Economie - Editoriaux - 10 janvier 2019

Les dividendes des actionnaires du CAC 40 explosent

Les actions rapportent de deux manières.

Par les plus-values sur les cours, mais celles-ci sont aléatoires et suivent des cycles : le prix des actions atteint un maximum, chute brutalement lors d’un krach retentissant, stagne à un niveau bas pendant plusieurs années, avant de remonter et de retrouver les sommets d’avant crise (mais pas plus). En fait, les cours sont remarquablement stables, car avec la même quantité d’or, on peut acheter, en 2019, autant de titres de sociétés comme Ford ou Air liquide – compagnies qui existaient déjà il y a cent ans – qu’en 1929. Rien n’est plus faux que ce conseil sans cesse ressassé par les magazines économiques : « Achetez des actions et n’y touchez plus car vos titres finiront par s’apprécier sur le long terme. »

Depuis sa création, la courbe du CAC 40 oscille autour de deux droites planes séparées par une montée, qui n’est que le reflet de la forte inflation de la décennie 1980-1990. Être un rentier dormant est le plus sûr moyen de perdre une partie des fonds placés, car si les prix des actions sont stables sur vingt ans, leur pouvoir d’achat diminue en fait avec l’inflation.

On peut gagner beaucoup à la Bourse, à la hausse ou à la baisse, mais en spéculant, et les traders des banques ne s’en privent pas. Mais pour cela, il faut être un spécialiste et disposer des bonnes informations au bon moment, ce qui est hors de portée de Monsieur Tout-le-Monde. Ce dernier est tributaire des banques qui lui vendent des produits si peu performants que, parfois, ils se replient, même quand la Bourse monte ! En effet, ces SICAV servent souvent aux établissements bancaires de dépotoir, c’est-à-dire qu’ils épongent les pertes des fonds réservés aux clients les plus riches – 1 % du total. Les banques font, en effet, racheter par les SICAV lambda les actions baissières des produits premium, alors qu’elles n’arriveraient pas à les céder dans de bonnes conditions sur le marché. Quoi qu’en dise M. Macron, avoir une assurance-vie dont les unités de compte sont libellées en actions est le plus sûr moyen de voir son capital s’éroder !

On gagne aussi de l’argent à la Bourse en encaissant des dividendes, ce qui n’est guère possible avec des SICAV et n’est réservé qu’à ceux qui ont de « vraies » actions. En 2018, les détenteurs des titres cotés au CAC 40 ont touché 57,4 milliards au total (en hausse de 12,8 %) pour une valorisation de 1.500 milliards, soit un rendement de 3,8 % avant impôts. Avec le prélèvement forfaitaire à 30 % instauré par M. Macron, le rendement final des actions du CAC 40 est de 2,66 %, à comparer aux performances des fonds en euros des assurances-vie – autour de 2 % en moyenne. Ce taux est également supérieur à celui de l’immobilier locatif, sauf lorsque celui-ci s’accompagne de travaux importants.

Une partie des dividendes du CAC 40 (10,8 milliards) provient de rachats d’actions destinés à faire artificiellement les cours alors qu’à la place, les entreprises auraient pu investir et obtenir un profit comparable en acquérant de nouvelles machines ou en créant de nouvelles usines, ce qui aurait vivifié toute l’économie. Rien n’est plus anticapitaliste et stérile que ces manipulations légales du prix des actions.

Ces bons résultats qui irritent la gauche moralisatrice sont néanmoins annonciateurs du krach que nous sommes en train de vivre. En effet, quand les cours sont valorisés autour de trente fois les dividendes, une sévère correction se produit. Le prix des actions reflète le revenu de ces dernières.

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