Le progressisme progresse chaque jour un peu plus dans le monde, cependant que la vérité, on le sait, nous vient d’outre-Atlantique : ainsi, on vient d’apprendre que les fameux ™ vont adopter, en 2024, de nouvelles règles d’inclusion pour les candidats à la catégorie Meilleur film. Leurs productions, dans cette catégorie reine, devront remplir de nouveaux critères de diversité : au moins un des acteurs principaux ou des acteurs secondaires importants devra être issu d’un groupe ethnique sous-représenté, et 30 % du casting d’au moins deux des groupes sous-représentés suivants : femmes, groupe ethnique, LGBTQ, personnes souffrant de handicaps cognitifs ou physiques, ou sourdes ou malentendantes. L’histoire, le thème ou le récit principal du film devront être centrés sur un ou plusieurs de ces groupes sous-représentés.

Ces nouvelles mesures vont apporter au cinéma américain, on le voit, un réalisme des plus réels et l’on imagine que, dans leur souci d’égalité et d’inclusion antidiscriminatoire, les concepteurs de ces règles ont compté le nombre exact, à quelques centaines près, des individus de ces différents groupes pour en déduire mathématiquement les proportions qu’ils ont arrêtées, s’agissant d’une soirée qui se veut le sommet mathématique de toutes les vanités humaines et de l’art du hochet. Et nous devons saluer le mal qu’ils se sont donné pour parvenir à ce reflet d’un monde transpirant l’idéal de justice et d’égalité par tous ses pores, et où les grands seront bientôt tous raccourcis, les petits allongés, les beaux enlaidis, les laids embellis, les idiots décrétés intelligents, les intelligents rendus idiots, les hommes féminisés et les femmes masculinisées.

Mais un progrès en entraînant un autre, un bienfait n’arrivant jamais seul, et la France étant aujourd’hui un épiphénomène culturel, économique et sociétal des États-Unis, il est probable que ces critères vont prochainement apparaître dans notre pays, où déjà on voit se multiplier les films, les séries télé et les spectacles évoquant, par exemple, les femmes qui jouent au football et qui crient à la discrimination pour n’être pas payées comme M’Bappé (seulement 30.000 euros par mois au lieu de plusieurs centaines de milliers) ; des productions où les commissaires de police ariégeois sont noirs, les amoureux du Havre homos et où, bientôt, les peintres du dimanche seront afghans, les joueurs de pétanque gabonais, les aveugles rois et les sourds-muets chanteurs de charme.

Et comme, de par un altruisme qui déborde, je ne manque jamais une occasion de rendre service à mes collègues, je leur propose quelques idées de spectacles que l’on pourrait voir couronnés à la cérémonie des César ou des Molière : une biographie dramatisée de Mme Obono, une adaptation des Trois Mousquetaires pour des acteurs manchots ou une relecture du roman d’Hector Malot, Sans famille, inspiré des aventures de la famille Traoré.

Et comme mon rêve le plus cher est d’être sélectionné pour la soirée des Molière, je vais d’ores et déjà me lancer dans l’écriture d’une pièce représentant le voyage sur un canot pneumatique, depuis l’Afrique, de deux immigrées, femmes blanches et lesbiennes se revendiquant hommes noirs, et qui se rendent en France pour étudier de l’intérieur le racisme et le sexisme, et fonder un nouveau rapport intersectionnel à la société.

À moins que je n’opte pour un sujet plus héroïque encore, un conte de fées moderne : l’histoire d’une femme noire, lesbienne ou trans, et qui devient (consécration suprême) présidente de la République, succédant à François Hollande et . Tous nos médias en pleureraient de bonheur.

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