Et si on jouait à se faire peur : , candidat à l’élection présidentielle de . C’est la dernière rumeur qui court le bois joli. BFM TV balance sur les ondes cette information : un proche de la Macronie laisse entendre que le pouvoir craindrait, en 2022, une candidature à la Coluche. Histoire de mettre le bazar dans le dispositif tout bien tiré d’avance au cordeau : face à Marine Le Pen au second tour et l’affaire serait pliée. Une formalité, en quelque sorte. Un plan bien bordé, comme celui qui devait nous permettre d’aller pendre notre linge sur la ligne Siegfried, en 39. Voire ! Ils devraient pourtant savoir que le premier mort de la guerre, en général, c’est le plan…

Pourquoi Hanouna ? « Cyril Hanouna a cette force de frappe, il peut mobiliser massivement sur les réseaux. Il est un des rares qui parlent à la diversité dans ce pays… » « La diversité » : encore un mot-valise qui évite des périphrases et de franchir le périphérique. Cela dit, parler à la diversité, ce n’est pas forcément parler à tous les Français. Hanouna a immédiatement démenti : « Je n’ai aucune intention, ni prétention là-dessus. » On respire à l’Élysée. Oui et non, car l’animateur ferme « pour l’instant la porte ». Terrible, ce « pour l’instant ». L’homme se prendrait-il plus sérieux qu’on veut bien le croire ? Mais il ajoute : « Je suis juste là pour essayer de divertir les gens. » Justement, serions-nous tenté de dire.

Faut-il que le pouvoir macronien soit si fragilisé pour craindre l’éventuelle candidature d’un animateur de télévision ? Cela en dit long sur l’état de décomposition politique du pays. Il est vrai, aussi, que l’annonce de la candidature de Coluche, en 1981, n’avait pas fait rigoler tout le monde. Et on peut imaginer ce qui pourrait se passer si Hanouna était candidat. Trouver les parrainages nécessaires ? Rien que sur les 35.000 maires, on en trouverait bien 500 disposés à signer, en guise de jacquerie. Le financement ? L’argent n’est pas un problème. La preuve ? Emmanuel Macron, sans véritable appareil politique derrière lui, a pu se présenter en 2017, n’est-ce pas… Sa candidature pourrait alors bien faire sortir de l’abstention une foule immense, notamment chez les jeunes restant habituellement à la maison derrière leur ordinateur. De quoi, effectivement, épaissir le brouillard des incertitudes. On peut imaginer toutes les combinaisons au soir du premier tour. Y compris l’absence d’Emmanuel Macron. Mais peut-être que ce dernier n’aura pas besoin de la candidature d’Hanouna pour cela…

De là à ce que cela donne des idées à d’autres amuseurs publics ! Ruquier, Bigard, par exemple. Et pour la défense de la cause des femmes, Muriel Robin tient la corde. Baroin pourrait passer son tour pour sa compagne Michèle Laroque. Pour la diversité, il n’y a que l’embarras du choix : Omar Sy, Dany Boon, Kad Merad, ce dernier ayant l’avantage de l’expérience du Baron noir. La France ne manque pas de talents. On pourrait même aller jusqu’à envisager Gilles Le Gendre ou Aurore Bergé.

On dit que l’élection présidentielle au suffrage universel est la rencontre d’un homme (ou d’une femme, bien sûr) et d’un peuple. On peut faire de mauvaises rencontres, c’est bien connu. Mais nous ne sommes pas à l’abri, non plus, de « belles rencontres », comme on dit aujourd’hui. Et de drôles de surprises, aussi.

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