Editoriaux - Polémiques - Politique - 26 juin 2019

Les frasques de Khalid Bouksib : vers une nouvelle affaire Benalla ?

Un gouvernement trébuche souvent sur des bêtises ; l’affaire Benalla, par exemple. Si ce proche d’Emmanuel Macron avait été illico congédié, il n’y aurait sûrement jamais eu… d’affaire Benalla. Mais il y a des bêtises encore plus bêtes que d’autres, celles, par exemple, commises par un certain Khalid Bouksib, « expert en politique internationale », à en croire Libération, l’un des quotidiens marocains de référence, pays dont il est originaire. Ce dernier, lui, est un proche d’Édouard Philippe. Après l’Élysée, au tour de Matignon de se trouver au bord de l’œil du cyclone ?

Il est vrai que tous ces « proches » du pouvoir semblent avoir un sérieux penchant pour la castagne. Alexandre Benalla se bigornait avec des gauchistes. Khalid Bouksib, ce serait plutôt le CRS. Il y en a pour tout le monde et tous les goûts sont dans la nature, fût-elle belliqueuse. Résumons les faits, dévoilés par Mediapart.

Ce dimanche 23 juin, Khalid Bouksib est arrêté pour « violences volontaires sur une personne dépositaire de l’autorité publique ». Tout démarre, une fois encore, de manière très bête. Khalid Bouksib veut entrer dans une résidence privée et, comme il ne connaît manifestement pas le code d’entrée, se faufile derrière un homme, un CRS en civil. Au début, rien de grave : avoir oublié ou perdu un de ces foutus codes peut arriver à tout le monde et ne menace en rien la sécurité publique.

Seulement voilà, le ton monte vite. Les insultes pour commencer, les coups pour finir. Khalid Bouksib a immédiatement le dessus. Rien d’étonnant : il est un des camarades de boxe d’Édouard Philippe, du temps où le futur Premier ministre n’était que maire du Havre. Mais, pire que les coups et les insultes, il y a les mots qui font désordre, dont l’indémodable « Tu ne sais pas à qui tu as affaire »

Au poste, les policiers comprennent vite à qui, effectivement, ils ont « affaire ». Et c’est là que tout se complique, avec une garde à vue vite interrompue à 5 heures 30 du matin, horaire qui pose un problème des plus intrigants. En effet, une garde à vue peut s’arrêter soit à 20 heures, quand le magistrat termine sa permanence, ou vers 9 heures, quand il la commence. Cité par Mediapart, un homme de loi précise : « On ne relâche jamais à 5 heures 30 du matin, sauf à ce qu’il y ait eu une intervention. »

Maître Isabelle Pinto, avocat de Khalid Bouksib, affirme que son client « n’a jamais dit qu’il travaillait à Matignon » ; ce qui est peut-être vrai, même si, à en croire un proche de Matignon, « le Premier ministre a effectivement eu des relations cordiales avec M. Bouksib quand il était maire du Havre ». Pourtant, le prévenu aurait affirmé être le « conseiller communication et diplomatie » d’Édouard Philippe ; ce qui est tout aussi plausible, sachant qu’on peut être conseiller, à la fois personnel et discret, sans forcément travailler officiellement pour Matignon.

En revanche, deux choses sont sûres. La première est qu’on voit mal comment cette garde à vue se serait arrêtée par miracle, surtout quand un CRS s’est fait rosser d’importance. L’hypothèse de l’intervention venue de haut tient donc plus que la route. La seconde, c’est qu’il est manifeste que les deux hommes entretiennent des « relations » plus que « cordiales ». La preuve en est cet entretien accordé au Libération plus haut cité, le 17 mai 2017. Il s’agit alors de sonder la personnalité et les intentions du nouveau locataire de Matignon. Et à qui s’adresse-t-on ? À Khalid Bouksib… Lequel ne tarit pas d’éloges sur son ami : « Nous sommes en pleine période “schumpeterienne” comme le disent certains observateurs politiques français, de “destruction créatrice”, voire de “disruption”. » »

C’est assez bien vu. En termes de « destruction », le gouvernement bat des records. Est-elle « créatrice » ? Oui, en ce sens où il paraît désormais imbattable dans l’art de se créer, tout seul comme un grand, des emm… à répétition. Bref, pour « disrupter », ça « disrupte » !

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