Débat entre Zemmour et Enthoven sur CNews, vendredi soir. On s’attendait à un match âpre, disputé, mais peut-être a-t-on prêté à Enthoven des qualités qu’il n’a pas vraiment ? Le pauvre a, d’entrée de jeu, fait montre d’une nervosité que des mimiques grossières, ricanements saugrenus et hors de propos ou gesticulations impromptues n’ont jamais pu masquer. Il y avait un malaise chez Enthoven, sûrement intimidé par la réputation de débatteur de Zemmour, et il n’a pu l’apaiser durant toute la durée du débat.

Pour ouvrir les hostilités, il a attaqué Zemmour, le traitant « d’indigéniste français », le comparant ainsi au pendant « souchien » des indigénistes militants que nous subissons depuis plusieurs années. Omettant, bien sûr, de dire que cet « indigénisme »-là, qui n’est en fait rien d’autre que le patriotisme, est celui qui prévaut depuis plus de mille ans, a fondé notre culture, notre histoire, et a fait de cette terre un pays que tous veulent rejoindre. Avant d’en dire du mal à peine arrivés. Mais pas au point de le quitter…

Pour alimenter le débat – en fait, le sauver du néant -, Zemmour a multiplié les développements, les raisonnements, les références historiques et philosophiques : Enthoven ne semblait même pas les connaître. Son insuffisance a sauté aux yeux. Alors, il s’est contenté de ricaner au milieu des phrases de Zemmour, d’essayer de couper ses raisonnements par des arguties creuses et hors de propos… Il a gaspillé son temps de parole à chercher, non pas à contredire Zemmour avec des arguments, mais à masquer ses lacunes béantes. Après une heure de phrases creuses et vides de sens, il conclut par une adresse à son contradicteur : « Vous défendez un pays, moi je défends une idée. » « Je suis d’accord avec vous, et c’est bien ce que je vous reproche », lui répliqua Zemmour, cinglant, qui n’eut pas la méchanceté de l’enfoncer d’avantage. Car personne n’a vraiment compris quelle était cette idée assez confuse qu’Enthoven aurait défendue durant une heure d’échange.

Pour finir, Enthoven pensa sûrement faire oublier son heure de supplice au public par ses anagrammes plus incongrues qu’amusantes : une bien pauvre astuce de rhétorique pour un penseur de son supposé niveau… J’avais signé il y a quelque temps, sur Boulevard Voltaire, un article intitulé « Pourquoi viennent-ils tous se faire démolir par Zemmour ? » Concernant Enthoven, on se le demande vraiment : lui n’a pas seulement perdu un débat, il a perdu sa réputation de philosophe érudit et capable de raisonner. Il est plus facile de disserter seul, face à une caméra, que de débattre face à un poids lourd comme Zemmour. Enthoven vient de l’apprendre à ses dépens. Son public aussi, probablement…

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