Ce dimanche 12 novembre, à l’initiative de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) et du président du Sénat Gérard Larcher (LR), un rassemblement contre l’antisémitisme aura lieu dans les rues de Paris. Alors que cette cause devrait réunir tout le monde, certains sont réticents. C’est notamment le cas dans la communauté musulmane, comme expliqué et excusé par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Dans un communiqué relayé sur X, l’association « qui a vocation à représenter le culte musulman en France » a déclaré comprendre « la réticence des musulmans de France à défiler dimanche prochain ». La présence « de racistes anti-musulmans déclarés et assumés » est donnée comme justification.

Des actes anti-musulmans ? Bien peu

Le CFCM joue un double jeu. Tout en disant « lutter contre l’antisémitisme », il critique ouvertement la manifestation : « Cette marche qui a comme objectif exclusif de dénoncer l’antisémitisme sans un mot sur l’islamophobie n’est malheureusement pas de nature à rassembler. »

Faut-il rappeler au Conseil français du culte musulman que, depuis le 7 octobre dernier, plus de 1.100 actes antisémites ont été enregistrés en France, que des étoiles de David sont peintes sur les murs des immeubles occupés par des Juifs, que des tags antisémites ont été découverts aux quatre coins de la France et que les Juifs de notre pays décrochent les mezouzas (objet de culte juif apposé au chambranle de l'entrée d'une demeure) de leurs portes de peur d’être repérés et attaqués ? Faut-il, également, lui rappeler que pendant ce temps, très peu d’actes anti-musulmans ont été recensés ? C’est bien parce que les Juifs sont particulièrement ciblés en ce moment qu’une marche spécifique contre l’antisémitisme est organisée.

Il n’y avait aucune nécessité à ramener cette manifestation aux musulmans, si ce n’est pour « relativiser l’antisémitisme », comme l’explique Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue et chercheuse au CNRS, contactée par BV. Les actes antichrétiens sont très nombreux en France, pour autant, les chrétiens ne se sentent pas diminués ou ignorés parce que la marche de dimanche ne les inclut pas. Aucune communauté religieuse autre que les musulmans n’a pris ombrage de ne pas être associée à ce rassemblement. Ça en dit long !

Plus que de dénoncer un manque de considération pour les musulmans, Florence Bergeaud-Blackler comprend que le CFCM « appelle les musulmans à ne pas participer à la marche ». Elle précise : « Il n'appelle pas à l'apaisement, c’est de la rancune, de la concurrence victimaire. C’est une manœuvre. »

Une promotion du communautarisme

La manifestation, pas de nature à rassembler ? Ce discours cherche à justifier l’absence des musulmans à cette marche et, donc, à les extraire de la lutte contre l’antisémitisme. Il peut aussi avoir pour effet d'accroître le sentiment de rejet des musulmans. L’association voudrait monter les Français les uns contre les autres qu’elle ne s’y prendrait pas autrement ! « Le CFCM ne veut pas de l’unité nationale, il veut contrôler ses ouailles et la communauté musulmane », analyse Florence Bergeaud-Blackler. Elle ajoute : « L’islamophobie sert à rendre les musulmans vulnérables pour qu’ils cherchent à être protégés par la communauté. » Une façon de promouvoir le communautarisme.

En conclusion, l’association « laisse à ses concitoyens la libre appréciation de participer ou non à la marche du dimanche prochain ». L’art de mettre de l’huile sur le feu sans en avoir l’air.

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10 novembre 2023 à 11:58

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41 commentaires

  1. Il serait temps que les Français prennent connaissance des versets et autres sourates inadmissibles du coran sur les juifs , les chrétiens , les homos , les apostats , les athées et même les femmes . C’est un appel , non pas à la haine ,mais à la meurtre !

  2. Qu’attendre d’autre du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il serait plus que temps que le ministre de l’intérieur qui a aussi pour mission de surveiller les Cultes s’occupa de qui finance ce CFCM.

  3.  » La présence « de racistes anti-musulmans déclarés et assumés » est donnée comme justification. » Je ne savais pas que les musulmans constituaient une race, d’après les autorités musulmanes elles-mêmes. Je suis vieux, mais j’apprends encore.

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