Editoriaux - Histoire - Politique - 16 mars 2018

Olivier Faure, le nouvel homme fort du PS ?

François Hollande a un “fils caché”. C’est Olivier Faure, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste. En effet, l’ancienne formation présidentielle s’est-elle choisie un nouveau patron ce vendredi. En lice ? Quatre volontaires. Désignés d’office ? Nul ne le sait, si ce n’est qu’il doit s’agir de valeureux militants portés sur l’abnégation, au regard des flamboyantes circonstances qu’on sait, rue de Solférino.

Se présentent ainsi aux suffrages les héroïques Stéphane Le Foll (25,9 %), Emmanuel Maurel (18,2 %) et Luc Carvounas (6,1 %). Olivier Faure, lui, atteint les 49,7 % des voix dès le premier tour. Ce qui explique que Stéphane Le Foll, fort de sa motion au charmant intitulé, “Chèr.e.s camarades”, décide de jeter l’éponge. Ce sera donc Olivier Faur.e.

Fils de François Hollande ? Oui, sachant qu’à l’instar de son mentor qui arpente inlassablement les fédérations socialistes, avant sa victoire aux primaires du PS, en 2011, Olivier Faure laboure également le terrain ; tandis que Stéphane Le Foll, fort de son indéniable charisme, se contente d’une morne campagne télévisuelle. Une fois de plus, c’est la prime aux besogneux.

En ce sens, si François Hollande est le père, c’est un autre François – Mitterrand, celui-là – qui pourrait éventuellement, par temps couvert nonobstant, faire figure de grand-père. Fin connaisseur d’un mouvement, la SFIO, auquel il n’est même pas encarté, le Florentin en connaît néanmoins le plus obscur des arcanes. Et, en 1971, au congrès d’Épinay, prend de force la vieille dame pour lui faire un drôle d’enfant, ce Parti socialiste qui, dix ans plus tard, propulse la gauche au gouvernement, après une interminable traversée du désert. Après, le talent est-il héréditaire ? Rien n’est moins sûr.

Car Olivier Faure, c’est un peu François Hollande sans le talent manœuvrier ; François Mitterrand sans la profondeur que seule l’Histoire, la vraie, la grande, est susceptible de donner. Olivier Faure, donc, adhère à la vieille maison dès ses 16 ans, avant de devenir secrétaire général des jeunes rocardiens à 23 et, après, de faire son trou dans les allées des ministères et du Parlement. Pour persistante qu’elle soit, sa carrière échappe manifestement aux fulgurances politiques et au panache. Il se place et louvoie. Jamais n’est pour ou contre, bien au contraire.

Après l’élection d’Emmanuel Macron, il préside le groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale. S’abstient lors du vote de confiance au gouvernement mené par Édouard Philippe. Entretient, ensuite, des rapports plus bons que mauvais avec les frondeurs et la gauche mélenchoniste ; mais ceux qu’il a avec La République en marche ne sont pas non plus mauvais, à défaut d’être bons.

Rompu aux équilibres internes et solfériniens, il bénéficie là des soutiens de jeunes pousses, tels Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault : à défaut de faire rêver, il inspire confiance. C’est un rassembleur, affirment certains. Une « couille molle », aurait probablement assuré une Édith Cresson. En d’autres temps, il aurait quasiment été programmé pour réussir ; par ceux qui courent, c’est déjà plus incertain.

Car si la droite se cherche encore, la gauche, elle, ne se trouve plus depuis belle lurette. Sa “droite” est partie chez Macron et sa « gauche » chez Mélenchon. L’environnement, loin d’être propice aux reitres du pont d’Arcole, serait plutôt, aujourd’hui, aux gérants de tutelle. Voire aux syndics de faillite, un peu comme dans la sidérurgie lorraine.

Dernier petit détail : la feuille de route d’Olivier Faure, à l’occasion de ces primaires, avait “Le Chemin de la renaissance” pour intitulé. Il doit sûrement s’agir d’une blague.

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