« On ne peut pas en même temps soutenir les valeurs de la Belgique et celles d’Erdoğan »

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À Heusden-Zolder, dans la province du Limbourg en Flandre, des islamistes turcs ont attaqué très violemment le domicile de Kurdes. Ce n’est pas la première fois que des heurts entre ces deux communautés éclatent sur le sol belge. Pour Boulevard Voltaire, Alain Destexhe, médecin et sénateur honoraire belge, revient sur l’origine de cette importation du conflit turco-kurde en Belgique.

Raphaëlle Claisse. Pourquoi le conflit turco-kurde se trouve-t-il importé sur le sol belge ?

Alain Destexhe. Parce que la Belgique a, depuis 25 ans, une immigration incontrôlée qui a importé des peuples du monde entier, et beaucoup de Turquie et de la partie kurde de la Turquie, et certains reproduisent leurs affrontements communautaires en Belgique. D’autant plus qu’en Belgique, il n’y a pas la répression de l’État turc. Ils se sentent donc plus libres de s’affronter en Belgique qu’en Turquie. La réponse, c’est clairement le résultat d’une politique complètement incontrôlée depuis un quart de siècle.

R. C. Comment en est-on arrivé là ? Est-ce le fruit d’une réelle volonté politique ou seulement d’un laisser-faire ?

A. D. C’est un laxisme et un laisser-faire. C’est non seulement une immigration incontrôlée, mais aussi l’absence de conditions d’intégration. La plupart de ces personnes sont turques et belges. Elles ont la double nationalité, on ne perd pas sa nationalité d’origine turque lorsqu’on devient belge. Mais elles sont, en réalité, plus turques que belges. Il y a un indicateur très clair de cela : lorsqu’il y a des élections en Turquie, les Turcs de Belgique votent à 70 % pour Erdoğan et son parti l’AKP, alors que les Turcs de Turquie votent seulement à 52 % pour l’AKP. Les Turcs de Belgique sont donc plus islamistes, plus radicaux, plus proches d’Erdoğan que les Turcs de Turquie. Cela signe une intégration ratée en Belgique. Ici sévit un communautarisme effrayant où on peut vivre au sein de sa communauté tout en étant culturellement très peu intégré au reste de la société belge. Les Kurdes, eux, sont réprimés en Turquie. En revanche, la Belgique est un pays libre, ils peuvent donc s’y exprimer davantage. Le PKK (Parti Kurde- Kurdistan) est une organisation considérée comme terroriste en Belgique, en France et dans l’ensemble de l’Union européenne, mais en réalité, beaucoup de ses membres vivent librement en Belgique et agissent sur le sol belge.

R. C. Étant donné cette situation, quelle est la prochaine étape et comment réagir ?

A. D. Il n’y a pas d’étape d’après, puisqu’il y a un État faible et un laisser-faire. La presse belge traite cela sur le mode du fait divers, le gouvernement le fait sur un mode sécuritaire : on envoie la police pour séparer les manifestants mais, après, il n’y a aucune suite. Il n’y a aucune prise de conscience de la société - en tout cas du monde politique et des médias belges - que le problème est beaucoup plus profond qu'une émeute ponctuelle : ce n’est pas la première fois que se produisent ces affrontements entre Kurdes et Turcs en Belgique. En réalité, et malheureusement, il n’y aura aucune suite puisqu’il n’y a pas de prise de conscience du problème.

Idéalement, il faudrait durcir les conditions d’acquisition de la nationalité belge, limiter l’immigration, et il faudrait surtout que les Turcs qui veulent devenir belges renoncent à une partie de leur identité turque pour être des citoyens belges à part entière. Il ne s’agit pas de renoncer à leurs origines, mais à la partie de leur origine qui est incompatible avec la société belge - en l’occurrence l’islamisme d’Erdoğan. On ne peut pas en même temps soutenir les valeurs de la Belgique et celles d’Erdoğan. Il y a une incompatibilité, puisque les unes sont des valeurs occidentales et les autres des valeurs islamiques. Il faudrait qu’il y ait une politique d’intégration en Belgique, mais il n’y en a pas...

Raphaelle Claisse
Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

6 commentaires

  1. L;UE pousse le mondialisme au paroxysme et à l’extrême , si bien que les milices turcs d’Erdogan font des chasses à l’homme en toute impunité , celles des frères musulmans magrhébins harcèlent les quelques français de confession juive qui s’accrochent encore à leurs quartiers de banlieues, celles du FLN algérien se mêlent aux antifas pour agresser des patriotes . Et pendantt ce temps les français financent tout cela avec leurs charges , leurs cotisations et impôts . Et en France on dissout qui ?…. génération identitaire qui était en première ligne pour dénoncer justement cette situation où les français ne sont plus chez eux dans leur propre pays et les lois qui s’appliquent sont celles des pires voyoux du monde entier qui s’en donnent à coeur joie sur notre territoire !! C’est pareil en Belgique … en pire ! Honte aux gros mollassons , couards et benêts qui votent la démission à tous les échelons et qui ne remettent pas en question la venue de ces populations tout en évitant soigneusemnt de les cotoyer . Ils votent pour les mêmes allumés du chapeau qui nous mènent en titanic depuis des lustres .Jusqu’à rencontrer l’iceberg ? Parce que pendant ce temps ce sont nos forces vivent qui font la valise en s’expatraint dans tous les coins du globe et même en Israël qu’ils trouvent plus sécuritaire que la France !!! Et on les remplace par qui ? Ceux qui achèveront le boulot ?

  2. La Belgique guide nos pas. Nous les suivons. Il n’y a plus d’état en Belgique en France non plus. Il n’y a pas de politique d’intégration en France non plus. La Belgique a besoin comme la France d’une politique d’aide à assimilation. Or l’assimilation est une démarche volontaire de l’immigré. Si l’immigré refuse l’assimilation nous n’y pouvons rien, nous n’avons pas besoin de lui. Direction le pays d’origine des parents et grands parents. Il ne faut pas être lâches comme le dit Macron. On peut être parfaitement être intégré (pour les aides sociales par ex) et refuser l’assimilation. Dans ce cas dehors.

  3. Nous avons ce que nous méritons en Europe avec des pays comme la Turquie dont les agressions ne sont pas une première comme celle contre les pauvres Arméniens sur l’autoroute A7 loin d’être la seul ou encore le comportement d’Algériens en France, mais continuons comme çà, on verra bien la suite.

  4. Le merveilleux vivre ensemble que le monde entier nous envie. Dire que le Chirac fit signer à HERR DOGAN le document préparatoire à l’adhésion de la Turquie à l’ue.

  5. Il serait peut être temps aussi qu’en pays wallon, l’expression de l’extrême droite ne soit pas interdite dans les média.

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