Editoriaux - Société - 10 septembre 2019

Moins de topless sur les plages, la faute à qui ?

Le mois de septembre vient nous offrir ses statistiques rituelles sur les ventes de glaces en stations balnéaires, ou de boules à neige au mont Saint-Michel. Mais cette année, enfin un vrai scoop : il n’y a plus que 19 % des Françaises de moins de 50 ans à se mettre parfois seins nus à la plage. Or, elles étaient encore 29 % il y a seulement trois ans, et deux fois plus (43 %) en 1984 !

À partir de 5.000 interrogatoires de femmes par l’IFOP, la fine fleur du journalisme d’investigation s’est donc penchée sur les causes possibles de cette régression à l’ère victorienne.

La peur du cancer du sein viendrait en tête, avec 56 % (alors que le soleil n’a aucun effet sur la glande mammaire : il y a encore de l’éducation sanitaire à faire).

En deuxième position, les regards déplacés et concupiscents des hommes découragent 35 % des femmes interrogées. D’accord, mais pourquoi plus aujourd’hui que sous Giscard ?

Vient ensuite, pour 28 %, la crainte d’un jugement peu flatteur sur leur physique (alors que 400.000 femmes se sont fait poser des implants ces vingt dernières années…).

Enfin, 23 % déclarent craindre d’être perçues comme impudiques ou indécentes (sans préciser par qui), surtout les moins de 25 ans chez qui cette inquiétude monte à 28 %. Peut-être le risque de se voir immortalisée à moitié nue sur les réseaux sociaux grâce aux smartphones dont peu de gens se séparent, même à la plage, y est-il aussi pour quelque chose…

En tout cas, pour la sociologue de service dans Marie Claire, ce grand retour de la pudeur n’a rien à voir avec du puritanisme : « Les femmes ayant de plus en plus de possibilités d’être libres, elles ne se sentent plus obligées de donner une preuve d’affranchissement. » Et pourquoi pas le burkini comme signe d’affranchissement maximum ?

Pour d’autres, enfin, le sein serait passé de mode au profit du callipyge : exit Pamela Anderson, place à Kim Kardashian.

Mais seuls les mauvais esprits comme les tenants du Grand Remplacement oseront émettre l’hypothèse inaudible selon laquelle, en quarante ans, une partie croissante des Françaises n’ont plus tout à fait les mêmes libertés que les autres, tandis qu’une partie croissante des Français les contrôlent attentivement et n’hésitent pas à intimider les autres… On n’ose y croire.

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