« Il y aura des retours critiques sur la de la ville, sur le concept même de l’habitat et l’absence de réflexion sur la vie en espace restreint », prévenait, il y a quelques semaines, le sociologue bien nommé Jean-Didier Urbain. Et, de fait, parmi les fruits positifs de cette – car il faut toujours tirer d’un mal un bien -, parlons relocalisation. Ne voulant plus demeurer les idiots utiles du village mondial, les Français ont redécouvert les circuits courts pour consommer et… pour se déplacer !

À la concentration et l’agglomération, facteurs de propagation virale, on nous a répondu distanciation sociale. « Les hommes sont comme des pommes, entassez-les et ils pourriront », aimait à répéter un élu d’Eure-et-Loir. À l’heure de tirer des conclusions se pose donc la question de la politique de la ville de demain. Et le débat est lancé par François de Mazières, maire de et ancien président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, dans une interview donnée au Point : « La crise sanitaire que nous traversons est une occasion exceptionnelle à ne pas manquer pour redessiner les villes, mais aussi pour revoir de fond en comble la politique urbaine de la . »

La , celle des , tire sa revanche : si le changement de vie lié au a été immense pour les urbains, il aura été moindre pour les ruraux. Les résidences secondaires sont devenues, un temps, des résidences principales. Et déjà en octobre dernier, avant la crise, 60 % des Franciliens rêvaient de vivre à la campagne…

Lorsqu’il faudra s’interroger, et cela commence déjà, va-t-on continuer à urbaniser, concentrer, injecter des sommes folles dans des successions de « plans banlieue »- avec les résultats que l’on sait – tout en laissant les campagnes se dévitaliser ? Ou redécouvrir, à l’inverse, l’immense espace inexploité qu’offre le territoire français ? « La densité est faible en France. Et pourtant, l’État pousse à la concentration urbaine. Il continue à imposer une pression forte sur l’Île-de-France, qui doit construire 70.000 logements par an. Alors même que les moyens de transport sont sursaturés ! Plutôt que d’intervenir partout, l’État devrait se consacrer à l’aménagement du territoire pour répondre à la relocalisation de certaines activités », ajoute le maire de Versailles.

Cette politique, non pas de l’aménagement du territoire mais du déménagement, aura conduit inexorablement des Français à s’entasser dans des tours sans balcons ni terrasses. Il y a donc urgence à repenser le modèle. Les départements, qui semblaient en voie de disparition, redeviennent nos frontières naturelles, l’heure est à la France des villes moyennes. À condition, avertit François de Mazières, de « revoir absolument cette articulation entre le lieu de travail et le lieu d’habitation. Une politique urbaine efficace doit davantage s’appuyer sur les élus locaux et les organismes de proximité. »

Et si la politique de la ville devenait politique de la campagne ? On entendrait presque le coq chanter…

13 mai 2020

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