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Editoriaux - Politique - 6 avril 2020

L’État face au virus : le mensonge compense ses faiblesses !

Le Covid-19 est l’examinateur d’un concours : en posant une question vitale, il permet d’établir entre les États un classement. Il y a ceux dont la stratégie est efficace par le faible nombre de décès et par la courbe de la propagation vite inversée. Comme dans tout examen, il y a l’intelligence du candidat, ses connaissances, son potentiel et son honnêteté intellectuelle. Il y a des tricheurs. Il y a des cerveaux peu aptes à se concentrer. Il y a ceux qui ont déjà passé l’épreuve ou d’autres analogues.

Les pays asiatiques, qui ont connu des épidémies, en ont tiré une expérience salutaire qui sous-tend la logique de leur riposte : isoler par le masque plus que par le confinement qui ruine l’économie, dépister par des tests massifs, circonscrire les voies de la propagation et traiter les malades. Cette stratégie suppose une grande discipline de la population et des moyens humains et matériels importants.

Dans cette crise, la France est un cancre car elle cumule les défauts et perd ses atouts. Jacques Lesourne avait dit que la France était une URSS qui aurait réussi : un État tout-puissant, dirigiste sur le plan économique et avec les résultats des Trente Glorieuses. La part de la dépense publique n’a cessé de croître depuis, et les performances de s’étioler jusqu’à s’inverser. L’État demeure interventionniste, mais il est devenu velléitaire, incohérent et impuissant. Et il compense ses faiblesses par le mensonge !

L’État se voulait protecteur, avait inscrit le principe de précaution dans sa Constitution et, face au risque épidémique, il n’en a pris aucune : pas de tests, pas de masques, insuffisamment de respirateurs.

L’État se voulait transparent et chasseur de « fake news » ! Il a menti de manière criminelle en affirmant que le Covid-19 n’atteindrait pas la France, que ce ne serait qu’une grippette qui n’empêche pas de sortir ni de voter, que les masques étaient inutiles.

L’État se voulait un État de droit et, faute d’avoir reconstitué son stock de masques, il a été obligé d’exiger le confinement d’une énorme partie de la population. L’atteinte à la liberté de circuler et la méthode autoritaire dont use le préfet Lallement, qui ose juger les victimes coupables d’incivisme, ne sont pas dignes d’un État de droit, d’autant plus que les contraintes et les sanctions vont toucher les citoyens ordinaires mais vont exclure les quartiers sensibles qui, faute de moyens, ne sont pas une priorité, comme dit M. Nuñez. Le sommet du grotesque sera atteint lorsque, les masques enfin disponibles, la police verbalisera les gens qui n’en porteront pas avec plus d’intransigeance qu’elle n’en met pour les porteuses de voile intégral.

L’État se voulait stratège : à l’été 2018, l’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, qui pouvait fabriquer jusqu’à 200 millions de masques par an, quatre millions par semaine en cas de crise, les fameux masques FFP2 indispensables au personnel médical, a fermé ses portes après avoir été rachetée, en 2010, par le groupe américain Honeywell. Dès 2011, les plans de licenciement s’enchaînent. La production est, aujourd’hui, délocalisée en Tunisie. Et tout ceci malgré les engagements de l’État inscrits dans un protocole signé en 2005.

L’État se voulait cartésien, grâce à nos génies, tombés de l’ENA comme du ciel, capables d’insuffler de l’ordre et de la cohérence à l’ensemble. En Allemagne, il n’y a pas d’autorité de santé globale qui réserve les tests à certains laboratoires. La France n’a autorisé que le 7 mars les laboratoires privés à réaliser les tests. Le diagnostic est réalisé grâce à un « automate ». Sur les 900 machines du laboratoire Roche actuellement en service dans le monde, seules 12 fonctionnent en France, contre une centaine en Allemagne. Tester, isoler, soigner et non confiner tout le monde. Descartes serait-il allemand ?

L’État se voulait exemplaire. La mauvaise foi répandue contre le professeur Raoult révèle, au contraire, un État partisan, pétri d’idéologie. L’État, par décret, a « inventé » la dangerosité d’une molécule utilisée depuis 70 ans. Par décret, toujours, il a réservé son usage aux hôpitaux et pour les cas les plus avancés pour mieux en dénoncer l’inefficacité, alors que le protocole utilisé à Marseille dit exactement le contraire. Plusieurs membres du Conseil scientifique qui font barrage à la thérapeutique « Raoult » sont suspectés de liens rémunérés avec des laboratoires, qui proposeront des produits plus coûteux !

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