Alors que les médias traditionnels s’excitent d’anecdotes insignifiantes sur le parcours et les qualités rêvées du nouveau Premier ministre, il est pourtant évident, pour quiconque réfléchit un tant soit peu, qu’il ne sera que figurant, réduit au petit rôle de donner le change pour faire oublier la réalité de notre situation et la continuité d’une politique macronienne contraire à l’intérêt supérieur de la nation.

Aucun président de la République, d’ailleurs, depuis cinquante ans, n’a voulu libérer notre pays des maux qui l’accablent de plus en plus inexorablement : l’anti-démocratie supranationale et multilatérale, et ses conséquences subies que sont le mondialisme, le financiarisme, l’immigrationnisme de masse.

Ce dimanche, ce M. Castex a fait ses premières déclarations dans la Pravda élyséenne. Pas un mot sur ce phénomène socio-politique majeur que furent – et seront toujours – les gilets jaunes. Mais quel énarque carriériste, cumulant des fonctions, grassement payé, peut comprendre le phénomène gilets jaunes ? Quel apparatchik peut remettre en cause la matrice dont il sort ? Il parle beaucoup de lui, de ses « origines modestes » et provinciales, mais il pense peu aux autres. Il parle mais ne dit rien. Le « nouveau chemin » (sic) de M. Macron ? « C’est d’abord notre capacité collective à nous adapter à une situation radicalement nouvelle » mais sans revenir « sur les engagements pris par le président de la République et la promesse d’une société du travail, d’un projet d’émancipation, d’une volonté de retrouver notre souveraineté ». Du bla-bla convenu et creux. Certes, il indique le défi de « la reconstruction de notre économie » et dit vouloir « tirer des enseignements de cette crise [sanitaire] et en faire une forme d’opportunité pour rendre notre pays plus fort qu’avant et engager une relance économique, écologique et sociale ». Encore du bla-bla creux.

Car dès avant le confinement, depuis vingt ans, la France a perdu la moitié de son industrie. Partout les nations défendent leur économie sans laquelle il ne peut y avoir aucune ambition politique et sociale. La gestion de la décadence ne suffira plus : la France doit taxer les importations déloyales et destructrices. Tout le reste est du bla-bla. Tel un commercial, M. Castex louange sa firme et dit voir « d’importantes transformations […] engagées pour rendre la France plus forte, plus unie, et lui permettre de mieux tenir son rang dans le monde » (sic). Il prononce, comme des mantras, les nouveaux mots de son maître : « Le besoin impérieux de retrouver une souveraineté économique et d’aller vers une société moins inégalitaire. »

Une obéissante platitude, car on voit mal qu’il aurait pu claironner : moins de liberté nationale et plus d’injustice ! Or, les Français ont bien compris, désormais, à 70 %, que c’est pourtant le cap ahurissant qui est suivi. M. Castex dit vouloir relocaliser, mais cela ne peut se faire que par des aides d’État ou par des taxes douanières, que Bruxelles et l’OMC interdisent. Convenu à l’extrême, M. Castex semble ne pas réaliser que les Français attendent infiniment plus que sa « méthode » (« dialogue, mobilisation de tous, l’obsession de la mise en œuvre concrète de ce sur quoi nous nous engageons »). Ils attendent en tous domaines un virage à 180°.

M. Castex, enfin cédant à la mode du jour, s’autodéfinit comme un « gaulliste social ». Mais comment fera-t-il, aux ordres d’un Président par accident, qui s’affiche multilatéraliste, pro-Bruxelles, pro-allemand, pro-euro, et ne cesse de réduire la condition sociale des Français ? Une imposture, contraire du gaullisme au plan tant international qu’interne ou social. Selon lui – si on comprend bien -, le dépassement des partis suffirait à qualifier M. Macron de gaulliste ! Il ne lui suffira pas de s’affirmer partisan d’un « nouveau pacte social » et d’ouvrir le robinet d’eau tiède : « L’emploi […] dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé. »

M. Castex prend la barre mais ne change pas le cap tracé par le capitaine. Il ne voit pas les récifs. La mutinerie est imminente.

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