Audio - Entretiens - Manifestations - Politique - 28 janvier 2020

Marine Le Pen : « Emmanuel Macron a réussi l’impensable : jeter deux corporations, policiers et pompiers, l’une contre l’autre ! »

Une fois de plus, cet après midi, à Paris, ont eu lieu de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les pompiers venus manifester.

La présidente du Rassemblement national réagit au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec elle la réforme des retraites, les prochaines élections municipales et aussi l’annonce qu’elle a faite, récemment, de sa candidature à la présidentielle de 2022.

Aujourd’hui, lors de la manifestation des pompiers, nous avons pu observer des images terribles de pompiers affrontant des policiers. Vous avez parlé d’images désespérantes.
Selon vous, que traduisent-elles ?

Ces images traduisent un état de division catastrophique du pays. Emmanuel Macron aura réussi l’impensable, jeter deux corporations l’une contre l’autre, nos policiers d’un côté et nos pompiers de l’autre. Emmanuel Macron porte ainsi une très lourde responsabilité. En tant que chef de l’État, il est garant de l’unité du pays. Or, il ne cesse de semer le chaos, la division et la désunion.

Derrière ce chaos, il y a toujours la réforme des retraites.
Quelle est votre position à ce sujet ?

Il doit d’autant plus la retirer rapidement qu’il vient de se faire étriller par le Conseil d’État dans des termes assez inhabituels de la part de cette institution. Perspective chiffrée lacunaire, pas d’économie, pas d’universalité et problème constitutionnel majeur. Tout ceci démontre un amateurisme et une volonté de passer en force. L’ensemble des Français va être directement victimes de cette réforme des retraites.
La manœuvre et la magouille du début de la présentation de cette reforme consistant à dire qu’il s’agissait de s’attaquer aux régimes spéciaux, révèle sa vraie nature. Il s’agit en fait de s’attaquer absolument à tout le monde.
Aujourd’hui, pas une seule profession ne se réjouit de la mise en œuvre de cette réforme des retraites. Elles ont toutes compris qu’elles allaient en être les victimes.

Vous avez la même analyse qu’Alain Duhamel. Il dit que la campagne des municipales d’En Marche prouve que ce sont des amateurs. Derrière la réforme des retraites arrivent les élections municipales. Certaines équipes de la République En Marche ont du mal à se mobiliser et à s’implanter localement.
Qu’est-ce que cela révèle ?

Cela révèle qu’il n’y a pas de structuration politique derrière Emmanuel Macron. Le macronisme s’arrêtera avec Emmanuel Macron. L’ensemble gazeux qu’il a constitué a pu faire illusion. En effet, il œuvrait dans le cadre d’une élection présidentielle où l’incarnation dans une personne est importante. Derrière, il n’y a absolument aucun parti politique. Ils perdent des députés quasiment toutes les semaines, personne n’est sur le terrain et ils n’ont pas distribué un seul document politique depuis qu’ils sont au pouvoir. Ils ont évidemment le plus grand mal à trouver des gens susceptibles de porter un projet, qui sur le plan municipal n’existe pas. C’est la raison pour laquelle, les gens sont contraints de coller leurs étiquettes dans le dos d’autres cyclistes, si je puis me permettre. Ils vont coller leur logo dans le dos d’autres cyclistes LR et PS. Par ailleurs, il y a une vraie complicité entre LR et LREM.

À quelques mois de ces municipales, vous avez déclaré que vous étiez vraisemblablement candidate aux prochaines présidentielles. Ce n’est certes pas une surprise au vu de la situation politique de ce pays, mais davantage au niveau du calendrier.
Pourquoi avoir annoncé dès maintenant votre candidature à la fonction suprême ?

Dès maintenant, les sujets émergent. Ces derniers seront pour les Français et pour la présidentielle, des sujets de choix. En voici quelques exemples, l’insécurité grandissante, la submersion migratoire, le choix de société que représente la défense de nos services publics et notre système de protection sociale. Ces sujets-là sont d’ores et déjà les sujets qui seront évoqués à la présidentielle.
Je pense que les Français ont besoin de références et de se projeter dans une autre politique que celle dans laquelle Emmanuel Macron les enferme. Toutes ces raisons-là ainsi que des raisons de préparation justifient cette précocité, même si dans ce domaine, Emmanuel Macron est parti en campagne bien avant moi.

On dit souvent qu’Emmanuel Macron rêverait de vous affronter à nouveau en 2022. Vous connaissez l’adage « Toute personne se présentant face au Rassemblement national au second tour sera assuré d’être élue en vertu du front républicain ».
Craignez-vous voir ce même scénario se répéter en 2022 ?

Les gens ne sont pas obligés de voter pour Emmanuel Macron. J’entends beaucoup de gens dire que 70 % des Français ne veulent pas d’un second Macron-Marine Le Pen. Qu’ils ne votent pas pour Macron, ils auront un second tour Marine Le Pen et quelqu’un d’autre. C’est aussi simple que cela. Maintenant, cette facilité, cette fainéantise qui poussent certains à penser que face à un candidat soutenu par le Rassemblement national, on est toujours gagnant, je crois que c’est faire preuve d’un comportement de matamore. À mon avis, les choses changent beaucoup et vont encore beaucoup changer durant les deux ans à venir. Je crois pouvoir dire que nous sommes au cœur des préoccupations des Français et que notre projet est au cœur de leurs espérances.

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