Marine Le Pen déjoue le piège judiciaire, part en cassation et lance sa campagne

La présidente du groupe RN à l'Assemblée sera candidate à l'élection présidentielle.
Capture d'écran YT RN
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L'avocat du Parlement européen, Maître Patrick Maisonneuve, le disait clairement à la sortie de l'audience qui déroulait les condamnations ce 7 janvier à la Cour d'appel de Paris : si Marine Le Pen ne porte pas l'affaire en cassation, disait-il en substance, cela signifie qu'elle est coupable, qu'elle se reconnaît coupable. Marine Le Pen lui a répondu quelques heures plus tard : elle a annoncé le soir même au JT de 20h de Gilles Bouleau sur TF1 qu'elle portait l'affaire devant la Cour de cassation. La patronne du groupe parlementaire RN à l'Assemblée nationale ne se reconnaît pas coupable d'avoir employé des assistants parlementaires rémunérés par l'UE au profit de la politique nationale française, puisque c'est bien de cela dont il s'agit. Alors même que l'UE vit des milliards versés par la France, son deuxième contributeur ! « Le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt », a-t-elle précisé sur le plateau de TF1. Rappelons que cette affaire a été lancée en 2015 sous la houlette du président socialiste de l’Assemblée au Parlement de Strasbourg Martin Schulz et remarquons une fois de plus qu'elle risquait d'interdire à la principale opposante au macronisme de faire campagne pour l'élection reine en France, ceci à moins d'un an de l'échéance présidentielle. L'ultra-gauche, toujours prompte à salir sans regarder chez elle, ne pourra qualifier la candidate de "délinquante" comme elle a commencé à le faire. C'est le deuxième coup de théâtre de la journée.

Du Ponce Pilate et du Machiavel dans la décision

En début d'après-midi, la cour d'appel s'est offert en effet un premier coup de théâtre. On s’attendait à une décision noire ou blanche : la porte vers la présidentielle serait ouverte ou fermée pour Marine Le Pen – et pour Jordan Bardella. Finalement, tandis que des centaines de militants LFI venus soutenir Rima Hassan en profitaient pour clamer leur opposition au « fascisme », les juges ont donné le change. Sur le papier, Marine Le Pen peut bien faire campagne comme elle le souhaite. La cour d’appel de Paris la condamne à 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis – la peine d'inégibilité est donc accomplie – et un an ferme sous bracelet électronique : la candidate du RN peut donc légalement faire campagne… munie de son bracelet électronique. Cette décision devait être soumise à un aménagement par le juge de l'application des peines. Avec les remises de peine, le port du bracelet électronique pouvait être réduit. A six mois ? Plus ? Moins ? Tout cela est balayé par le recours de Marine Le Pen en cassation.

Il y avait du Ponce Pilate dans cette décision du début d'après-midi. Et du Machiavel. Les juges ont transféré astucieusement le mistigri de la décision de priver ou non Marine Le Pen de campagne présidentielle à… Marine Le Pen. Il était impossible de dire que la justice, dangereusement impopulaire actuellement, avait stoppé nette la campagne de la première opposante, et avait interdit sa candidature. Ce faisant, les magistrats se mettaient partiellement à l’abri de la colère prévisible des électeurs RN qui représentent un tiers du corps électoral. Toujours rien de politique derrière cette décision, évidemment.

Chemin étroit et dangereux

Le piège avait aussi une dimension relationnelle, stratégique pour le présent et l'avenir du RN. La solidité du duo Marine Le Pen-Jordan Bardella a déjoué tous les pronostics de rupture jusqu’ici. Les deux leaders du RN ont affiché ce 7 juillet, à TF1 où ils sont arrivés ensemble, une unité parfaite, sur laquelle Marine Le Pen a insisté face à Gilles Bouleau. Pour l'instant, l'attelage tient.

Le chemin laissé à Marine Le Pen vers l'Élysée semble dégagé. Ou presque. Avec ce pourvoi en cassation, la fille de Jean-Marie Le Pen court tout de même, semble-t-il, le risque d’une décision de la Cour en fin de campagne électorale avec pour effet de revenir au bracelet électronique, aux contraintes sur ses déplacements, etc. Mais la campagne sera pour l'essentiel derrière elle.

Une campagne qui s'annonce tout de même d'une violence inédite. Le système ruine la France mais se défend pied à pied, par tous les moyens, mêmes légaux !

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

155 commentaires

  1. maintenant j’aimerais bien qu’elle prenne conscience qu’elle a besoin de se rassembler autant que faire se peut, avec les « petits candidats »: Dupont Aignan, Philippot, Asselineau, Zemmour et Marion Maréchal. On croise les doigts.

    • je suis d’ accord avec vous mais nous serons déçus MLP ne bougera pas il n’ y aura pas d’ union parce qu’ elle n’ en veut pas et je maintiens elle fait une faute parce que la cassation qui tombera en JANVIER /FÉVRIER c ‘est un coup de poker mais je n’ ai pas de confiance au système MLP aura un bracelet électronique en février et terminera sa campagne condamnée parce qu’ il sera trop tard pour BARDELLA de s’ engager il y a un piège de l’ état profond .

  2. Marine Le Pen a bien fait de donner un coup de pied dans le nid des cloportes, ça devenait insupportable pour plusieurs millions d’électeurs et pour le fondement de la démocratie française

  3. Van Der Leyen avait prévenu, elle a les moyens de s’opposer à toute candidature qui ne lui plairait pas.

  4. Et si Marine Lepen avait dans cette interview sur TF1 tout simplement piégé la Justice, qui en a tant sur la conscience en ayant absout Melenchon et Bayrou ? La candidate affirmait : je n’irai pas avec un bracelet au pied. Le Juge, grand seigneur, lui permet d’y aller mais maintient le bracelet. Elle croit saisir au mot celle qu’elle a culpabilisée sur ordre politique, car il ne s’agit que de cela. Mais Marine trouve le « recours ». Elle ne se dédie pas, elle « casse » et fonce, cette fois en binôme, ce qui double ses chances. La Justice reste coi, non plus actrice mais spectatrice. Le reste ? Le tandem en a tant sous le pied, que ces Messieurs en robe ne peuvent plus manipuler la loi, le peuple acclame, la caravane passe sous les hourras.

  5. Dans cette affaire de guet-apens judiciaire le peuple a gagné. La justice, justement mise en cause et perdant la confiance des Français en raison de ses dysfonctionnements inadmissibles, s’est rendue compte qu’il devenait dangereux pour elle de continuer à persécuter le parti largement favori à l’élection présidentielle. Il est impensable maintenant que la cour de cassation accélère artificiellement son travail pour déshonorer Marine Le Pen juste avant l’élection. Moralité, ce sont les sondages qui ont fait reculer le pouvoir des juges. Quand on veut donner une image de démocratie il y a des limites à ne pas dépasser.

    • Vous avez raison, espérons seulement que les juges auront la vergogne d’attendre l’après élection pour rendre leur arrêt…

  6. La mort de Quentin à Lyon avec l’implication du député Arnault jamais poursuivi et le harcèlement de la meute après Marine Le Pen qui elle, n’a tué personne et dont le délit est mineur, une « justice à deux vitesses » scandaleux … si on peut appeler ça du nom pompeux de justice …

  7. Ceux qui crachent leur venin à l’heure actuelle ferait bien de balayer devant leurs portes. Tous les partis ont fait la même chose. Ou en est le procès melanchon ? Nulle part puisque protégé.
    Dans un pays démocratique, les banques françaises doivent jouer le jeu pour le RN comme elles le font pour les autres partis à l’aube des présidentielles. Mais c’est le contraire, on fait tout pour les empêcher.

  8. Joli coup de la part… du « système » !
    Il est absolument nécessaire que Mme Le Pen puisse faire campagne : elle et Mélenchon sont les épouvantails qui permettront l’élection d’Édouard Philippe. La candidature de Jordan bardella est risquée.
    Le nom seul de Le Pen est un repoussoir irréfragable pour une partie de l’électorat, c’est tout bénéfice.
    Car, c’est couru d’avance, Édouard Philippe sera le candidat vaseline du « système » !

  9. OH ! j’imagine la tête de Macron lorsqu’il va l’accueillir sur le tapis rouge à l’Elysée avec…… Brigitte ? Lui qui avait dit …. avec moi … jamais ! MDR !

  10. On pouvait compter sur les juges pour prononcer un jugement « équilibré » , c’est à dire une sorte de supplice chinois sémantique dont ils ont le secret , comme « grands prêtres » d’une religion dont ils sont les seuls a connaitre le Dieu , et qui détient le pouvoir suprême dans notre « démocratie » .
C’est curieux l’utilisation des assistants parlementaires des députés européens ne pose aucun problème aux juges dans les autres partis politiques , sauf le parti de Bayrou , qui a servi aux juges de prétexte, de leurre , pour satisfaire leur neutralité politique , mais la gauche et l’extrême gauche immunité totale .

  11. Ce n’est pas inscrit dans la constitution , mais les élections se jouent en trois tours. Le premier concerne les juges qui filtrent, au deuxième le peuple est consulté et au troisième ce sont les partis qui négocient sans se soucier des électeurs !

  12. Les chiens vont aboyer a tous les coins de rues nourris par la haine et la main cachee qui dirige mais la caravane passera car cette femme là nest pas nee de la derniete pluie. Courage Marine

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