Proust : un artiste « mainstream » qui met le doigt là où ça fait mal !

Dans un entretien au journal Le Point, Gaspard Proust s’est inquiété de la réduction continue de la parole libre en France, concluant que « Voltaire ne reconnaîtrait plus son pays ». Il a aussi ajouté qu’étant d’origine slovène, la liberté d’expression en France aujourd’hui lui rappelait celle de l’ex-Yougoslavie sous Tito… Enfin un artiste « mainstream » qui met le doigt là où ça fait mal.

Mais n’est-ce pas étonnant, tout de même, dans l’absolu, d’entendre tant d’artistes divers, chanteurs, acteurs, réalisateurs, et plus encore humoristes, réclamer la censure de tels ou tels propos, l’exclusion de chroniqueurs des écrans ? Exiger que l’on ne puisse plus évoquer publiquement tel ou tel sujet, ou faire tel ou tel type de blague ? Molière réclamait-il plus de censure, en son temps ? Il y a peu, Gilles Verdez a dit, sur le plateau de Praud, qu’il fallait « interdire toutes les blagues qui pouvaient blesser » : autant dire interdire toutes les blagues, ça rendra sûrement notre vie meilleure.

Il fut un temps où les humoristes – Le Luron, Coluche, Desproges, pour les plus connus – enfonçaient sans retenue toutes les portes des convenances, de la bienséance, du politiquement correct. Et n’hésitaient pas à affronter les censeurs, quand ils se voyaient rappelés à l’ordre. Ceux d’aujourd’hui, Debbouze, Elmaleh, Adams, Sy et les autres, restent sagement dans les limites autorisées, s’en font même les chiens de garde, et c’est la vulgarité qui tient lieu souvent d’unique sel à leur comique. L’humour, la création ne se devraient-ils pas d’exiger la liberté la plus ample ? Sauf si nous sommes en présence d’artistes « officiels », « autorisés », labellisés par les pouvoirs et qui, bien sûr, vivent dans la hantise que ce vent nouveau de liberté ne puisse les détrôner de leur piédestal…

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