Editoriaux - Histoire - Polémiques - Politique - 2 décembre 2019

Petite leçon d’histoire pour Carole Delga

Il est venu le temps de s’interroger sur les troubles de mémoire dont souffre manifestement Carole Delga, présidente du conseil de la région dite de l’Occitanie. En effet, lors de la constitution de la nouvelle entité régionale et de son appellation, elle éprouva de sérieuses difficultés à mémoriser les différentes entités qui composaient les anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Du haut de son perchoir et d’un trait de plume acerbe, la comtesse de Toulouse n’avait pas hésité à supprimer la composante géographique et culturelle du Roussillon. En pareille circonstance, le respect d’une identité multiséculaire, certes minoritaire, ne semblait pas trouver grâce ses yeux.

Et voilà que, dans un élan élucubrantesque, le mercredi 27 novembre 2019, dans la cité de Narbonne, au cours d’une journée consacrée à « l’égalité et contre les discriminations dans l’emploi », Carole Delga s’est employée à discréditer Robert Ménard, maire de Béziers, et Louis Aliot, député de la deuxième circonscription des Pyrénées-Orientales.

Au cours de cette conférence, animée par Caroline De Haas, Carole Delga a notamment déclaré auprès de la presse régionale : « Je viendrai à Perpignan et à Béziers. Mon engagement sera là où il y a un risque RN. On ne dit pas assez la dangerosité de ces idées qui mènent à des régimes fascistes et nazis avec le désespoir de nos concitoyens qui ne se sentent pas reconnus et pensent que la seule solution, c’est voter Rassemblement national. »

Sans aucun doute Carole Delga ne manque pas d’air ! Et, de plus, elle a la mémoire bien courte ! Faut-il lui rappeler que, le 10 juillet 1940, 90 parlementaires socialistes votèrent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et que, pendant cette période sombre de l’Histoire de France, bon nombre d’élus et de militants socialistes collaborèrent avec le régime nazi ? Même le Parti communiste, aux fameux « 75.000 fusillés », attendit la rupture du pacte germano-soviétique, en juin 1941, pour entrer en résistance !

Faut-il lui rappeler que le président de la République François Mitterrand était titulaire de la décoration de la Francisque, la plus haute distinction attribuée par le régime de Vichy, et qu’il recevait affectueusement son ami René Bousquet au palais de l’Élysée ? N’était-ce pas, pourtant, ce dernier qui fut le coorganisateur de la déportation de nombreux Juifs français ?

Que Robert Ménard et Louis Aliot puissent se consacrer à la préparation des futures élections municipales, n’est-ce pas naturel dans un régime démocratique ? À ce titre, Carole Delga, à l’abri des remparts de son castel toulousain, fait bien du lobbying en faveur de ses soutiens, non ?

Les engagements politiques des uns et des autres sont logiques et nécessaires dans la vie de la République. Par contre, il n’est pas convenable d’impliquer à tort et à travers Adolf Hitler ou les nazis dans le débat démocratique de notre pays. En le faisant sciemment, Carole Delga démontre ainsi son impuissance à convaincre sur son projet politique. D’ailleurs, quel est son projet, à part manifester son impudente mauvaise foi ?

À lire aussi

Espagne, Pedro Sánchez : l’ingénieux Don Quichotte ?

Les avocats de Vox représentaient l’accusation populaire en leur qualité de plaignants et …