Ce 15 janvier 2022, Molière a quatre cents ans. Mais la France du théâtre et des spectacles, qui avait cru aux vertus du passe sanitaire pour revivre, déchante. Les annulations se multiplient et, quand on joue, les salles sont à moitié vides, comme j'ai pu le constater cette semaine. Triste année Molière. Pourtant, d'excellentes mises en scène, fidèles et pleines d'énergie, sont au rendez-vous de l'anniversaire : comme ces Fourberies de Scapin de Jean-Philippe Daguerre et la compagnie Le Grenier de Babouchka au théâtre Saint-Georges. Allez-y en famille, avec les enfants, vous en ressortirez enchantés. Tous les morceaux de bravoure y sont - le sac et la galère -, frais et toniques comme quand ils sortaient de l'esprit de Molière.

Mais, à l'heure où il faut présenter ce fameux passe pour aller au spectacle, à l'heure où l'État appuie sur un bouton pour en désactiver peut-être 800.000 - le jour même de l'anniversaire de Molière... - et où l'on peut donc allègrement, assis dans nos fauteuils rouges, échanger nos variants dans nos rires et nos postillons, mais entre gens bien vaccinés, Le Figaro publie une nouvelle de Christophe Barbier, Molière malgré lui. L'auteur imagine « Jean-Baptiste Poquelin, reporter à l’hebdomadaire L’Alceste », menant une enquête sur « La France dans la Grande Pandémie ». Si sa rencontre avec Didier Raoult n'a rien de surprenant, celle avec mérite le détour, même si le texte avait été écrit avant la positivité du ministre triplement vacciné.

Barbier fait jouer à Molière le rôle d'un Huron et à Véran celui d'un médecin de Molière : « Poquelin s’étonna d’un tel branle-bas de combat dans les affaires publiques, alors que tout lui semblait calme. En sa lointaine contrée, durant une épidémie, les cadavres s’amoncelaient sur les charrettes et les bûchers. Le ministre le corrigea : “Détrompez-vous, M. Poquelin. Tout Français bien portant est un contaminé qui s’ignore. Tester, tracer, isoler ! Telle est la vérité. Tracer, surtout. Savoir où vont tous ces Français imprudents. J’en vois à la terrasse des cafés. Sans masque ! Sans masque ! Cela ferme la bouche à tout, sans masque ! Alors, je ferme, j’interdis, je confine. Et je vaccine, je vaccine, je vaccine ! Le vaccin, M. Poquelin, je ne connais pas d’autre vérité que celle-là. Je me fais fort d’imposer la cinquième dose avant la fin du quinquennat. Combien est-ce qu’il faut mettre de grains de sel dans un œuf ? Six, huit, dix, par les nombres pairs, comme dans les médicaments, par les nombres impairs. Cinq doses, M. Poquelin, cinq doses par quinquennat. Relevez votre manche, dénudez votre épaule avec grâce et je m’en vais vous piquer…” »

La nouvelle se clôt par un détour à Versailles, pardon à l'Élysée : « Comprenez-moi, poursuivit . Toutes ces contraintes administratives ne sont là que pour maintenir le peuple dans une saine inquiétude. Le virus est mon allié, il distrait les électeurs de mon bilan. Je crains fort le peuple et parfois il me prend des mouvements soudains de fuir dans un désert l’approche des humains. »

Si même est capable d'une telle lucidité, c'est que le vent tourne, non ?

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15 janvier 2022

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31 commentaires

  1. Sans commentaire sur Christian Barbier. Commentaire impossible après article sur les 400 ans de Molière,je le donne ici: faites-vous prêter,achetez, trouvez sur Youtube le TARTUFFE avec Robert Hirsch(Tartuffe), Jacques Charon(Orgon),Claude Winter (Elmire),Françoise Seigner(Dorine). Jacques Toja, Denise Gence,Catherine Salviat, j’en oublie.Pardon. Extraordinaires, on revient en arrière, on s’en délecte.Et là vous saurez ce qu’est la perfection,la transmission dont on nous rebat tant les oreilles.

  2. Il sait, parfois, faire et écrire de bonnes choses, c’est vraiment dommage qu’il fasse partie des chevaliers servants de Macron « l’emmerdeur ».

  3. Moi j’ai aussi une écharpe rouge mais je ne change pas d’idées pour vendre mes convictions……

  4. Il faut ce méfier de ce genre de personnage, qui se dit journaliste, certains disent journaleux, je pense qu’ils ont raison. Toujours dans le sens du vent quelque soit les politiques en place pourvu qu’ils soient du bon côté de l’échiquier. Un ami m’a conseillé, moi qui ne regarde jamais les « infos dites télévisées » de voir les 2 guignols de tf1, celui en semaine et celle du dimanche, c’est le portrait complet de ce que sont les « jounalistes.eux » aujourd’hui. Il faut lire BV ou autre.

  5. Etrange. Il sent le vent tourner, et ménage la chèvre et le chou. On ne sait jamais, si le futur roi lui cherchait des poux dans la tête, il pourrait dire : « voyez, j’ai changé d’avis avant votre couronnement, pardon, investiture.

  6. Oh, oui en ce jour de janvier 2022, Barbier me redonne de l’espoir, c’est dire!… En effet, le vent tournerait il ??

  7. Celui qui en encensait hier son maître et justifiait l’eugénisme comme un acte progressiste, cherche à revenir sous les feux des médias en rampant… Il préfigure bien d’autres tartuffes

  8. Bien vu M. BARBIER ! Encore un effort et vous rejoindrez le camp de Z. Pourquoi pas ?
    Nous avons besoin de vous, au moins jusqu’en avril.

  9. Les « Fourberies de Scapin » et « Le Malade imaginaire » sont infiniment plus drôles que la farce que le fourbe malade Macron nous joue depuis 5 ans ! Et que le sempiternel discours d’un Barbier au service de l’oligarchie, qui sent le vent tourner !

  10. La girouette tourne, il n’y a pas besoin de vent pour celle-ci ,surtout qu’elle peut faire un 360 degré.

  11. Je n’ai aucune confiance en ce Barbier.
    Mais il faut reconnaître qu’il sait capter le sens du vent, en bon opportuniste.

  12. Etrange revirement pour un homme qui, il y a peu, rêvait de milices ou de brigades pour aller traquer le non-vacciné!! C’est une bonne nouvelle que cette petite nouvelle dans laquelle le journaliste de salon cherche à briller – non sans talent : cela signifie que l’homme à l’écharpe rouge sent peut-être que le vent tourne, et veut que l’Histoire retienne qu’il fût du bon côté!

    1. Pour moi, barbier le bolcho sera toujours du mauvais côté, je n’ai pas la mémoire courte. Cordialement.

    2. Gates a annoncé la fin de la pandémie pour bientôt (traduire: la fin du narratif pandémique). Et qu’il y aurait autre chose à traiter. On n’en a pas fini avec le mondialisme

    3. Avoir pensé à traquer le non vacciné ne doit surtout pas être oublié… Je suis bien d’accord avec vous, Jacques.

  13. Barbier touché par l’esprit sain ! On a du mal à y croire. Cherche-t-il un autre maître à raser ?

    1. Après Minc, voici Barbier. Les macronophiles commencent à quitter la future épave. Même s’il en a très envie (dixit Brigitte), je pense qu’il ne se représentera pas……… et poussera les votes vers Pécresse.

      1. Si les intentions de vote restent à 25%, il va se cramponner, je pense, par contre si ces sondages sont trafiqués et qu’il ait dans les 11%, en effet il peut se retirer pour éviter l’humiliation.

  14. Si C.Barbier en vient à écrire un texte aussi peu flatteur pour celui qu’il encensait hier c’est que le vent tourne, ou seconde hypothèse Barbier aurait il relu les fables de La Fontaine ?
    Renard déçu par le corbeau qui tient tellement à son fromage qui veut le garder pour 5 ans !

    1. Ce n’est pas exactement que le vent tourne. Ou plutôt c’est le vent du pouvoir profond dont les médias sont la voix . Il apparaît aujourd’hui clairement qu’ils ne sont pas à la solde de l’Elysée, mais du pouvoir supranational qui dicte ses ordres à l’Elysée. Et qui, a min avis, a décidé de laisser tomber Macron.
      Le ralliement de Minc à Pécresse est significatif. En approuvant le pass de la honte, elle a acheté son ticket. Les médias feront le reste et les veaux voteront pour elle.

      1. C’est une possibilité que l’oligarchie, « le pouvoir gris » », lâche un Macron impopulaire pour une autre candidate malléable à souhait, soumise aux forces européistes et mondialistes.

      2. C’est également mon avis, les cartes changent de mains, « l’épidémie » n’était qu’un test nécessaire à la poursuite de la partie mondiale, et Macron est désormais un pion inutile voir embarrassant. Est il d’accord pour céder le fauteuil ? La suite devrait nous éclairer.

  15. Barbier quel Tartuffe !

    c’est bien celui qui parlait de monter des brigades pour vacciner les récalcitrants de force a partir des listes des ARS ?

    le vent tourne avec les girouettes c’est sûr

    le château de cartes va s’effondrer

    mais on le pendra quand même à son écharpe rouge avec son pote LeChypre

    Nuremberg 2.0

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