Discours - Editoriaux - Union Européenne - 24 avril 2017

Macron président : les États-Unis aux anges… ou presque !

Douglas E. Schoen, ancien conseiller électoral de Bill Clinton et auteur d’un récent livre anti-Poutine (Putin’s Master Plan: To Destroy Europe, Divide NATO, and Restore Russian Power and Global Influence), a rédigé une note assez représentative de la majorité des commentaires américains, concluant que Marine Le Pen a frappé un mur (“Le Pen and the right wing hit a wall in French vote”, The Hill, 23 avril).

Principales constatations : Macron va être élu le 7 mai avec 64 % des voix ; Macron va non seulement maintenir la France dans l’Europe, mais resserrer les liens avec l’Union européenne ; Macron, « contrairement à Fillon et Le Pen, n’a pas de liens avec la Russie » ; Macron confirme le recul du populisme déjà enregistré aux Pays-Bas avec le récent échec de Geert Wilders, ce qui annonce une atténuation du trumpisme comme du Brexit ; Macron incarne clairement un vote anti-système, rassembleur de la droite à la gauche ; Macron devient le modèle universel du candidat, celui « du monde civilisé ». Et le Washington Times d’avaliser l’escamotage macronien, sous la plume d’Elena Berton : « Les Français rejettent l’establishment, et propulsent Macron et Le Pen au 2e tour. »

Le New York Times met le discours vidéo de Marine Le Pen à l’honneur (question de clics !). Puis se livre à une microanalyse géographique du vote, montrant que « Madame Le Pen gagne de larges parties du territoire, en particulier dans le Nord et le Sud-Est ». Avec ces commentaires : « Madame Le Pen domine le Nord et renforce son enracinement dans une région à chômage élevé… M. Hamon humilié à Lille, bastion socialiste… M. Fillon a eu du mal à battre Mme Le Pen dans sa propre région… M. Macron a gagné gros dans la région de Bordeaux qu’il est censé balayer au second tour… Par rapport à 2012, Mme Le Pen a bondi à Nice, place forte historique des partis de droite. »

Bref, des résultats qualifiés de « remarquables » mais « alarmants ». Le NYT titre ainsi : « Les partis français s’unissent contre Le Pen : c’est terriblement sérieux. » Le journaliste Adam Nossiter précise : « Marine Le Pen a sorti le parti des ténèbres du marginalisme où il était cantonné depuis quarante ans… » Nossiter se félicite ensuite de la salve universelle de soutiens apportés à M. Macron (“The rapid-fire endorsements of Mr. Macron, coming from across the political spectrum”) dans les minutes qui suivirent les premières estimations.

CNN a fait le rapprochement des votes américain et français. Dans les minutes suivant les résultats, le journaliste Stephen Collinson insistait sur l’énorme impact de l’élection française dont l’enjeu était la destruction ou non de l’Europe. Son collègue Jim Bittermann rappelant que, comme aux États-Unis, les partis n’ont pas prêté attention aux problèmes causés par la mondialisation. Collinson concluant que « l’élection française reflète les combats internes de la Maison-Blanche, où s’affrontent les thèmes mondialistes et nationalistes », et lançant un avertissement : « Cette élection sera probablement gagnée par Macron, du fait de la perception extrémiste de Le Pen, mais souvenons-nous des surprises Trump et du Brexit. »

Brendan Kirby, du site conservateur LifeZette, va droit au but : « Macron : une vision sans substance… Un discours de 14 minutes entièrement construit de platitudes. » Si les Américains le disent…

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