Les commissions d’enquête parlementaires sont suspendues jusqu’à la présidentielle
À l’Assemblée nationale, il a été décidé que les commissions d’enquête parlementaires menées par les groupes politiques seraient suspendues pour la session parlementaire 2026/2027. C’est à l’occasion d’une réunion ad hoc, le 17 juin, que les présidents de groupe sont convenus, à la demande de la présidente de l’Assemblée nationale, de cette mesure. Au palais Bourbon, on la justifie par un manque de temps et un manque de moyens. Chaque groupe peut effectivement exercer son droit de tirage annuel ; mais avec la perspective des élections présidentielles et d’une future dissolution, les commissions d’enquête, dont la durée est de six mois, seraient potentiellement très perturbées. Il serait impératif de les clore avant une dissolution alors que la session parlementaire extraordinaire prendra fin le 26 février en vue de la campagne présidentielle.
Les commissions d’enquête, c’est aussi une armée de fonctionnaires qui travaillent au service des parlementaires et assurent la logistique de la préparation des auditions, de leurs comptes rendus et, bien sûr, de la rédaction des rapports. Soit « une mobilisation de 35 à 50 administrateurs », assure, auprès de BV, une source au palais Bourbon. Mais à l’automne, la chambres des députés sera pleinement mobilisée par l’examen du budget pour l'année 2027 avec le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale à examiner. « Impossible pour des raisons pratiques », poursuit la même source.
Enquêter sur le « coût de l'immigration »
En contrepartie, il a été décidé que les niches parlementaires, ces journées où chaque groupe politique présente les textes de son souhait à l’ordre du jour, seraient resserrées afin qu’elles puissent avoir lieu avant février. Le RN ouvrira le bal le 8 octobre et l’UDR le fermera le 18 février.
À ce sujet — [POINT DE VUE] Commission sur l’audiovisuel public : Y. Braun-Pivet prend parti… sur France Inter !
Une situation que le parti d’Éric Ciotti, justement, dénonce avec force. « Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a décidé jusqu’à la campagne des présidentielles d’arrêter toutes les commissions d’enquête. » S’exprimant au micro de Frontières à l’occasion de la « Journée de la liberté », ce 9 juillet, le député de l’Hérault, Charles Alloncle, ne décolère pas face à ce « goût de la censure » du bloc central. « C’est une décision inédite, qui est en plus anticonstitutionnelle parce que le droit des commissions d’enquête, notamment pour l’opposition, est inscrit dans la Constitution depuis la réforme constitutionnelle de 2008, donc c’est évidemment un véritable scandale. » Dans un courrier daté du 3 juillet, que Boulevard Voltaire a pu consulter, Éric Ciotti s'adresse à la présidente de l'Assemblée nationale pour lui exprimer, « conjointement avec la présidente Marine Le Pen pour le groupe Rassemblement national », son « opposition la plus ferme ». Il lui demande de revenir sur sa décision : « Vous avez proposé que l'Assemblée nationale se prive d'une prérogative constitutionnelle de contrôle de l'action du gouvernement, essentielle dans notre démocratie », écrit le président de l'UDR. La formation ciottiste projetait de réaliser, à la rentrée parlementaire, une commission d’enquête sur « le coût de l’immigration ».
« Ordinairement, il n’y a pas de commissions l’année précédant la fin de mandat des députés. Le décalage lié à la dissolution rendait pourtant possible l’exercice d’un droit de tirage l’année prochaine », déplore, auprès de BV, un cadre UDR.
Censure
L’origine de l’opposition du parti ciottiste est double : après le succès immense de la commission Alloncle, le parti allié du RN voit dans une commission d’enquête le moyen de faire bouger les lignes politiques et de marquer l’opinion autour de thèmes forts en remportant, au passage, une précieuse notoriété. Par ailleurs, Yaël Braun-Pivet ne cache pas son irritation contre les commissions d’enquête qui prennent une ampleur qu’elle estime exagérée. Ces deux dernières années, entre la commission sur l’audiovisuel public et la commission Bétharram, cet exercice parlementaire a particulièrement créé la polémique et attiré les projecteurs. Ce qui déplaît fortement à la présidente de l’Assemblée nationale qui a déjà expliqué à plusieurs reprises qu’elle regrettait « une instrumentalisation » des commissions d’enquête par « certains camps politiques », estimant qu’il y en avait « peut-être un peu trop ».
« Il y a une montée de la censure de l’extrême gauche et du bloc central, qu’il faut dénoncer sur les réseaux sociaux et à l’Assemblée nationale », certifie Charles Alloncle. Une commission d'enquête parlementaire sur le coût de l’immigration animée, à nouveau, par le rapporteur Charles Alloncle… voilà de quoi animer les rêves de vos nuits d’été.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR

































44 commentaires
Charles Alloncle a mille fois raison : Braun-Pivet préfère la présence de Adama Traoré dans l’hémicycle aux charges des mécontents.
Ils n.ont que la censure à opposer à tout débat qui préoccupe les Français;il.est grand temps qu ils laissent la place.
Cela ressemble à Moscovici censurant un rapport désagréable avant la dernière élection.
Pénible cette correction automatique, rectification de mon commentaire précédent : Sentiraient ils…
Incroyable mais vrai. On fait ce que l’on veut. De quel droit ?? on annule, on retorque,on remplace, on nomme, on distribue dess postes … La belle vie quoi. FRANCAIS ouvrez vos yeux et vos oreilles. Il faut absolument sauver cette France que l’on aime . avec M. ZEMMOUR ..
si seulement…
S’entraînent ils le vent tourner ?… pour paniquer de la sorte.
Museler l’opposition pour éviter les sujets qui fâchent ? Macronisme pur jus
Ben Mr Macron n’accepte bien que des manieurs de QR codes à son raout européiste sur les Champs Elysées…
Car tel est notre bon pouvoir…
Quand Emmanuel Macron ne sera plus là, qui va manipuler sa marionnette, madame Braun-Pivet ? Eller finira dans un coin, poupée de chiffon oubliée, ou alors elle deviendra une sorte Sandrine Rousseau, imaginant tous les jours une nouvelle absurdité, juste pour continuer à exister. Qu’importe de dire des inepties pourvu qu’on parle d’elle. Au moins, elle aura le temps de s’occuper elle-même de ses poulets…
Ils ont saturé les institutions et ils persistent en muselant es oppositions. Scandaleux !
Oui
Allô, Monsieur Michel Audiard !
Vous aviez tellement raison par le constat de Monsieur Fernand Naudin !
YBP montre enfin son vrai visage, et tous les coups lui semblent permis. Il faudrait faire une commission d’enquête la concernant. Elle est censée représenter tous les partis en présence, et pas seulement la gauche.
Encore une à dégager vite fait.
« Charles Alloncle accuse Yaël Braun-Pivet de « censurer » les travaux parlementaires ».
Ce n’est pas une accusation, c’est une vérité.
Nous serons, au nom de la démocratie et de la liberté d’expression, privés de commissions d’enquêtes sur des sujets qui fâchent, dont, entre autres, l’affaire Epstein et les coût de l’immigration.
Ça arrange beaucoup de monde.
Le cout de l’immigration est un sujet tabou .
Les contribuables associés parlent de 90 milliards par an
Je confirme votre chiffre Vert 100
Les hollandais parlent de 300000€ par « migrant »