Editoriaux - People - Télévision - 6 mai 2019

Patrick Sébastien va se battre… et il va gagner !

Patrick Sébastien est l’homme que les Parisiens ne savent pas comment assassiner. A une époque que les moins de vingt ans, etc., il aurait peut-être eu un terrible accident, en compagnie de, disons, Laurent Gerra, avec qui l’élite a un peu le même problème.

Seulement voilà, en 2019, on tue symboliquement sur les réseaux sociaux ou en « clashant » à la téloche, on massacre pour de vrai dans les transports en commun, dans les « quartiers populaires », on éborgne pour un gilet jaune, on éventre pour un téléphone… mais on ne peut plus faire disparaître les saltimbanques.

Il est immortel, Patoche l’humaniste. Et pourtant, si peu au diapason de notre merveilleuse diversité. Les gens l’aiment, mais sa patronne ne comprend pas pourquoi : elle ne sait pas qui sont ces gens, elle n’en a peut-être même jamais vu ailleurs que sur les quais de gare, là où, la tête courbée sur leur smartphone, ceux qui ne sont rien attendent qu’on ne les emmène nulle part.

Rigolo, rigolard, vulgaire un peu, populaire surtout, il est cerné par Barthès et Ruquier, il ne s’intéresse guère à l’indigénisme et à l’inclusion. Il est là depuis trop longtemps, comme beaucoup de Français, d’ailleurs. Fini, qu’il est, le gars.

Et pourtant. Il a dit, ce samedi, qu’il allait se battre. Il l’a dit sobrement et sans rigoler car, comme tout passéiste, il sait que dérision rime avec corrosion et que, pour les sujets importants, on n’en fait pas des tonnes. Stupeur et tremblements dans la France périphérique, cliquetis de déambulateurs dans les EHPAD ruraux, tournée générale de Picon dans les bars-PMU : debout les beaufs, la sieste est finie ! Le Jacques Chancel du trapèze moldave monte sur le ring.

Et s’il gagnait ? S’il restait dans le poste ? Je fais le pari que la France de Patrick Sébastien, à rebours des prédictions statistiques et des rêves monstrueux du Vivrensemble, est l’avenir : les vraies gens veulent de la joie populaire, du rire simple, des plats en sauce, des vins tanniques, de l’émerveillement de gosse, des clopes et du diesel. La nostalgie des Trente Glorieuses contamine jusqu’aux hipsters. Alors, monte au carton, Patrick, face à l’armée de ces petits bonshommes en mousse ! C’est la fête !

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