Les huées ont payé : Canal+ se retire du festival du Court de Clermont-Ferrand

« Clermont-Ferrand perd un relais puissant pour les films et les réalisateurs qu’il défend », dit le maire.
©Baptiste Chanat
©Baptiste Chanat

C’est un nouveau succès de la comédie antifasciste : le groupe Canal+, qui finançait le Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand depuis 38 ans, se retire. Les abrutis qui, lors de la 48e édition, en janvier dernier, ont sifflé le logo de l’entreprise à chaque projection doivent être satisfaits : « Adieu Bolloré, le fascisme ne passera pas ! » Leurs films non plus.

C’est, là encore, une histoire bien française. Celle de gens si habitués à vivre d’une finance publique qui ne demande jamais de comptes qu’ils croient pouvoir se comporter de la même manière avec le privé, quand il les nourrit. C’est l’histoire du cinéma français, ce milieu où l’on se targue d’être « une exception culturelle » si unique au monde qu’on peut y cracher à loisir sur la main qui le finance.

Bravo, Monsieur le maire !

En mai, 600 « professionnels » du cinéma ont pétitionné contre l’emprise de Canal+ sur l’écosystème du cinéma français, mettant en scène « la meilleure comédie française depuis longtemps », comme l’écrivait ici notre ami Samuel Martin. À côté d’une minorité d’acteurs connus, des quantités d’obscurs avaient enfin trouvé l’occasion d’afficher leur nom. Bien sûr, les médias s’enthousiasmèrent pour ce grand moment de « lutte contre l’extrême droite », mais la sanction finit néanmoins par tomber.

« Fin de la récré », écrivait Nicolas Gauthier, et c’est Maxime Saada, le patron de Canal, qui tenait le sifflet : « J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+ et dans toute la diversité de ses choix. En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. »

Il faut croire que Maxime Saada n’a pas, non plus, apprécié les huées et les sifflets qui, à chaque projection du Festival de Clermont-Ferrand, entre le 30 janvier et le 7 février 2026, ont salué le logo de Canal+. Si beaucoup feignent d’être surpris, ce n’est pas le cas de Julien Bony, le maire LR de Clermont : « La culture a besoin de liberté. Elle a également besoin de partenaires, de mécènes, d’entreprises et de diffuseurs qui acceptent d’investir durablement dans les projets culturels », écrit-il. Alors, « lorsque ces acteurs sont régulièrement pris à partie pour des motifs idéologiques ou politiques, lorsque l’engagement culturel devient le prétexte à des combats qui lui sont étrangers, il ne faut pas s’étonner que certains choisissent de se retirer. »

Et maintenant ? On sort les mouchoirs…

On se pose alors la question : que sera le Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, sans ce mécène nommé Canal+ qui le finance depuis près de 40 ans ? Car sa participation, qui ne se limite pas à l’apport de fonds, est loin d’être anodine. En effet, comme le relève Entrevue, « la chaîne pouvait acheter, diffuser, mettre en avant ou récompenser des films repérés dans ce circuit ». Ce qui représentait pour de nombreux cinéastes « une vraie porte d’entrée vers le reste de l’industrie ».

Ce type de partenariat avait même été renforcé à partir de 2024 où le groupe, en plus de son financement, décidait de remettre « une carte blanche de courts-métrages sélectionnés et préachetés par la chaîne » et d’attribuer « trois Prix Canal+ : sous forme d’une acquisition Canal+/Ciné+ et d’un préachat sur un futur projet dans la compétition nationale et labo, ainsi qu’un Prix jeunesse ».

Éric Roux, le président du festival, ne veut pas commenter. Il dit seulement à nos confrères de La Montagne qu’il avait « de très bonnes relations » avec « Vincent et Brigitte » (dont il ne donne pas les noms), ses interlocuteurs de Canal+. Mais il y avait aussi Vincent (Bolloré) et Maxime (Saada), et ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse, alors… comme le dit fort justement monsieur le maire, « en perdant Canal+, Clermont-Ferrand perd un relais puissant pour les films et les réalisateurs qu’il défend ».

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

70 commentaires

  1. Les « saltimbanques » woke-bobo-gaucho s’autodétruisent !
    Avec leurs amis hollywoodiens, ils ont tué le cinéma, ils vont disparaître avec lui !
    C’est délicieux !

  2. Qui crache contre le vent reçoit son crachat en plein visage, c’est la morale de cette histoire

  3. Bravo canal ! Il faut à ces protagonistes un peu plus de réalisme et ça passe par des positions claires de leur financiers !

  4. Ces bas du front on scié la branche sur laquelle ils étaient perchés. Dans peu de temps ils sortiront leurs mouchoirs, faute de propositions monnayées.

    Boloré a certainement beaucoup plus d’intérêts à investir dans le développement de l’IA et des moyens de communication que dans ces rigolos à courte vue, aux raisonnements d’enfant trop gâtés.

  5. Ça ne date pas d’hier, comme l’atteste la morale de la fable de la Fontaine “le villageois et le serpent” :
    Il est bon d’être charitable ;
    Mais envers qui ? C’est là le point.
    Quant aux ingrats, il n’en est point
    Qui ne meure enfin misérable.

  6. Ce n’est pas suffisant ! …
    Le « 1er pas » de Canal + doit permettre de diriger l’hérésie du statut « d’exception culturelle » dont bénéficie le « Cinéma français » vers un autre secteur qu’est l’Agriculture ! …
    Il faut basculer toute cette aide au MONDE Agricole français qui est VITAL pour la FRANCE et les français ! … Au moins eux ils travaillent POUR les français ! …

  7. Vous n’avez pas compris que la gauche, communiste ,écologistes faisaient tout Macron n est pas en reste pour casser, détruire l économie de la France par ideologie

  8. Et ces gens là prétendent défendre la liberté d’expression et la pluralité des opinions !

  9. Ne doutons pas un instant du fait que l' »exception culturelle » française saura trouver dans la poche du contribuable ce qu’elle ne recevra plus de Canal+.

    • Bravo canal + l idéologie gauchiasse est un cancer pour l économie il suffit de regarder les pays qui appliquent cette doctrine totalitaire

  10. Bonjour, il y à des matins ou une bonne nouvelle comme celle là met de bonne humeur pour la journée, merci monsieur Bollore

Commentaires fermés.

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