On n'en finirait pas, de faire l'interminable liste des sorties de route de Mélenchon. Depuis « La République, c’est moi », on ne compte plus – c’est préférable - les sorties discutables, voire loufoques ou carrément sidérantes, du leader charismatique de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon était un personnage, il est devenu sa propre caricature. Son look est passé du ringard au théâtral. Son verbe, du hargneux au tempétueux. Son programme, du plutôt à gauche au complètement irrationnel. Son public, de l’ouvrier à l’immigré, puis à une convergence des luttes - complètement idiote - entre le pire du wokisme et le pire de l’islamisme. Jean-Luc Mélenchon n’est plus président de rien, mais personne, à La France insoumise, n’a assez de coffre ni de souffle pour le remplacer. Alors, comme un vieil ouvrier dont les enfants sont des incapables, il retourne au turbin. Mais, forcément, l’âge avance, inexorable. La main se fait lourde.

Mardi 12 septembre, rendant hommage à Salvador Allende, renversé par Pinochet en 1973, Mélenchon a tenté une nouvelle outrance. « C’est sur la base du coup d’État [de Pinochet] que les Chicago Boys ont pu commencer leurs expériences sur le dos du peuple chilien. » Les Chicago Boys, ce sont les ultra-libéraux de l’école de Milton Friedman, grands ancêtres des néo-conservateurs. Pas du tout la tasse de thé d’un Occidental qui se respecte, tant nous est étranger ce mélange américain de cupidité et de cynisme, mais ce n’est pas pire - pas pire du tout - que le régime communiste qu’Allende mettait en place. Jean-Luc Mélenchon va plus loin : « [La lutte] contre cette politique, nous la continuons ici même contre ceux qui la prolongent ; qu’ils s’appellent Macron, qu’ils s’appellent Borne, qu’ils s’appellent comme ils veulent, ils ont pour nous le même visage bestial, commencé à Santiago du Chili. » Ah oui, tout de même...

En relisant le verbatim, l’Insoumis en chef ne compare pas Macron ou Borne à Pinochet, mais plutôt aux « Chicago Boys » et à leur capitalisme décomplexé. D’accord. Mais évidemment, en bon rhéteur, il ne peut pas ne pas avoir pensé à l’amalgame facile, au « buzz » qu’il allait provoquer. Pas parmi son électorat, qui ne connaît pas les Chicago Boys et pour qui, d’ailleurs, Chicago est davantage l’une des capitales de la « drill » (ce rap dont nous parlions, il n’y a pas si longtemps) qu’une ville à proprement parler. Ce que vise Mélenchon, ce sont les « élites », qui auront cette référence, cette « ref » disent les jeunes. C’est une forme de déclaration de guerre. C’est plutôt, si l’on est un peu honnête, une carte postale pour qu’on ne l’oublie pas.

Mélenchon, ce jour-là, portait le même costume que feu Ernesto « Che » Guevara. Il ne lui manquait que le cigare, la barbe et l’antisémitisme – quoique, pour les deux derniers points, généralement, ses électeurs se portent caution à sa place. C’était ridicule. Comme le chanteur d’Aznavour, son costume de communiste, « y a trente ans [qu’il] le porte ». Et plus ça va, plus il est dans le décor. Jean-Marie Le Pen disait un jour, hilare : « Il y a trop longtemps que je dérape. Je suis hors piste. » On pourrait dire la même chose de Mélenchon, quoique pas sur la même piste, naturellement. Dernier avatar du petit dictateur tonnant, il est ringard depuis longtemps, sauf dans les yeux des intellos. Les autres, woke évadés d’un asile et barbus mortifères, attendent leur heure - qui viendra, n’en doutons plus…

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14 septembre 2023 à 19:10

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19 commentaires

  1. Quand on voit les intentions de vote pour 2017 en faveur de mélanchon, j’espère que ceux qui se plaignent du nazisme reflechiront avant de voter

  2. A trop parler de lui, on lui fait de la pub à moindre coût. Il mérite d’être déchu de sa nationalité française.
    Victorine31

  3. … « le visage bestiale… »
    Du Mélenchon sans bride.
    Je pense que Mélenchon n’a pas de miroir chez lui,car s’il n’en avait qu’un, il y verrait « le visage bestiale », dont il affuble ses ennemis.
    Mélenchon, à force de jouer « la bête de scène », est devenue « bestiale ».
    Son verbe est au mieux vulgaire, au pire haineux.

  4. Je n’ai pas plus de sympathie pour Allende que pour Pinochet mais l’honnêteté commande de reconnaître qu’ Allende, qui n’était pas communiste mais social-démocrate, n’a pas commis de nombreux crimes comme l’a fait le très libéral Pinochet avec la bénédiction du « pays de la Liberté » qui avait mis à sa disposition les Chicago Boys et la CIA. Le régime de l’ère Pinochet illustre le fait que les régimes libéraux peuvent devenir tyranniques et même criminels. Ceci nous ramène à nos révolutionnaires de 1789/1793 qui étaient libéraux (des libéraux de la variété jacobine selon Gaspard Koenig) mais qui ont commencé à exécuter des adversaires présumés, sans jugement, dès juillet 1789. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » disait Saint-Just, Pinochet ne disait pas autre chose. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté des multinationales américaines qui opéraient au Chili, telle était le credo de Pinochet. En France, nous n’en sommes pas là mais le régime du libéral Macron est de plus en plus tyrannique et nos gouvernants pensent de plus en plus nettement, comme Cohn-Bendit et Minc, que le peuple n’a pas toujours raison et qu’on peut se passer de son avis.

    1. Hola hola ! 1°) Allende avait importé une masse de « conseillers » cubains et nicaraguayens qui ont pratiqué un grand nettoyage des opposants à un régime qui devenait clairement une dictature communiste. 2°) Les conseils des Chicago Boys ont permis au Chili une croissance à deux chiffres pendant plus d’une décennie, et mis en place un système de retraite dont nous pourrions nous inspirer. 3°) Moi je ne connais pas de dictateur qui comme Pinochet, quitte gentiment le pouvoir sur un referendum perdu…

  5. Ca crève les yeux, pourtant : la gauche, solidaire et collectiviste par opposition à la droite libertaire et individualiste, poussée à l’extrême, doit imposer ses lois. Cela a produit le fascisme (B. Mussolini était de gauche, proche des communistes), et son frère jumeau le communisme, pire régime actuel de la planète. – – – – – – – Vous voyez une différence entre fascisme et communisme, vous ? Moi pas, les deux oppriment le peuple au nom du peuple.

    1. « Fascisme et communisme ne sont pas deux opposés, ce sont deux gangs rivaux qui se disputent le même territoire. Tous les deux sont des variantes de l’étatisme, fondés sur le principe collectiviste que l’homme n’a pas de droits et est l’esclave de l’État» Ayn Rand.

  6. Cet homme là abime notre société, avec méthode, patiemment. Il serait prêt à se vendre au diable pour gagner quelques voix, il me répugne.

    1. Il fût un temps où il eût de très bonnes idées. Mais hélas je m’aperçois que ce n’étaient que des bonnes idées. La droite pourra lui ériger une stèle en remerciements et les Français pourront continuer à se plaindre puisqu’ils seront cocufiés et moi le premier par la droite. C’est une habitude,au début ça fait mal.

      1. Les idées, il a peut-être toujours les mêmes, mais il faut trouver des électeurs et ensuite les caresser dans le sens du poil.

  7. parti comme il l’est, il ne finira pas dans un EPADH ce gars ! … La sénilité politique est en fait bien pire que de devenir « vieux » en ce qui concerne ce coucou politicard qui aura jamais été capable d’être efficient pour le peuple français quel que soit l’idéologie qu’il daigné « défendre » ! …

    Il est l’incarnation vivante de la chanson de DUTRONC :
    Je suis pour le communisme
    Je suis pour le socialisme
    Et pour le capitalisme
    Parce que je suis opportuniste
    Il y en a qui contestent
    Qui revendiquent et qui protestent
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté
    Je n’ai pas peur des profiteurs
    Ni même des agitateurs
    J’fais confiance aux électeurs
    Et j’en profite pour faire mon beurre

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