Marc Trévidic, aujourd’hui président de cour d’assises à Versailles, a travaillé pendant douze ans sur la question du islamiste. Alors que le procès des attentats du 13 novembre a débuté ce matin, il a répondu, à ce sujet, aux questions de Nice-Matin.

« En 2015, nous savions que quelque chose allait se passer »

L’ex-juge antiterroriste explique, dans son interview, que l’alerte était lancée bien avant les attentats, dans la prévision d’une action de ce genre. Pour autant, difficile d’atteindre le risque zéro, et malgré toutes les opérations de sécurisation, de contrôle, certains parviennent à passer entre les mailles du filet. « La France était vue comme un pays de mécréants qui en voulaient à l’islam », ajoute-t-il, précisant qu’ayant auditionné le djihadiste Reda Hame, au cours de l’été 2015, celui-ci lui avait confié que l’objectif était de frapper lors d’un concert de rock, symbole de décadence.

« Je vois très mal l’avenir »

Pour Marc Trévidic, le risque devient aussi inquiétant que lors des attentats de 2015, avec l’arrivée récente des au pouvoir en Afghanistan. « Ils vont établir ce qu’ils considèrent comme le vrai islam, qui sera attractif pour tous les salafistes du monde, qui vont aller là-bas », explique-t-il, avant d’ajouter : « Je vois très mal l’avenir, on va avoir de nouveau un pôle d’attractivité, pas tout de suite, mais il va venir. »

La position de l’ex-juge antiterroriste n’est pas unique. Ce matin, dans La Matinale de CNews, le président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure Thibaut de Montbrial a ainsi affirmé : « La menace terroriste est revenue au même niveau de danger qu’en 2015 », expliquant qu’on a sur notre territoire « beaucoup de gens qui sont allés au djihad, qui sont revenus […] et qui ont la capacité, avec leur expérience militaire, de recruter sur les territoires de notre République ». De plus, « Al-Qaïda a cité la France comme son ennemi principal dans ses deux dernières vidéos »

 

8 septembre 2021

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