[POINT DE VUE] À Cannes, interrogé sur le RN et Klaus Barbie (!), Gilles Lellouche botte en touche

L'acteur était sommé de faire acte de gauchisme en renonçant au RN, à ses pompes et à ses œuvres. Raté.
Pablo Tupin-Noriega, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
Pablo Tupin-Noriega, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

L’âge d’or du festival de Cannes est peut-être passé. Sans plonger dans une terrible rechute nostalgique, sans convoquer les mânes de Sophia Loren ou Brigitte Bardot, sans regretter les shootings photo nonchalants sur la plage et les limousines américaines, on peut tout de même se dire que la grande famille du cinéma commence à lasser tout le monde. Dans les années 1990 et 2000, c’était Canal+ qui tenait le haut du pavé, avec Nulle part ailleurs en direct de la Croisette, les chroniqueurs déjantés (de Caunes/Garcia) ou élégants (Mademoiselle Agnès), les happenings et les arrivées en hors-bord sur des plateaux pieds dans l’eau.

Et puis, il y a eu les années France Télévisions, très justement pointées du doigt par Charles Alloncle, au grand dam de Delphine Ernotte, pendant la désormais célèbre commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Invitées par de grands annonceurs, tous frais payés, dans des suites de luxe, les équipes de France Télé se gobergeaient aux frais d’un contribuable décidément bien généreux. Hélas pour eux, le rasoir de l’austérité va sans doute passer par là. Ce qui fait qu’il ne reste plus, de ces paillettes des années 60, de cet esprit Canal des années 2000, de ce népotisme des années 2020, que le pire, l’équivalent des sacs plastique qui traînent sur la plage quand la marée descend : l’entre-soi, le militantisme et l’impudence.

Yazid le finaud

Pour preuve, cette conférence de presse éclairante dans le cadre de la projection du film Moulin, qui retrace la vie de Jean Moulin. Parmi les journalistes, on trouvait un certain Yazid, qui n’a pas jugé bon de donner son nom de famille mais travaille pour le média Paroles d’honneur. Sa question s’adressait à Gilles Lellouche, talentueux interprète du préfet martyr, mais ne portait pas précisément sur le film. Jugez plutôt : dans le cadre des élections présidentielles, dont le journaliste rappelle qu’elles auront lieu en 2027, « le RN, fondé par des collaborateurs de Klaus Barbie (sic), traîtres à leur nation, a une chance d’arriver au pouvoir. Pensez-vous qu’il est aujourd’hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de le combattre résolument ? » Finaud. Première question de cet exorcisme gauchiste : renoncez-vous au RN, à ses pompes et à ses œuvres ? Et son corollaire : « Pensez-vous que La France insoumise, majoritaire à gauche, soit le meilleur rempart à l’extrême droite, son programme étant aussi inspiré du Conseil national de la Résistance ? » Autrement dit : croyez-vous en Jean-Luc Mélenchon, sauveur de la France, à son parti La France insoumise, à son programme inspiré de la Résistance ? Finaud, également.

S'engager contre le RN : un devoir ?

Bon, un peu d’exégèse : le FN, devenu plus tard le RN, est un agglomérat de toutes les familles de l’extrême droite. Ces familles se sont mises d’accord pour placer à leur tête le plus charismatique de leurs tribuns, le poujadiste Jean-Marie Le Pen. Et « ça a commencé comme ça », comme dirait Céline. Il y avait donc des collabos, d’anciens SS, mais aussi des résistants, des déportés, des royalistes, etc. Trop dur pour le journaliste, peut-être. Les cours d’histoire de l’école publique ne prévoient pas de semblables subtilités. Ensuite, est-ce un devoir, pour quiconque a la possibilité de prendre la parole, de s’engager contre le RN, qui n’est pas plus d’extrême droite que Renaissance n’est de droite ? Pas vraiment, non.

Gilles Lellouche a répondu, sourire en coin : « Elle est pas un peu orientée, votre question ? » et n’a pas répondu. Désolé pour les Torquemada de la bien-pensance, la dictature commence à perdre ses griffes. Le cinéma est un art. Le journalisme, un métier. Pas toujours agréable à suivre, d’ailleurs, quand il est exercé par des commissaires politiques…

 

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

50 commentaires

  1. On peux rétorquer à tous ces amateurs ignorants de l’histoire qui donnent des leçons sur la triste période de la deuxième guerre , que ce sont d’abord les communistes qui ont conclu un accord de non agression entre le nazisme hitlérien et le bolchévisme stalinien, communisme qui d’ailleurs à ce jour n’existe que dans notre seul pays et dont sont issus tous ces partis satellites de la gauche . Et puis faut-il rafraichir la mémoire à ces journaleux aux millions de morts qu’a laissé le régime stalinien dont ils se revendiquent aujourd’hui. Mais la question posée à Lelouche émanant d’un antifa obsédé ne peut qu’avoir une réponse à la hauteur de son ignorance.

  2. Cannes, historique, c’était aussi un jeune et fringuant ministre de l’Intérieur en visite officielle, camarade de Mendès-France et radicalement cachottier de la palme pétainiste et césarienne qu’il tenait en doublure. Ce petit port de pêcheurs, quasiment inconnu au bataillon médiatique, était devenu par la grâce du cinéma, le flash éblouissant des vedettes en paillettes consacrées. Temps des amours vrais, Fançois aimait la speakrine Catherine Langeais qui n’en avait cure. Couleur aussi de l’époque culturelle de cet antan des années cinquante, rien ne se faisait sans l’aval du parti communiste qui avait noyauté l’intelligence créatrice à son usage idéologique. Ceci pour dire les sources, qui aujourd’hui encore, restent attachées à cet univers commandité par le syndicalisme qui pense pour vous, si creux soit-il. Ceci pour dire aussi que même avec Malraux, rien n’avait changé, sauf en pire, en mai 68, la gauche pensante tenait la corde. Elle était usée mais « ils » la tenaient, ils la tiennent encore. Un de ces bâtons blancs qui marchent en aveugle, courroie de transmission d’un passé dont il n’a jamais été question de questionner la criminalité, de la mettre en chiffres et de la conduire devant les tribunaux. Ceci pour dire enfin qu’aujourd’hui encore, le nouveau prolétariat, remaquillé n’est plus celui d’hier mais sert de paravent et de relais dans ce milieu qui a toujours besoin de l’illusion artistique qu’il se donne pour échapper à la vérité qui fait de la France la scène d’une submersion décadante. L’artiste, que voulez-vous qu’il fasse. Souvent, esclave des textes qu’il lit, il répète. On avance devant en mettant, en crabe, sa liberté dans sa poche. Ceux qui ont encore un peu de libre arbitre la bouclent ou se fendent d’une neutralité bienveillante pour ne pas troubler en rabouilleurs l’eau pure de la bien-pensance. Gilles Lellouche et tant d’autres n’en pensent pas moins. Ils sont d’ailleurs plus qu’on ne pense à penser plus. Mais motus, les trois coups pourraient les faire tomber des planches.

  3. Ces minables petits redresseurs de torts seront toujours entendus, tant qu’à chaque fois, ils n’auront pas la réponse qui les fera taire.

  4. G. Lellouche est assez intelligent pour ne pas se laisser instrumentaliser. Je me fous de ses opinions politiques, c’est un bon acteur qui joue dans de bons films. La Corporation ne tolère aucun écart de la doxa progressiste et maintenant exige une allégeance publique de ses membres : « Si tu n’es pas avec moi, alors tu es contre moi. Dark Vador ». « Il y avait donc des collabos, d’anciens SS, mais aussi des résistants, des déportés, des royalistes, etc. » Le FN a en effet compté beaucoup de résistants dans ses membres et adhérents et même… une Juste parmi les nations, Rolande BIRGY. La gauche a toujours cherché (et réussi) à nazifier « l’extrême-droite » pendant des décennies pour entraver la droite patriotique et faire oublier son rôle dans l’accession au pouvoir du maréchal Pétain et toutes les personnalités issues de ses rangs qui ont collaboré (par exemple, J. Doriot dirigeant du PCF puis fondateur du PPF).

    • Aucun parti n’a la conscience, ni les fesses propres sur leurs activités durant la 2ème guerre mondiale et même après.

  5. Le meilleur ennemi du RN est certainement LFI. Yazid le Finaud devrait se poser la question de savoir quelle serait l’utilité de « combattre  » le RN au lieu de poser des questions hallucinantes.

  6. En 1944, Jean Marie Le Pen avait 16 ans, c’est dire s’il a été un grand « collabo » et s’il a envoyé des juifs au Goulag… Par contre en en Juin 1940, l’Humanité, organe du PC, souhaitait la bienvenue aux Allemands, le patron du parti communiste, Maurice Thorez, se réfugiait à Moscou pour ne pas avoir à se battre contre eux, son futur Secrétaire Général, Georges Marchais, était VOLONTAIRE au STO pour aller travailler chez Messerschmitt en Allemagne. Les communistes ont attendu jusqu’à 1941 et la rupture du pacte germano-soviétique pour commencer à entrer en résistance. Le seul « Front National » pendant la dernière guerre a été créé par le Parti Communiste, le 15 mai 1941, là encore après la rupture du pacte… Pendant ce temps là, de vilains représentants de la droite nationale, De Gaulle, Leclerc, Estienne d’Orves, Benouville et tant d’autres se battaient, eux… En 1940 c’est une chambre en majorité socialiste qui votait les pleins pouvoirs à Pétain lequel, à 85 ans passés, n’était qu’une marionnette entre les mains du Président du Conseil, le socialiste Pierre Laval (SFIO – fusillé à la libération pour faits de collaboration), et François Mitterrand, après avoir bien servi l’État Français pendant 3 ans, était décoré de la Francisque au printemps 1943… Ah ça, on a bien résisté à gauche…

    • Mitterand l’imposteur faux résistant faux socialiste faux humaniste .
      Aujourd’hui Melenchon qui pour satisfaire les nostalgiques du 10 mai et le ramener à sa cause porte chapeau et manteau comme tonton , et oui à gauche tout est dans la posture , et comme aujourd’hui ont enseigne plus l’histoire ils peuvent à la réaménager à leur guise , et les nouveaux électeurs de gauche armé de leur baccalauréat gratuit prendront pour argent comptant leur version historique des faits !!

    • Ah oui alors ! !! Et l’inculture crasse actuelle mêlée à l’endoctrinement donne la situation actuelle !

  7. Certains journaleux devraient réviser les dates de l’Histoire (39/45 vs 1972).
    Enfin, comme Dujardin, un acteur qui reste acteur et rien d’autre. Merci M.

  8. En fait il n’a pas « botté en touche », sa réponse indique clairement ce qu’il pense!

  9. Il y a eu des SS musulmans , ça on peut le dire c’est factuel , il y a eu aussi d’ anciens SS dans la légion étrangère et c’est peut-être pour ça que Jean-Marie Le Pen avait gardé des contacts mais il n’y a jamais eu d’ anciens collabos au FN ou RN contrairement au PS où Mitterrand a été un ancien pétiniste et même pro guerre d’Algérie , mais de toute façon on met le RN à toutes les sauces , les présidentielles arrivent et certains commencent à mouiller la culotte , peur de perdre leur belle place bien payée

  10. Bonne réponse de Lellouche. J’aurai rajouté : cherchez qui était Roger Holeindre, pas vraiment pote avec un Klaus Barbie.
    La recherche et les jeunes journalistes ne font pas bon ménage. C’est trop fatiguant, n’est ce pas?

  11. comment peut-on se prétendre journaliste et en tenir une couche pareille? Il ferait mieux d’aller voir en Ukraine les noms de rues ou de boulevards qui encensent les anciens nazis ukrainiens !!!

  12. Pas de doute, la gauche est elle même l’auteur de sa décrépitude.
    Au lieu de montrer ce qu’elle pourrait faire pour sortir la France qu’elle a et participé encore a sa dégradation elle essaie d’éliminer la droite, surtout l’extrême droite qui a bien plus de compétence que la gauche, les Français ne s’y trompent pas.
    Les sociologues nous expliquent que 30% de la population électrice n’ont pas une opinion définie mais Mélenchon se tournant vers les Français venus de l’étranger donc électeurs, nous prouve que c’est bien réel, les 30% d’électeurs de souche sans opinions ne lui suffiront pas.

  13. Ce qui est étonnant, ce sont les accréditations qu’on donne à des pseudos journalistes qui « écrivent » dans des journaux confidentiels et inconnus au delà de leur cercle d’amis (et de gauche… mais c’est un hasard !!)…
    On avait déjà vu ça avec cet idiot qui s’est ridiculisé en critiquant de façon abjecte, le film L’Abandon.
    Ce qui est rassurant, c’est que si on en arrive à poser ce genre de questions orientées, ou critiquer sans argumenter un film juste sous prétexte de relater des faits avérés… c’est que ça panique fort à gauche !!!

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