Au micro de Boulevard Voltaire, Nicolas Dupont-Aignan réagit à l’intervention d’Édouard Philippe annonçant les modalités du plan de , qui débutera le 11 mai prochain. Il évoque également le scandale de la destruction des masques « périmés ».

Qu’avez-vous pensé de la conférence de presse d’Édouard Philippe sur le déconfinement ?

J’ai été assez inquiet. Il y a encore beaucoup d’incohérences notamment sur la zone rouge. À la fois, il nous dit qu’on manque de lits de réanimation et que le virus est toujours là. Pourtant, il maintient la réouverture des écoles.
Il nous dit aussi que dans toute la région rouge, nous avons un manque de lits de réanimation et en même temps nous allons revenir au nombre de lits de réanimation d’avant la crise.
Je trouve cela imprudent. J’ai toujours demandé que l’on augmente le nombre de lits de réanimation pour être au niveau de l’Allemagne. Le nombre de morts moins important en Allemagne est dû à l’accueil à l’hôpital de toutes les personnes, quel que soit leur âge. J’ai proposé un grand plan de doublement de nos lits de réanimation qui pourrait être financé par la chasse aux abus de la carte vitale. Par les économies faites par la chasse aux abus de la carte vitale, nous remettrions à niveau nos hôpitaux . Nous pourrions également ouvrir à nouveau l’hôpital du Val de Grâce à Paris.

Parmi les différentes choses auxquelles Édouard Philippe a fait allusion, il y a notamment cette affaire des masques. Ces masques ne vont-ils pas empoisonner la confiance qu’ont les Français envers l’exécutif ?

On atteint le fond du fond. C’est une indignité nationale. Je vous rappelle que fin février, j’ai participé à une réunion à l’hôtel de Matignon avec les principaux responsables politiques et que j’ai alerté le Premier ministre sur l’urgence de relancer la production nationale de masques. Il nous a menti droit dans les yeux. On apprend qu’il était alors en train de détruire des stocks de masques sous le faux prétexte qu’ils étaient périmés. Depuis des mois, on nous distribuait pourtant des masques périmés. En vérité, ce sont les élastiques qui sont périmés, mais pas le caractère filtrant du masque. Tout cela est abominable. C’est une débâcle sanitaire et cela mérite vraiment une enquête approfondie. Ils ont détruit plus de 600 000 masques depuis l’élection de monsieur Macron et cela a continué dès le début de la crise sanitaire. Cela prouve à quel point ce gouvernement est incompétent.

Ils avaient annoncé une capacité de produire 700 000 tests par semaine. Visiblement, ce chiffre a été abandonné. À Béziers, Robert Ménard avait voulu faire tester les personnels s’occupant de la petite enfance. Cette démarche lui a été refusée par la préfecture et les ARS. On n’en sait pas beaucoup plus sur la nature et sur le nombre de ces tests…

On n’en sait toujours rien. Le gouvernement est en échec, car depuis le début de la crise et depuis le 27 janvier date où j’ai commencé à alerter, ils se refusent à réquisitionner les usines nécessaires à la production de masques, de tests, de bouteilles d’oxygène et de médicaments. Depuis des mois, le gouvernement n’arrive pas à répondre au besoin et ment aux Français.
Vous pouvez commettre une erreur une fois, mais vous ne pouvez pas la commettre toutes les semaines. J’ai des preuves chaque jour concernant les EHPAD qui demandent des tests. Les ARS leur refusent. C’était même dans le journal Le Monde qui n’est pourtant pas un journal d’opposants au gouvernement. Ce gouvernement devrait remettre sa démission et être changé. On ne peut pas continuer éternellement avec de telles défaites.

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