« Région Bourgogne Franche-Comté : la gauche finance le communautarisme ! ». C'est par ce message posté sur ses réseaux sociaux le 29 septembre dernier, que Julien Odoul, président du groupe Rassemblement national au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, lance l'alerte. « Les élus RN ont demandé le retrait de deux subventions versées à un magasin communautaire de Belfort avec boucherie halal et à une entreprise de vente de vêtements féminins d’orient abayas et voiles », s'alarme le député de l'Yonne.

Des subventions douteuses 

Sur le site de la région, pas encore de trace. Le procès-verbal n'est pas encore disponible, et la collectivité, contactée par BV ce 2 octobre, n'a pour l'heure pas donné suite à nos sollicitations. Ce qui s'est passé le 29 septembre est pourtant loin d'être anodin. Deux subventions ont été votées par la majorité pour aider des commerces dont l'activité laisse perplexe. « La première subvention s'élève à 3.000 euros, explique Julien Odoul. Elle sera allouée à un commerce dont l'activité est présentée comme "vente de vêtements féminins d’Orient sur les marchés". Une aide qui intervient dans le cadre de la Prime à la Création Reprise dans les Territoires Fragilisés (PCRTF) en Bourgogne Franche-Comté ».

Sur Instagram, la page de cette boutique, tenue par Neslihan Sutyemez, ne laisse guère de doute quant à ses intentions. Les publicités de voiles et d'abayas se suivent, vendus à des prix dérisoires. « Je suis intervenu pour dénoncer cette subvention qui est totalement illégale, et choquante compte tenu des versements d’argent public pour financer une religion », explique Julien Odoul. Selon l'élu RN, le vice président socialiste a répondu que le port de l'abaya est peut-être interdit à l’école mais qu'il ne l'est pas dans l’espace public. « C'est vrai, admet Julien Odoul. Mais ce qui interpelle davantage, c'est la suite de sa réponse : "Nous, on finance des porteurs de projet, mais on ne regarde pas leur activité." La réflexion est des plus choquantes. L'argent public ne devrait en aucun cas servir à financer des tenues islamiques. La collectivité devrait rester neutre ».

Au cours de la même séance, un vote s'est tenu pour financer un commerce nommé Bledi Market, situé à Belfort. Comme dans le cas de la première boutique, Bledi Market ne cache pas sa dimension communautaire. La première publication sur la page Facebook de l'épicerie est une publicité de promotion pour le Ramadan. « Ramadan moubarak ! », concluent les auteurs du post. Là encore, la région subventionne et alloue un montant d'envergure : 35.000 € d'avance remboursable pour Bledi Market, relève Julien Odoul.

Un autre visage ?

Pour le député RN, « un pas a été franchi. Par le passé, nous avions réussi à faire annuler des subventions suspectes lorsqu'il y avait un doute sur le porteur de projet, un risque de fraude ou encore de communautarisme. Cette fois, ça n'a pas été le cas. L’Exécutif assume totalement le fait de financer des abayas ». Une nouveauté qui montre le dévoiement de l’argent public et l’effondrement moral de cette gauche très longtemps attachée à la laïcité, observe l'élu RN. « Aujourd'hui, elle finance délibérément le communautarisme et par ricochet le clientélisme ». Le député ne compte pas en rester là, et entend bien porter cette affaire devant le préfet.

Derrière sa vitrine bien française, articulée autour de l'amour du patrimoine local et de ses églises, la région Bourgogne Franche-Comté cache-t-elle un autre visage ?

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02 octobre 2023 à 18:35

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32 commentaires

  1. Les impôts et taxes ont pour seul objet de financer le fonctionnement et les besoins de l’Etat et des Collectivités locales. Toute autre utilisation de ces fonds est un détournement de fonds publics. Le Conseil d’Etat est d’habitude très pointilleux. Qu’attend-t-il pour se saisir de ce scandaleux détournement de fonds publics et condamner très sévèrement ses auteurs ?

  2. Nos impôts n’ont pas à financer quelque association que ce soit. De deux choses l’une : soit une association a un but louable, et alors elle a normalement de nombreux adeptes capables de la faire vivre. Ou alors si elle n’a pas d’adeptes la faisant vivre, c’est que cette association a un objet bidon, et elle doit donc disparaître.

  3. J’ose espérer qu’un jour, la droite – la vraie, l’authentique – reprendra le pouvoir dans ce pays, et qu’elle ira chercher par les oreilles ou par la peau du … tous ceux qui l’auront corrompue, humiliée et dégradée depuis 40 ans pour leur faire payer sans aucune faiblesse le capital et les intérêts de leur forfaiture.

  4. Pipo56 oublie de dire que tout ce qui est vendu dans ces boutiques ne profite nullement à l’industrie française, tout provient de Chine, Inde, Pakistan, Turquie et j’en passe……et pour ce qui est des impôts, comptez sur la compta bien officielle de ces commerces !.

  5. « Nous, on finance des porteurs de projet, mais on ne regarde pas leur activité. » Donc rien ne les empêche de financer des constructeurs de bombes. En toute innocence et vertu.

  6. Les collectivités (dont l’État) ne doivent-elles pas subventionner au premier chef ce qui sert l’intérêt général?

  7. BRAVO à Monsieur le Député ODOUL, dont l’initiative permettra d’apporter de la rationalité dans l’attribution des subventions aux ‘créateurs d’entreprises’

  8. J’ai toujours regretté la création de la nouvelle région Bourgogne Franche Comté; Je confirme.

  9. Je souhaite créer une boutique de vente de bérets, de saucissons, de pinard, de Magvin et de gentiane…Aurais-je droit à une subvention ?

  10. Quitte à cliver, je préfère que l’on subventionne des commerces de proximité, plutôt que de financer (comme le fait Hidalgo ou l’état allemand) les ONG qui nous ramènent tous ces jeunes africains déracinés. Une fois qu’ils sont là depuis plusieurs années, il faut bien qu’ils puissent se nourrir et s’habiller. Sinon, ils iraient acheter sur Internet par correspondance ce qu’ils veulent à l’étranger. Plutôt faire travailler un commerçant français ayant pignon sur rue et payant ses impôts en France.

  11. A Château-Chinon, patrie de feu Mitterrand, le salafisme prospère et la burka s’affiche ne pleine rue. La viande hallal a son rayon dans les deux supermarchés de la ville mitterrandienne. Comme quoi avant, après et pendant, la gauche fait des ravages.

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