Christchurch : un deuxième Utøya

La paisible Nouvelle-Zélande est frappée d’horreur, ce vendredi 15 mars 2019. Un homme a pénétré dans deux mosquées de la ville de Christchurch. Un bilan provisoire fait état de 49 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Les Néo-Zélandais, et plus précisément ceux de confession musulmane, sont endeuillés. Le terroriste, identifié comme ressortissant australien de 28 ans nommé Brenton Terrant, s’est filmé entrant dans deux mosquées de Christchurch pour y ouvrir le feu au fusil d’assaut. L’attaque s’est produite pendant la prière du vendredi, jour d’affluence pour les lieux de culte musulmans. La Nouvelle-Zélande est d’autant plus sous le choc qu’elle connaît une criminalité extrêmement faible, le meurtre par arme à feu est quasi inexistant, précise un responsable néo-zélandais.

L’homme serait, d’après plusieurs sources concordantes, acquis à certaines idées d’extrême droite. La « théorie du Grand Remplacement », le racialisme, la haine du terrorisme islamique… Autant de thématiques qui reviennent dans un manifeste de 48 pages qu’il aura laissé avant de commettre cet attentat.

Il est difficile d’établir des parallèles entre l’Europe occidentale et la Nouvelle-Zélande. En 2013, l’état insulaire comptait près de 46.000 musulmans, soit un peu plus de 1 % de la population. En revanche, il est acquis que Terrant avait développé une véritable paranoïa concernant l’islam et qu’un voyage en Europe occidentale aurait accéléré sa radicalisation et sa détermination à commettre l’irréparable. Un acte odieux qu’il aura lui-même filmé en direct sur Facebook. La vidéo de son crime y est encore accessible.

Des images insoutenables.

L’homme est d’une froideur stupéfiante, inhumaine. Lentement, posément, il arme, ajuste et tire. Il ne court pas, ne se presse pas et n’émet pas le moindre son. Il entre, tire, sort, puis rentre à nouveau pour achever ceux qui auraient échappé aux premières rafales. Comme un véritable automate, Brenton Terrant a tué quarante-neuf fois. 49 innocents dont des enfants, un crime abject qui fait écho à la bannière de son compte Twitter montrant une petite victime de l’attentat de Nice.

Brenton Terrant s’est cru, à l’instar de Breivik, comme un justicier chevalier. « J’ai eu seulement un bref contact avec le Chevalier Justicier Breivik et reçu une bénédiction pour ma mission après avoir contacté mes frères chevaliers », écrit-il. Et la similitude des mobiles entre Breivik et Terrant est frappante. Même sang-froid glacial, même discours racialiste mettant en avant la guerre contre l’islamisme et l’invasion de l’Occident.

Ses proches le décrivaient comme un type normal venant d’une famille normale. Mais comment ce coach personnalisé en fitness a pu agir au nom d’une lutte contre un génocide blanc ? Ce serait, selon plusieurs sources, son voyage en Europe occidentale qui l’aura radicalisé.

D’après les dires de Terrant, ce sont les attentats islamistes qui l’ont poussé à agir. En commettant cet acte odieux, il est devenu un des leurs. Brenton Terrant s’est voulu chevalier, il n’aura été qu’un boucher.

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