Editoriaux - Politique - 9 novembre 2019

Les propos peu diplomatiques d’Emmanuel Macron sur l’OTAN

On croyait Macron fervent européiste ; c’était, d’ailleurs, pour cela que les Français l’avaient élu, face à une Marine Le Pen plus équivoque à ce sujet. On le croyait aussi attaché à l’OTAN.

En deux déclarations, il vient d’en dire plus contre les deux institutions que Poutine en 20 ans… qui a salué ces déclarations comme des « paroles en or » : jamais le maître du Kremlin n’aurait pensé trouver un allié aussi zélé en la personne du Président français… Les critères de Maastricht ? « Un débat d’un autre siècle », dit il. Il est vrai que la France ne les respecte pas plus avec lui qu’avec les autres, malgré sa promesse de redresser les comptes publics. Alors, comme il n’y arrive pas, il faut donc changer les règles de l’Europe, annonce-t-il à ses partenaires qui, eux, sont presque tous dans les clous…

L’OTAN serait « en état de mort cérébrale », a également déclaré Emmanuel Macron, se faisant aussitôt taper sur les doigts par Angela Merkel, qui lui a recommandé de garder pour lui ses états d’âme. En parlant ainsi, Macron s’abaisse au rang de commentateur, un commentateur désabusé qui sent qu’il ne comprend plus rien aux évolutions du monde.

Macron, c’est un peu l’enfant qui croit que tout lui sera facile, qui commence par faire la morale aux autres ou alors cherche à les épater, et qui s’énerve quand il voit que ça ne marche pas comme il le voudrait. Un enfant qui semble perdu dans ce monde compliqué, ingrat, où plus rien ne lui réussit… Dépassé par les événements – gilets jaunes, comptes publics, situation en Syrie, insécurité, retraites, relations avec les États-Unis -, il ne cache même plus son désarroi, que ses formules à l’emporte-pièce trahissent au vu de tous.

La faillite de ce quinquennat est désormais en marche, et le Président ne rassure plus personne, ni ses partenaires, ni les Français.

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