Editoriaux - Politique - 24 juillet 2018

Monsieur le Président, il est plus que temps de sortir du silence !

François de Rugy a exclu, sur France 2, une audition d’Emmanuel Macron par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla, nous révèle Le Point, aujourd’hui, 24 juillet 2018. “Ça, ça n’a aucun sens”, a estimé le président de l’Assemblée. “Le président de la République n’est pas responsable devant le Parlement, puisqu’il est élu par les Français : il est responsable devant les Français.”

Dont acte ! Monsieur le Président, posez donc la question aux Français ! Une réponse favorable vous permettra de balayer toute suspicion de mauvaise appréciation de la situation, de continuer à gouverner en toute quiétude pour mener à bien l’ensemble des réformes que vous avez promis de conduire pour redresser notre pays. En revanche, une réponse défavorable vous donnera, comme le général de Gaulle en son temps, la mesure d’une position politique responsable et honorable et vous en sortirez grandi devant l’Histoire.

Car, il faut bien le dire, l’affaire a ouvert la porte à un scandale politique de la plus haute importance. Ceux qui fréquentent l’Élysée, cénacle dans lequel se tient le cœur du pouvoir républicain, doivent être irréprochables et leurs actes ne doivent en aucun cas entacher la fonction présidentielle.

Ainsi, comme le suggère François de Rugy, puisque vous êtes responsable devant les Français, demandez-leur donc de se prononcer. À lire tout ce qui s’écrit dans les journaux, même ceux qui furent vos fidèles laudateurs depuis votre entrée en campagne ainsi que sur les réseaux sociaux, il semblerait que la victoire d’un « NON » ne soit pas gagnée.

La Constitution, dont la refonte est stoppée depuis le commencement de cette « affaire dans l’État », est sévère pour les manquement du Président. Elle dispose que “le président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat”. C’est une procédure introduite en 2007 qui a attendu sept années pour être validée. Elle le fut en 2014. L’article 68 de la Constitution offre donc maintenant la possibilité de destituer un président de la République. Même si la formulation reste volontairement floue et laisse place à l’interprétation la plus large, elle peut s’avérer dangereuse.

Toujours selon Le Point dans son édition du 23 juillet 2018, Benalla a été habilité au « secret-défense », information confirmée par les services de renseignement français. Or, monsieur Benalla serait, notamment, à l’origine du recrutement de Makao, ancien garde du corps du candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, filmé récemment en train de copiner avec… Jawad Bendaoud, hébergeur des terroristes du 13 novembre. Si cette information se confirme, le recrutement de cet individu, dans une période où la France subit les assauts du terrorisme, peut être considérée comme une fragilisation grave de la sécurité de notre pays. Un “manquement à [vos] devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat” s’il était vérifié et confirmé que vous aviez connaissance des divers agissements, hautement inquiétants, de l’individu que l’on a vu continuellement à vos côtés pendant plus d’un an.

Monsieur Le Président, il est en sus plus que temps de sortir du silence pour redonner confiance aux Français et rester au pouvoir, ou bien démissionner pour ne pas leur faire perdre celle qu’ils ont dans les institutions de leur pays.

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