Editoriaux - International - 9 janvier 2019

Les outrances féministes au cœur du combat de la nouvelle Espagne

Ni la question de l’immigration massive, ni celle de la précarité économique qui frappe les classes populaires, même pas la poursuite du coup d’État sécessionniste en Catalogne : rien de cela n’est au cœur du tremblement de terre qui secoue la vie politique en Espagne depuis que VOX, le parti de la droite identitaire, y est entré en force.

Toutes ces questions sont évidemment présentes. Le sécessionnisme catalan a même été le facteur clé qui, ayant réveillé un peuple espagnol jusque-là endormi, a mis le feu aux poudres. Mais rien de cela ne constitue la question qui occupe aujourd’hui le devant de la scène, celle dont tout le monde parle et dont dépend même, soit la tenue de nouvelles élections en Andalousie, soit la mise à l’écart définitive du Parti socialiste qui a mis main basse sur la région pendant presque quarante ans.

La question aujourd’hui au cœur du débat est celle des outrances d’un féminisme qui a remplacé la lutte des classes par la lutte des sexes. L’importance d’une telle question découle de l’opposition frontale de VOX à la loi dite « contre la violence du genre » (en fait, contre l’ensemble de la population mâle), une loi que les deux grands partis de la droite libérale s’apprêtent à entériner dans sa version andalouse lors du nouveau gouvernement qu’ils sont censés constituer avec le soutien des douze députés de VOX. Lesquels préfèrent, évidemment, aller à de nouvelles élections plutôt que de donner un blanc-seing à des partis qui, jusqu’à présent, n’ont même pas daigné s’asseoir avec eux autour d’une table de négociations afin de limiter, tout au moins, les dégâts d’une telle loi.

C’est surtout le parti Ciudadanos le plus belligérant à cet égard. Il semble avoir accepté les injonctions faites par un certain Manuel Valls, candidat malheureux de Ciudadanos à la mairie de Barcelone (il est en quatrième position dans les sondages et risque même de se faire devancer par VOX), lequel Valls a en horreur « l’extrême droite populiste » et prône la constitution d’un véritable cordon sanitaire (ça s’appelle, en France, « le pacte républicain ») pour arrêter le déferlement de VOX.

Peine perdue, car la montée du jeune parti identitaire semble imparable (les derniers sondages le créditent déjà de presque une cinquantaine de sièges au Parlement de Madrid). Cette montée sera d’ailleurs d’autant plus assurée que VOX continuera à incarner le souffle nouveau qui est le sien, celui d’un parti en rupture de bord avec l’esprit de la partitocratie dominante ; un parti qui n’est pas là pour profiter des avantages du pouvoir mais pour mettre en œuvre une politique de principes, et principes très fermes et très clairs.

Celui qui l’emporte aujourd’hui, c’est le combat contre l’ultra-féminisme que le Parti socialiste et les gauchistes de Podemos, avec les complaisances de la droite libérale, ont mis en œuvre sous la forme de la législation la plus aberrante qui soit. Il suffit, en effet, qu’une femme déclare avoir été victime de violences physiques (voire « psychologiques »…) de la part d’un homme pour que celui-ci soit arrêté sur le champ. Même sans preuves. Parole de femme, parole d’évangile, prétend cette loi qui fait porter la charge de la preuve non pas à l’accusatrice mais à l’accusé. Celui-ci mis au cachot, il sera certes présenté au juge le lendemain (ou deux jours plus tard, si la dénonciation a été faite, par exemple… un vendredi), lequel juge le laissera probablement en liberté… provisoire, à charge pour lui de démontrer plus tard son innocence. Le blâme, en tout cas, sera déjà tombé sur lui.

Entre-temps, c’est dans les poches de tout un essaim d’innombrables associations gaucho-féministes que des millions d’euros d’aides alloués par l’État (43 millions rien que pour l’Andalousie, en 2018) seront tombés.

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