et financé par Nicolas... Était-ce indispensable ?
Capture écran France Télévisions
Capture écran France Télévisions

France Télévisions vient de diffuser un documentaire sur Amélie Oudéa-Castéra, qui fut ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Un festival de misérabilisme dégoulinant, comme le monde politico-médiatique n’en réserve qu’à des amis choisis. D’abord, un petit retour en arrière avant de passer au visionnage.

La gauche « Stan »

On se souvient que rapidement, les médias bien intentionnés firent une incroyable découverte : le ministre, pourtant de gauche, scolarisait ses enfants dans le privé, en l’occurrence au sein de l’excellent lycée Stanislas, pépinière de grands esprits mais assez peu porté sur les exigences délirantes des programmes contemporains… au point de faire l’objet d’une enquête de l’administration dudit ministère. Jusque-là, il n’y avait que la gauche pour être surprise par sa propre hypocrisie : son prédécesseur, Pap Ndiaye, pourtant très (très) à gauche, et engagé à fond dans toutes les lubies sociétales, avait lui-même inscrit ses enfants dans la très chic École alsacienne. Faites ce que je dis…

Rapidement mis sur la touche, le ministre, qui, pour comble de son malheur, avait osé une phrase maladroite sur l’absentéisme des profs, n’avait conservé que le portefeuille des Sports. Cela lui avait valu une nouvelle campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux. On se souvient de son air un peu illuminé quand elle prétendait aimer Aya Nakamura ou de sa joie forcée quand elle s’était jetée, en combinaison de plongée, dans une eau de la Seine parfaitement dégueulasse, mais dont le coût d’assainissement prohibitif (plus d’un milliard de nos euros) méritait bien quelques secondes de démagogie.

Amélie « Causette »

Bref, ce documentaire, donc. On y fait témoigner l’ancien ministre et ses proches, avec un angle d’une surprenante bienveillance. « Mise en cause humainement, personnellement, familialement, éthiquement », Amélie Oudéa-Castéra, qui, en effet et sans la moindre ironie, a l’air d’aller beaucoup mieux, raconte par le menu la souffrance qu’elle a traversée. « Tout ça venait exploser ma capacité à conduire mon action de ministre. » A-t-elle démissionné pour autant ? Non, bien sûr. C’est dur, mais c’est quand même cool. Quand elle quitte l’Éducation nationale, témoigne cette proche, « elle est amaigrie, elle est fatiguée, on sent vraiment qu’elle a été marquée, qu’elle ne s’attendait sans doute pas à ce déferlement de violence ». Plus loin dans l’analyse, non verbale cette fois, un autre témoin précise : « Elle avait le cou rentré, les épaules rentrées, la tête dans les épaules, le visage figé, le sourire pas naturel… »

À ce stade, on ne voit pas bien ce qui sépare l’ancien ministre de n’importe quel cadre, homme ou femme, soumis à une importante pression dans un grand groupe. Ce qui va suivre est peut-être un peu cruel, mais tant pis. Le monde est marqué par le péché originel. Parfois, les gens sont méchants. Et la France, malgré le courage souvent admirable des Français à travers les siècles, est un peuple de sans-culottes, souvent injustes et haineux, qui adorent détester leurs élites. La passion triste des Français pour une prétendue égalité consiste, en réalité, à haïr le succès, l’argent, la beauté, le talent… et surtout le pouvoir. Il n’y a rien de nouveau, dans cette affaire.

La dynastie Duhamel

Rattachée à une dynastie médiatique (les Duhamel), mariée à un grand patron, venue du monde de la compétition sportive et des grandes écoles de l’État, Amélie Oudéa-Castéra baigne dans un monde à la fois facile et agressif depuis toujours. Il est surprenant que la violence des attaques qu’elle a subies ait eu raison d’elle, mais c’est humain. Il est, en revanche, un peu scandaleux de faire payer par le contribuable un documentaire compassionnel sur un ministre qui n’avait pas les épaules nécessaires pour la tâche.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

64 commentaires

  1. Je ne sais pas si elle a souffert, et je m’en moque, mais ce dont je suis certain c’est qu’elle et son ex-banquier de mari font facilement et pour leur plus grande satisfaction, une pelote grandissime grâce à tous les imbéciles « heureux » qui gravitent dans les sphères bobos..

  2. Ce sont les pieds devant, après glissade involontaire, que la Dame est entrée en Seine pour une baignade qui se voulait historique. C’est l’image qui restera de sa « carrière » politique, sans oublier qu’elle est une chanteuse née. Effectivement comme cela doit être difficile de supporter autant de ridicule. Bon voyage Madame et que l’on n’entende plus jamais parler de vous.

    • Ben non, pas bon vent! Elle a rebondi, « élue » présidente du cnosef, comité national olympique et sportif français !!! On reverra souvent, hélas, sa tête au sourire de ravie de la crèche et ses propos de nunuche

      • Elle ne devrait pas tenir la route très longtemps à ce poste. Je m’intéresse tellement peu à elle que je n’avais pas remarqué son « élection ». D’après ce que je lis elle va même recevoir 9000 Euros mensuels- Les dérapages de la macronie n’étonnent plus.

  3. et elle est où ? cette bobo …..(lire BV)….avec un « petit pourboire mensuel, de nicolas, qu’elle a décidé elle-même !……
    ces 2 fils étaient à stan dans une classe que de garçons……c’était ça la vraie raison…….
    idée à comparer aux idées que nos soi-disantes élites nous imposent…….
    elle devait avoir peur qu’en présence de filles dans la classe, ces fils viennent se poser la question du transgenrisme ?

  4. Encore un poids financier scandaleusement inutile pour le pauvre Nicolas spolié. Il me semble que cette personne n’a rien apporté à la collectivité, à la nation. Il me semble aussi savoir qu’au niveau relations elle est bien placée : n’est-elle par hasard pas en parenté avec certains journalistes « célèbres » grassement subventionnés, eux-aussi, par de l’argent public ? Il fut un temps où l’on appelait cela une ploutocratie il me semble.

  5. On cause, on cause…y a-t-il jeu de mots concernant la logorrhée habituelle du monde politique ? Dans tous les cas, chez Victor Hugo et aux côtés de Jean Valjean, cher Monsieur Florac, c’est… »Cosette »…

  6. Elle a chopé la retraite de ministre, Nicolas va la financer à vie. On a la gloire que l’on peut.

  7. Ils sont nombreux ces ministres à ne pas avoir les épaules. En revanche, le compte en banque supporte très bien les difficultés de la tâche. C’est peut-être ce côté qui les retiens devant la démission.

  8. On se demande , en effet, si cette ministre avait les épaules nécessaires pour la tâche et aussi la tête suffisamment sur les épaules vu ses élucubrations dans la Seine et son embrassade langoureuse avec le président. Je ne me rappelle pas trop des faits marquants de ses passage dans les ministères concernés ,
    Il est vrai que le président Macron ne laisse que peu de marges à ses ministres , donc il suffit d’obéir ,de se taire , ou de partir . Tout en sachant que le président lui même n’ a que très peu de marge de manœuvre par rapport à l’UE et la dette . Donc, autant dire qu’un ministre en pareil cas n’est pas non plus sous pression constante, puisque pas très indispensable . AOC n’aura pas été le grand cru qui aura marqué les esprit même si des mimi marchand en herbe tentent de nous convaincre du contraire .

  9. Encore une femme quota dont on s’aperçoit (trop tard) qu’elle est totalement incompétente (comme Kamala Harris). A quand la fin de la « discrimination positive » ?

  10. « Haïr le succès, l’argent, la beauté, le talent… et surtout le pouvoir (quand il n’est pas politique). » Sont là les artefacts utilisés principalement par la gauche pour dissimuler leurs innombrables échecs idéologiques et sociétaux. Ce n’est pas de notre faute, c’est de celle des autres, « les salauds de riches ». Des fascistes de droite et ceux qui ne veulent pas se laisser mener à l’abattoir.

  11. Pauvre petite dame, j’en ai des larmes aux yeux. Heureusement papa Macron veille et offre des lots de consolation à droite ,à gauche, surtout pour ceux dont la misère est tellement poignante.

  12. « Il est, en revanche, un peu scandaleux de faire payer par le contribuable un documentaire compassionnel… » En Macronie, le scandale est aussi courant que sans le moindre effet sur ceux qu’il touche. On se demande même s’il ne serait pas devenu une sorte de doigt d’honneur fait à ceux qui s’en offusquent et constatent, impuissants, que les concernés n’en sont en rien affectés et n’en ont pas plus de comptes à rendre.

    • Bonjour, votre analyse est très pertinente et en peu de mots, le reflet de la qualité de « l’élite » de notre pays.

  13. Et il a été fait la révolution pour supprimer les privilèges !! Cela a du « Foirer » en quelque part car rien a changé !! L’histoire est un éternel recommencement !!

    • @Dl CLUZ : la révolution (celle de 1789) n’a jamais été faite pour supprimer les privilèges! Elle a été faite par la bourgeoisie pour conserver ses privilèges. Et comme toujours depuis elle a manipulé le peuple pour que ce soit lui qui monte au front et se faire mitrailler. Cette manipulation du peuple a été cent fois démontré et malheureusement, bien que cette bourgeoisie continue à ce jour ce même système, le peuple ne veut pas s’informer et comprendre cette manipulation socialo/bourgeoise, à croire qu’il aime se faire manipuler, violenter et dépouiller par cette caste malveillante!

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