La semaine passée, l’ineffable faisait, par avance, don de sa personne à la France. Il nous offrait sa candidature sur un plateau, réclamant juste, pour ce faire, l’adoubement de 150.000 « followers ». Comme je vous le disais alors, la chose ne semblait pas insurmontable pour un mouvement qui prétend rassembler 500.000 adhérents et, surtout, rapporté aux 19,5 % des suffrages (7.059.951 voix) obtenus par ledit Mélenchon au scrutin de mai 2017.

Première victoire, donc : Jean-Luc Mélenchon a obtenu son « investiture populaire » (sic) en cinq jours. 150.000 signatures de « gens » qu’il aimerait voir remplacer les 500 signatures d’élus nécessaires à une candidature officielle, lesquelles signatures seront nettement plus difficiles à obtenir que le like de ses affidés. Son bras droit Alexis Corbière le déplorait, dimanche, dans le JDD : « Le système des 500 signatures est obsolète, c’est le filtre de la France des notables. » Et d’expliquer : « Autant nous sommes à l’aise quand il s’agit de mobiliser des gens, autant c’est un autre boulot de mobiliser des notables, car il y a un système de vassalisation, avec des maires de petites communes qui ont la trouille pour leur piscine, leur médiathèque ou leur gymnase. »

Il y a belle lurette qu’on mesure les limites de la démocratie au racket des grands partis. Mais l’aide des grands devenus petits peut s’avérer utile. Ainsi le PCF, qui ne pèse pourtant guère que 2 % dans les urnes, est-il encore un levier utile. C’est grâce à son réseau d’élus que Jean-Luc Mélenchon – alors candidat commun de LFI et du PCF – avait pu recueillir 666 signatures en 2017, mais la tâche risque d’être, cette fois, beaucoup plus difficile car, pour un qui vient de lui déclarer publiquement sa flamme, il n’est pas certain du tout que les camarades misent un rouble sur le patron des Insoumis.

Pour l’instant, seul Gilles Poux, le maire PCF de La Courneuve (93), a annoncé officiellement son soutien à Mélenchon, un homme « créatif et rassembleur » qui « jouit, à gauche, d’une vraie reconnaissance, malgré ses errements et des postures individuelles », dit-il au Parisien. Il rêve d’une union des gauches, M. Poux, autour d’une programme baptisé « L’Avenir en commun ». Un mixte de programme commun et de désir d’avenir, je suppose… « Si on s’y met tous à gauche, si on accepte de se fédérer, on peut éviter le duel écrit à l’avance entre Macron et Marine Le Pen au second tour », dit-il.

Sauf que le rassemblement n’est pas dans toutes les têtes. À commencer par celle de son secrétaire général Fabien Roussel, qui ne voit aucune urgence à se ranger derrière Mélenchon. Pas plus que son responsable des élections, Pierre Lacaze, qui trouve le ralliement de Gilles Poux un peu « précipité » et souhaite, lui aussi, un candidat maison.

En revanche, Marie-George Buffet (ex-ministre des Sports de Jospin, secrétaire nationale du PCF entre 2001 et 2010), sans doute échaudée par le joli score de 1,93 % qu’elle réalisa à la présidentielle de 2007, est prête au mariage. « Les premiers sondages montrent que Jean-Luc est, à gauche, le plus à même de rassembler. Il faut se saisir de sa proposition et lever une espérance », dit-elle. Ce qui lui fait peur, à cette pauvre Marie-George, c’est d’entendre François Hollande « appeler à créer une nouvelle force de gauche, qui serait forcément sociale-libérale ».

Hollande, le roi des alcôves, en voilà, pourtant, une jolie tête d’affiche, pour la gauche unie. Hollande qui, si l’on en croit Voici, tromperait Julie avec Juliette, troquerait une actrice de 48 ans pour une danseuse de 33. Si ça n’est pas un vrai désir d’avenir !

16 novembre 2020

À lire aussi

Le monde d’après : revenu universel et tous enfermés devant nos écrans ?

Verrouillés chez nous au nom de la santé. …