Sur Disney+, le Muppet Show ne peut être visionné qu’à partir d’un compte adulte. Des scènes insoutenables émaillent la série. Des stéréotypes atroces, des clichés affreux. Les dirigeants de la chaîne en sont encore tout chamboulés. Comment laisser des enfants regarder ce ramassis d’idées reçues ?

À grand renfort de pleins et de déliés, le jeune téléspectateur est averti par un panneau restant à l’image 12 secondes : « Ce programme comporte des représentations négatives et/ou des mauvais traitements de personnes ou de cultures. » Les parents frémissent. Il y a peut-être des scènes de sadomasochisme. Des tortures. La suite précise la dangerosité de l’émission : « Ces stéréotypes étaient une erreur à l’époque et le sont encore aujourd’hui. » L’épisode n’a pas débuté et déjà un gag ! La famille ne regrette pas son abonnement à Disney+.

D’autres imprécations du même type avaient déjà fleuri en préambule des Aristochats, Dumbo, Peter Pan, Le Livre de la jungle et quelques autres. La chaîne diffuse mais se pince le nez. Les contenus « offensants » pullulent. Disney+ partage à contre-cœur. Placé devant la réalité, le progressiste offensé n’a d’autre choix que se soumettre au goût du public. Mais il souffre.

Qui viendra alerter les pouvoirs publics sur le drame des dirigeants de médias contraints de programmer des émissions qu’ils abhorrent ? Pour une Delphine Ernotte, qui parvient à s’extraire l’épine du pied Patrick Sébastien, combien de victimes condamnées à nourrir les outrances de la populace ? Chiffre d’affaires oblige. L’inclusif est adorable, mais il ne marche pas.

Les chercheurs d’offenses américains n’ont pas cru bon spécifier les éléments du Muppet Show susceptibles d’entraîner les enfants sur le chemin de la délinquance réactionnaire. Le téléspectateur reste sur sa faim. Est-ce la grossophobie de Kermit à l’égard de Miss Piggy ? Les yeux bridés de cette marionnette asiatique ? La férocité du batteur ? Aucun sous-titre ne vient signaler les passages litigieux. Aucune alerte lumineuse, pas de sirène. Laissé seul face à ses interrogations, l’abonné déprime et finit par s’inscrire aux identitaires anonymes. « Je n’ai pas décelé de stéréotype nauséabond, docteur. Avez-vous un traitement ? »

Avec cette avalanche d’avertissements, la génération chochotte aux manettes parvient à ce tour de force consistant à prévenir le client qu’il vient d’acquérir un produit « de mauvaise qualité ». Selon ses propres normes, il vend de l’avarié. Soit. À l’avenir, que les précieux ridicules aient la délicatesse de nous avertir de manière plus directe : « Ce programme ne doit être regardé sous aucun prétexte ». 69,99 euros par an. Rien sur l’écran. La liberté à ce prix. L’offre serait alléchante.

22 février 2021

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