En , les conséquences médicales et pratiques de la pandémie de Covid-19 sont moindres qu’en France et en Europe. Une combinaison de facteurs naturels et démographiques, socio-culturels et immunogénétiques qui ne doivent rien à la politique explique une moindre contagion et un taux de morbidité très inférieur au reste du monde, y compris sous les mêmes latitudes. Pourtant, on y observe les mêmes dérives publiques.

L’impact réel sur la santé des habitants de l’Afrique est ainsi très limité et les virus y sont davantage numériques et médiatiques, politiques et idéologiques  que physiques. Or, les statistiques et les graphiques publics, comme les discours officiels, sont faux. Ce constat, qui s’étend à tous les autres domaines, s’explique par des raisons de culture, d’infrastructure et de gouvernance qu’il serait trop long de développer ici.

Comme en France et en Europe, la situation en Afrique peut se résumer ainsi : virus malin, racket malsain, confiance en berne. Les libertés individuelles et le niveau de vie des citoyens sont les principales victimes d’une gouvernance publique défaillante et prédatrice. Car les États africains ont succombé à la même tentation d’instrumentaliser la peur collective et le besoin primal de sécurité à des fins de domination par le contrôle social et l’argent.

En comparaison de l’Europe occidentale, la vie quotidienne y est en apparence moins étouffante. Question d’espace physique, de contexte flou et de moyens disponibles de contrainte. Le confinement général et permanent à domicile ne peut être imposé à des populations pauvres car privées de redistribution de la croissance et abandonnées à leur sort pour assurer leurs besoins physiologiques vitaux, à la base de la pyramide de Maslow.

En Afrique, faute de moyens plus que de volonté, la vie quotidienne n’est pas encombrée par des attestations stupides de sortie et autres instruments visibles d’autoritarisme sans autorité, qui ne visent qu’à distraire les citoyens et à les soumettre à une discipline aveugle, par adhérence forcée sans adhésion éclairée. Pour autant, ce n’est pas le résultat d’une supposée discipline individuelle ni d’un discernement naturel de ce qui est bon ou mauvais.

Car l’esprit de solidarité et de sens de l’intérêt général ou de redistribution sociale est absent du champ mental et culturel des Africains. Ce sont de belles fables que les étrangers, visiteurs de passage et diasporas nostalgiques, aiment entendre et colporter. Au quotidien, les relations interpersonnelles sont conditionnées par un individualisme forcené, une interdépendance alimentaire et une violence sociale en rapport direct avec les dures conditions de vie.

Ainsi, la pandémie de Covid-19 n’y a pas plus d’effet vertueux qu’ailleurs. Elle se traduit par une aggravation des comportements et de la criminalité économique et financière dans les sphères publiques et privées, au sein des entreprises et dans la rue. Pour exemples, les attributions par copinage de marchés et d’aides publiques à des escrocs, le trafic d’équipements et de produits de santé d’authenticité et de qualité très variables – dont celui de faux tests de dépistage vendus massivement à des prix exorbitants, imposés de façon répétitive et aberrante pour des déplacements entre des pays non coordonnés. Autre tendance inquiétante, l’instrumentalisation des contraintes sanitaires à des fins politiques, moyen commode d’interdire opportunément et brutalement des rassemblements d’opposition.

Ainsi, en Afrique, la pandémie du Covid-19 offre la même arme de domination massive aux puissances publiques étouffantes. En l’absence manifeste de victimes, les populations y croient de moins en moins et soupçonnent leurs dirigeants d’une nouvelle forme de tromperie à des fins d’enrichissement personnel et de contrôle social. Habituées à la duperie publique et à se débrouiller pour survivre, elles n’entretiennent plus depuis longtemps le zeste de confiance aveugle et idéologique auquel s’accrochent encore de nombreux Français soumis.

15 novembre 2020

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