Au moins quarante neuf morts et près de vingt blessés graves, ce vendredi, jour de prière, dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Outre les fusillades mortelles (sans doute à l’arme automatique, d’après les témoins), des « engins explosifs improvisés » ont été désamorcés. Le Premier ministre australien a annoncé que l’un des auteurs de ces attentats serait l’un de ses ressortissants, « terroriste, extrémiste de droite et violent ».

À part pour ses rugbymen et son agneau, généralement natif de Grande-Bretagne, qui nous arrive à la tonne après avoir été engraissé dans ses vertes prairies, on ne sait rien ou presque de la Nouvelle-Zélande, ce pays aux antipodes.

La plus proche voisine de cette ancienne colonie britannique, l’ donc, est à 2.000 km de distance. La Nouvelle-Zélande compte moins de cinq millions d’habitants sur un territoire d’un peu plus que la moitié de La France ; une sorte de « réserve » du monde d’hier, une vision de l’Eden, peut-être, puisque les premiers hommes – les Maoris – n’y sont arrivés qu’entre le XIe et le XIVe siècle. Autant dire que cette tuerie met à mal l’image de ces contrées bucoliques peuplées de paisibles herbivores paissant une nature radieuse.

La Nouvelle-Zélande n’est pas les États-Unis. On n’y compte pas plus d’armes que d’habitants et les rares crimes qui s’y commettent le sont, en général, sans armes à feu. Pas, non plus, de passé révolutionnaire. Une massive, alors ? Un afflux de populations musulmanes qui mettrait les âmes simples en ébullition ? Non plus. Au recensement de 2013, c’était 1 % de la population totale. Chez nous on doit se contenter d’estimations, la question de la religion (considérée comme « ethnique ») étant bannie des recensements. On serait autour de cinq millions, estimation grimpant à 10,3 % de la population française en 2030.

Soyons bien clairs : rien, jamais, ne justifie le terrorisme. Alors, quoi ? Qu’est-ce qui transforme les gens en assassins de masse ? Qu’est-ce qui leur tourneboule la tête, leur pollue la cervelle ?

Je ne sais pas répondre à cela. Je m’interroge, je cherche, dans ces pays neufs – par opposition à notre Vieux Continent – et réputés pour leur qualité de vie, ouverture d’esprit, sens inné de l’écologie, multiculturalisme et bonheur de vivre, ce qui peut bien dérailler.

Toujours le hasard et la coïncidence, Le Point publie une chronique de Peggy Sastre qui ouvre quelques pistes.

Un astrophysicien de renom lui confie ainsi qu’il vient de quitter l’Australie, pays où il a fait ses études et l’essentiel de sa carrière, pour… la Chine ! Parce que, pour « de plus en plus de scientifiques, les pressions et la mise au pas du “politiquement correct” […] sont telles que s’exiler dans un pays non démocratique, où les opposants disparaissent et les minorités religieuses sont parquées dans des camps de rééducation, devient un pis-aller si vous souhaitez travailler normalement ». Il serait ainsi devenu impossible de travailler « si vous ne faites pas partie d’un groupe protégé (hélas, je suis un homme blanc, hétérosexuel et chrétien, pas de bol !) et/ou si vous ne faites pas suffisamment d’activisme visible (ou, du moins, de virtue signalling) pour un certain nombre de sujets chéris par la gauche écologiste », dit-il.

Sur sa nouvelle patrie, le scientifique est lucide : « En tant qu’étranger, on me laisse tranquille. Je peux faire de l’astronomie en paix, sans perdre de temps sur des projets “diversitaires”. Ici, les postes sont toujours donnés aux meilleurs candidats, qu’importe leur sexe, leur ou leur origine ethnique. Et contrairement à mon patron australien, mon patron chinois ne m’a jamais reproché de ne pas être assez socialiste. »

On pourra me dire que ceci n’a aucun rapport avec cela. Qu’on ne saurait expliquer un acte terroriste par l’envahissement en tout du politiquement correct, même s’il accule les individus à la schizophrénie. Et pourtant…

15 mars 2019

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