Nice : chute d’une sculpture à 614.000 € , le débat sur la dépense publique relancé
Le cornet de glace qui orne la station de tramway Ferber, à Nice, est tombé. Le jeudi 16 mai, un épisode de vent violent a eu raison de cette sculpture de 5 mètres de haut réalisée par l’artiste portugaise Joana Vasconcelos. En place depuis 2018, celle qui était nommée Fruitée est désormais déboulonnée.
L’effondrement n’a fait aucun blessé car, comme indiqué par Éric Ciotti, le nouveau maire de la commune azuréenne, « la zone avait été sécurisée en amont ». L’édile a également profité de la chute pour dénoncer ce type d’installation : « 614.000 euros pour une structure improbable qui plus est instable : c’est le symbole criant du gaspillage de l’argent des Niçois ! Notre volonté est claire : recentrer chaque euro vers le quotidien des Niçois. La fête est finie ! »
À cause du vent, la sculpture du cornet de glace de 5 mètres à la station de tramway Ferber est tombée. La zone avait été sécurisée en amont pour éviter tout blessé.
614 000 € pour une structure improbable qui plus est instable : c’est le symbole criant du gaspillage de…
— Eric Ciotti (@eciotti) May 16, 2026
Une glace parfum gabegie
Le message est clair : avec le président de l’UDR à sa tête, la ville de la baie des Anges ne dépensera plus un euro pour des sculptures tout aussi inutiles qu’esthétiquement discutables, contrairement à ce que faisait son prédécesseur, Christian Estrosi, qui avait pensé le « programme d’accompagnement artistique de la ligne Ouest-Est du tramway » à 3,3 millions d’euros, dont faisait partie le fameux cornet.
L’opposition y voit, évidemment, une atteinte à la culture ou une attaque contre l’art contemporain, quand le contribuable perçoit un certain bon sens. Un bon sens qui pourrait s’appliquer à bien des villes tant, partout en France, l’art contemporain a pris de la place dans l’espace public.
Le Masque d’André Malraux à Pontarlier (100.000 francs), la capsule Soyouz de Vitry-sur-Seine, les Tulipes de Shangri-La de Lille, Pierre trouée à Strasbourg, Sanna à Bordeaux ou encore une sorte de kiosque à musique fondu appelé l’Opéra noir à Marseille sont quelques-unes des œuvres controversées installées de manière pérenne dans les villes.
À ces structures sans réelle raison d’être s’ajoutent des réalisations éphémères mais non gratuites comme le Tissu Urbain de la place Bellecour à Lyon (1,5 à 1,6 million d'euros), Kermit la grenouille, l’arbre aux allures de jouets pour adultes de Paul McCarthy à Paris (2 à 3 millions d'euros), l’ours Jayet à Marseille, le Voyage au cœur du sein de la place du Capitole à Toulouse…
Des créations dont le prix n’est pas toujours rendu public, mais souvent honteux, et auquel il faut ajouter un coût d’installation, d’entretien et, dans certains cas, de démontage.
Le 1 % artistique en question
Pourquoi donc les maires se lancent-ils dans de tels projets ? Pour la beauté de l’art, évidemment, mais aussi et surtout parce que dans la plupart des cas, ils y sont contraints via le dispositif 1 % artistique qui « impose aux maîtres d’ouvrage (décret du 29 avril 2002) de l’État et aux collectivités territoriales de réserver 1 % du coût d’une construction pour la commande d’une ou plusieurs œuvres d’art conçues pour le bâtiment considéré ».
Il n’y a pas d’argent dans les caisses et quasiment toutes les collectivités vivent à crédit, mais elles ont l’obligation de financer des œuvres d’art contemporain. « L’idée est de promouvoir la création artistique », explique un architecte spécialisé dans les marchés publics, à BV. Il précise : « Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais on peut regretter que ça ne profite pas qu’à des artistes locaux ou au moins français. Il faudrait aussi que la somme puisse être consacrée à la préservation du patrimoine, car dans certaines communes, on a davantage besoin de restaurer ce qui existe que de s’encombrer de nouvelles créations difficiles à entretenir. » Encore une parole de bon sens.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































89 commentaires
Je n’en revient pas du prix de ce bidule ! Pas étonnant qu’il soit tombé. La forme de cornet de glace n’est pas la meilleurs pour contrer les lois de la physique. Le centre de gravité est plutôt haut perché… Comme les artistes, en général. sauf au moment de nous présenter la facture, où ils retrouvent le plancher des vaches, comme par hasard ;)
macron s’est bien autorisé le remplacement des vitraux de Notre-Dame de Viollet-le-Duc, par des vitraux contemporains de Claire Tabouret pour la modique somme de 4 millions d’€uro, alors que le Pays est endetté jusqu’au cou, avec macron, on a la dépense sélective !
c’est lang qui avait créé ce 1%….encore une idée de gauche….et donc une gabegie..
cette obligation doit être abolie : nous n’avons plus d’argent pour ces délires gauchistes qui nous ont fait cumuler les gabegies gauchistes depuis 1981….pour arriver là où nous en sommes
nos enfants ont besoin d’écoles – les citoyens de transports, de médecine, de justice et c’est pour ça qu’on paye impots et taxes, pas pour des délires de gauche, soi-disant culturels
on ne va pas acheter une bague en diamants quand on n’a rien à manger dans son assiette….
« C’est Lang qui avait créé ce 1%….encore une idée de gauche….et donc une gabegie. ». Non, de miens amis en ont profité bien avant. Et pour cause : « Depuis sa mise en place en 1951, le 1 % artistique a permis de financer environ 12 300 œuvres » (Wikipedia). Au départ, c’était pour donner à manger à des artistes locaux…
Cornegidouille ! aurait dit le père Ubu. Et que dire de la « fontaine » de Niki de Saint Phalle à Château-Chinon, patrie de Mitterrand, il fut un temps. Là encore, on découvre la laideur des couleurs criardes dans un décor rural qui ne demandait rien à personne. Il serait bon de recenser tous ces « chefs-d’œuvre » qui coûtent un bras aux contribuables à qui on ne demande jamais leur avis. Des choix subis plutôt que souhaités. S’il est difficile parfois de déterminer qui est artiste de qui ne l’est pas, une chose semble évidente : l’art dit contemporain est trop souvent une imposture et l’argent qu’on y met est mal employé. A l’heure de l’endettement de la France, on a toujours des Macron qui viennent imposer leur vue. Pour rappel, certains vitraux de Notre-Dame de Paris ont été remplacés par simple caprice. Ce qui nous a coûté des millions. « Quand on aime, on ne compte pas » selon un vieux dicton. Mais encore faut-il aimer.
Jamais compris l’engouement pour les horreurs de cette stphalle.
La fontaine de cette même artiste trône entre Beaubourg et l’Église Saint-Méry, vient d’être refaite a neuf par la ville de Paris ; a part servir de dépotoir a certains……..
Rien contre la sculpture mais plutôt contre les incompétents qui l’on fixé au sol.
C’est bien mais les 614 000 ont déjà été craqués. Quand on a 3 400 Mds de dettes il est temps de revenir à l’indispensable. En l’occurrence le 1% artistique, qui transforme les artistes en fonctionnaires, doit être supprimé.
« la fête est finie » bravo Monsieur Ciotti. Que du bon sens.
Il y a un truc à exploiter. Je pourrais proposer par exemple un carré blanc sur fond blanc, ou bien recouvrir un pan de mur avec une couleur bleu azur, comme si je descendais du train à Marseille… bleu azur. Ma fille a besoin de 80000balles pour réparer les vices cachés dans sa nouvelle maison…
Quand on y réfléchit, c est du foutage de gueule certaines de leurs oeuvres.
Il suffit de regarder soulages, entre autres.
@Chingly : Soulage avait compris que l’on peux faire croire n’importe quoi a une population ignare dans la culture pourvu que cela rapporte du fric ; dire que l’on a construit un musée pour lui.
En limite du parc de Chambord, les élus de la communauté de communes, sans doute par crainte de passer pour des ploucs, ont validé l’installation de la « Charette renversée », un empilement de blocs de pierre, pour la somme de 98000 euros.
Dans un endroit perdu, accessible en VTT ou en 4 X 4… Et chaque commune de la communauté a été dotée du même genre « d’œuvre »
Résultat : aux dernières municipales, à leur grand étonnement (!!), les équipes sortantes ont connu une véritable déroute…
Cette chose est horrible, et le prix encore plus. Allez-y Monsieur CIOTTI faites le ménage, Nice en a un besoin urgent.
Il y a art contemporain et art contemporain. Celui-ci comme la grenouille à Paris, c’est nous infliger un manque d’imagination transposé dans un volume délirant, et agressif. Un « art » de peu. au prix fort.
Il n’y a d’art que le beau. Ces affreusetés ne sont pas de l’art.
« Le 1% artistiques impose aux maître d’ouvrage (décret du 29 avril 2002) de l’État et aux collectivités territoriales de réserver 1% du coût d’une construction pour la commande d’une ou plusieurs œuvres d’art conçues pour le bâtiment considéré. Si le montant du 1% est inférieur à 30 000€, le maître d’ouvrage a la possibilité d’acquérir une œuvre »
Encore une invention de socialistes.
Plus c’est laid plus c’est cher
Et plus c est beau pour les bobos !
L’art sous toutes ses formes, dans la rue, pourquoi pas, mais pas à nos frais. Nice aurait payé plus de 600000euros cette glace métallique. Il y a aussi une sculpture en forme de bonbon à l’entrée de l’autoroute. Nous n’avons plus les moyens, d’autant que c’est très moche. Qu’on fasse voter les habitants…