Chaque semaine, Boulevard Voltaire vous propose une sélection des meilleurs dérapages de nos chers médias de service public. Militantisme échevelé, mauvaise foi caractérisée, mensonge grossier… Les chaînes et radios d’État ne reculent décidément devant rien pour imposer leur idéologie. La preuve.

« Une couverture exacte, équilibrée, complète et impartiale de l’actualité » : voilà ce que promet, solennellement, France Info, dès la première phrase de sa charte déontologique. « Remboursez ! », serait-on tenté de répondre à la chaîne, tant le « journalisme rigoureux, honnête, sans préjugés ou préférences » dont elle se prévaut semble lui manquer.

La semaine a commencé sur les chapeaux de roue avec le lancement, le lundi 18 septembre 2023, de « C quoi l'info ? », le JT quotidien de France Info à destination des 12-18 ans. L’objectif : « sensibiliser » les jeunes et les protéger de la « désinformation ». France Télévisions part en guerre contre les « fake news ». Il fallait oser !

Le programme EVRAS à la sauce du JT des jeunes (France Info)

Après un premier JT à la neutralité étonnante, la chaîne retombe dans ses vieux travers dès le lendemain, dans son édition du mardi 19 septembre. Il y était question d’EVRAS, le programme d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle qui fait tant couler d’encre chez nos voisins belges. « En gros, c’est un cours d’éducation sexuelle, résuma la souriante présentatrice. Il est destiné aux élèves du CM2 à la seconde et c’est que deux heures par an. En soi, l’idée est géniale ! » Au-delà du parti pris en totale infraction avec l’impartialité revendiquée ci-dessus, c’est la simplification trompeuse du propos qui est condamnable. Car, non, contrairement à ce qui est dit dans la plupart des médias convenus, il ne s’agit pas seulement « d’éduquer les enfants et de les protéger » ou « d’offrir des outils pour répondre aux questions des élèves ». Il s’agit, aussi, de formater les esprits encore malléables des plus petits et les rendre perméables à la théorie du genre et autres fadaises woke d’inspiration américaine. La lecture du guide EVRAS destiné aux enseignants permet d‘en avoir le cœur net. Rédigé en écriture inclusive et remplaçant les mots « femmes »/« hommes » par « personne ayant un utérus/un pénis », ce document de 300 pages invite les enfants de 5 à 8 ans à « prendre conscience que l’identité de genre peut être différente de celle assignée à la naissance », ceux de 9 à 11 ans à discuter des « modèles positifs LBGTQIA+ » et des « intersexuations ». Également au programme, un enseignement « non hétéronormatif », c’est-à-dire qui ne reconnaît pas l'hétérosexualité comme étant la norme... France Info avait raison : c’est « génial ».

France Inter loue le pape François et oublie le reste

De son côté, France Inter n’a pas lésiné sur les moyens pour faire oublier l’invasion de Lampedusa et reprendre la main sur le storytelling médiatique. Pas un JT sans un sujet laudatif sur François et son message d’accueil inconditionnel. À titre d’exemple, le journal de 8 h du 22 septembre consacra de longues minutes au Saint-Père, mais seulement douze petites secondes au verdict dans l’affaire Philippe Monguillot. Il faut croire que le sort d’un Français tabassé à mort passionne moins que celui de clandestins qui tentent de violer nos frontières…

Dans l’émission « François, pape des migrants », diffusée sur France Inter le 21 septembre, la journaliste Fabienne Sintes, en déplacement à Marseille, était entourée d’une consœur de La Croix, d’une sociologue bon teint et – excusez du peu - de la directrice générale de SOS Méditerranée. Autant dire que tout ce petit monde partageait peu ou prou la même opinion. L’ambiance était si conviviale, autour de la table, qu’on s’autorisa à dénigrer les catholiques opposés à l’immigration de masse – « sans doute parce qu’ils ont peur du monde, parce qu’ils sont manipulés », selon les mots de la rédactrice en chef de La Croix, Isabelle Gaulmyn - et à exiger rien de moins que l’ouverture totale des frontières. Francesca Sirna (sociologue au centre Norbert Elias/EHESS Marseille) a ainsi déclaré : « Faites rentrer ! On a la place, on a la richesse. On a besoin de ces gens ! » sans la moindre contradiction de la part de l’animatrice de l’émission. Bref, un beau débat.

Et LCP promeut Mélenchon !

Enfin, cette revue de presse serait incomplète sans un mot sur le documentaire « "Faites mieux", cette jeunesse derrière Mélenchon », de Ludivine Tomasi. Diffusé d’abord en juillet 2023, puis rediffusé sur LCP le 24 septembre, ce film coproduit par la chaîne parlementaire – et, donc, financé par vous – relève, en réalité, du long spot de campagne à la gloire du leader insoumis. La réalisatrice ne prend d’ailleurs même pas la peine de masquer son admiration pour « celui qui nous a ouvert le chemin ». Sans la moindre distance, elle s’inclut à son sujet d’étude, cette « génération qui réinvente le présent et imagine un futur vivable », et se félicite du succès du chef de file « nupiste » en banlieues. « Promesse de réformer la police, soutien à la communauté musulmane : Jean-Luc a rallumé un espoir », nous dit-elle sur une musique éthérée, avant de reprendre à son compte les concepts fumeux de « racisme d’État » et de « privilège blanc ».

À la sortie de ce documentaire, Télérama parla d’un « film ahurissant, où l’on cherche, en vain, un semblant de distance critique ». C’est dire ! Qu’une jeune fan veuille consacrer un film à son idole, c’est parfaitement légitime. Mais qu’une telle hagiographie soit financée par le contribuable et ensuite multi-diffusée sur une chaîne du service public, c’est proprement scandaleux.

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28 septembre 2023 à 10:57

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10 commentaires

  1. bof la palme revient à mdme Ernotte, payée par nos denier, qui devant un parterre d’élus, annoce que sur france tv n’est pas la pour montrer la france telle qu’elle est mais comme ils voudraient quelle soit….. Personne ne moufte, alors….. Bienvenue dans l’ère total..itaire

  2. « et – excusez du peu – de la directrice générale de SOS Méditerranée. » C’est-à-dire d’un ponte de la nouvelle traite des Noirs. Excusez du peu!

  3. La macronie à donné les clefs de la maison à la gauche la plus sale . Ces gens là occupent la plus grosse partie du territoire médiatique, pourrissent la jeunesse et l’enseignement au profit de la sociale démocratie décadente et donc au profit du capital. Être parent en Europe réclame une vigilance quotidienne et attentive face à ces magiciens de la destruction.

  4. La gauche radicale a tout essayé pour mettre en place son idéologie mortifère : le communisme , le maoïsme, l’écologie, l’antiracisme,l’islamophobie,maintenant le wokisme, autant de faux nez mais toujours le même objectif. Et ils doivent beaucoup à France Inter.

  5. Quand Léon zitrone nous disait selon la pravda, ça voulait tout dire. Mais à l’epoque C’était pas nous qui la financiions

  6. toujours les mêmes médias qui , lors des élections manipulent leur auditoire pour influencer leur vote , notre France s’appauvrit intellectuellement de plus en plus au moins où il semble que beau nombre de nos concitoyens semblent dénués de maturité et d’esprit d’analyse

  7. Entre France Inter, France Info et autres médias publics, je me souviens de la plaisanterie des Soviétiques à propos des journaux d’état au temps de l’URSS : dans la Pravda (la vérité) pas de nouvelles, dans les Izvestia (les nouvelles) pas de vérité. Pour le moment nous avons encore en France quelques médias privés autorisés et pas encore de goulags …

  8. 500 smartphones offerts aux migrants avec les dons des salariés français qui eux n’ont pas cette chance ils doivent se payer le leur, en France des personnes ne peuvent plus manger et ces associations telle emmaüs censées aider les pauvres, eux n’en profitent pas on pense d’abors aux nouveaux arrivants les autres doivent dormir dans leurs cartons et faire les poubelles pour manger, il y a une dizaine d’années des maraudes avaient été organisées par des jeunes du FN, elles ont été interdites parce que c’était de la soupe avec des lardons, donc discrimination, et là n’y a t-il pas discrimination ?

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