Il est peut-être trop facile de voir dans la récente de Sophie « Mariam » Pétronin, humanitaire de 76 ans et dernière otage française dans , quelque chose comme une allégorie. Il n’empêche.

Deux cents djihadistes, qu’on nous présente comme des « petites mains » du terrorisme (le genre de petites mains qui posent des mines et tiennent des fusils), ont été élargis par Bamako afin d’obtenir la libération de l’homme malien Soumaïla Cissé. Madame Pétronin a été ajoutée au package, à un moment de la négociation qui reste à déterminer. Elle a donc rejoint son fils après quatre ans de captivité et a immédiatement tenu, devant les caméras, des propos qui ont incité notre bon maître lui-même, pourtant friand de selfies exotiques, à renoncer à une « prise de parole » (on disait, autrefois, « conférence de presse ») commune.

Pensez donc ! Sophie, enlevée en 2016 pour « prosélytisme chrétien », est devenue, en captivité, « Mariam » et s’est convertie à l’. En blanc, les traits ascétiques, elle se refuse désormais à traiter ses ravisseurs de terroristes et n’attend qu’une chose : retourner au . Des 45 enfants de France morts au Sahel depuis 2013, pas un mot dans la presse. De l’inconséquence de Sophie-Mariam, rien non plus.

En somme, un moment médiatique très actuel dont voici les clés (comme le chantait Gérard Lenormand) : mépris pour les soldats français, exécutants anonymes que peu de personnes viennent applaudir sur le pont Alexandre-III ; valorisation des conversions à l’islam, un moyen d’adoucir la captivité (comme l’a confirmé le fils de Mme Pétronin) ; relativisme paradoxalement érigé en dogme ; foirade totale du pouvoir exécutif, incapable de porter un discours cohérent.

Bref, Mariam est notre nouvelle Marianne : une femme française âgée, de souche, voilée pour avoir la paix, convertie parce qu’entourée de musulmans, acquise aux idées . Elle ressemble à notre et à celles-et-ceux qui la peuplent (de moins en moins, il est vrai). Elle est le futur buste en plâtre de « nos valeurs », comme disent nos ministres – ces valeurs d’une République que tous, élites et ennemis, confondent avec la France.

Si les n’ont pas eu de chance avec les profils d’otages, du moins ont-elles eu affaire, bien souvent, à des dossiers symboliques. Celui-ci n’échappe pas à la règle.

12 octobre 2020

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