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Coronavirus - Editoriaux - 6 avril 2020

Préparer l’après-pandémie : pourquoi ne pas s’inspirer de l’industrie ?

Il ne faut surtout pas attendre que cette pandémie soit terminée pour se mettre à réfléchir sur ce qu’il sera indispensable de faire par la suite. Pour tout ce qui peut arriver, tant dans le domaine de la santé que, par exemple, dans celui de la défense. Parce que, suite à cette catastrophe, on peut en avoir une autre semblable ou complètement différente mais peut-être encore plus violente, ou pas.

Dans mon métier, l’automatisme industriel, nous conseillons systématiquement à nos clients de changer régulièrement leurs systèmes de pilotage, même s’ils fonctionnent encore. Non pas pour se faire de l’argent facilement, mais pour leur faire part de notre expérience dans ce domaine. Nous savons bien que si une dépense de 100 euros est nécessaire, appelée OPEX dans le jargon industriel (de l’anglais OPerational EXpenditure, ou dépenses d’exploitation), et considérée comme lourde, elle l’est souvent 100 fois, voir 1.000 fois moins qu’un arrêt de production à cause d’une panne de ce système.

Tout ça pour dire que, dans le domaine industriel, on prévoit, on budgétise, on anticipe, on fait en sorte de ne pas se trouver face à un arrêt de production dramatique pour l’entreprise.

Le parallèle, je le fais donc avec toutes les formes de catastrophes qu’un État peut avoir à affronter. Il faut donc s’y préparer. Comment ? Je reviens quelques instants sur ma comparaison avec l’industrie : avant de construire une grosse machine coûteuse, on est souvent amené à faire ce qu’on appelle une AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité ), dont voici la définition précise : l’AMDEC est une méthode d’analyse prévisionnelle de la fiabilité qui permet de recenser les modes de défaillances potentielles dont les conséquences affectent le bon fonctionnement du moyen de production, de l’équipement ou du processus étudié. Vous me suivez toujours ? En bref, on recense tous les dysfonctionnements possibles dans un processus.

Pourquoi ne pas en faire de même avec tout ce qui peut arriver de pire à notre nation ? Bien sûr, la loi de Murphy voudrait que tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal, mais par similitude avec des cas précédemment étudiés, on doit pouvoir éviter de se retrouver dans des cas de figure comme aujourd’hui : pas de masques, pas de tests, pas de respirateurs, etc.
Il fallait peut-être graver dans le marbre des choses simples, comme le maintien obligatoire d’un stock de masques.

Il faudrait en même temps imaginer les scénarios possibles pour venir en aide aux TPE, PME et commerçants pour leur permettre de passer un cap difficile. Gouverner, c’est prévoir ! On ne saurait trop le dire. Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’un stock de masques coûte cher à l’État parce que, in fine, nous allons payer très cher cette pseudo-économie budgétaire.

Santé et sécurité doivent être prioritaires dans ces études de fragilités parce qu’à l’heure de l’intelligence artificielle, se retrouver avec des hôpitaux bondés et sans moyens, c’est gravissime.

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