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Editoriaux - Politique - 27 mai 2020

Le « Darmanin nouveau » est arrivé !

Personne n’en sait rien mais tout le monde suppute.

Il y aurait forcément, après le second tour des municipales, un changement de Premier ministre, au moins un remaniement gouvernemental.

Il paraît que l’excellent et compétent Bruno Le Maire aurait trop montré son désir d’incarner la relève. Habilement, , ayant perçu ce qu’il ne fallait pas faire, a joué d’un autre registre. Il paraît que sa cote a monté auprès du président de la République qui verrait en lui un adversaire résolu du RN et capable de lui damer vigoureusement le pion dans le Nord, un gaulliste social, une fibre populaire, un ensemble de dispositions utiles pour les deux ans qui restent avant 2022 et afin de l’emporter.

On n’aurait même pas eu besoin de cette analyse plausible car il suffisait de voir et d’entendre le « Darmanin nouveau » dans sa prestation et ses réponses au « Grand Jury » du 24 mai pour appréhender de l’inédit, une ambition plus affirmée. Dans le JDD, il avait déjà subtilement fait valoir l’importance qu’il pourrait avoir pour la suite en vantant son approche sociale et ses origines modestes – cette argumentation est efficace parce qu’elle est vraie – tout en se gardant bien d’offenser Édouard Philippe.

À l’évidence, il a extériorisé le fait qu’il avait des fourmis dans la tête et que son élan était à la disposition du Président encore plus qu’hier.

 

Lors du « Grand Jury », avec son talent habituel et sa vivacité coutumière – mais contrôlée, maîtrisée -, il a fait preuve d’une révérence, d’un classicisme de bon élève ministériel, d’une inconditionnalité contrainte, d’un soutien sans faille à toutes les causes, même les plus douteuses – à Agnès Buzyn, par exemple -, de sorte que le passionné de politique que je suis pouvait se dire que Gérald Darmanin, parce qu’il n’avait plus la même attitude médiatique, sentait peut-être au fond de lui que son avenir aurait les couleurs de son ambition.

Pourquoi pas ?

Le 20 décembre 2019, j’avais écrit un billet sur « Gérald Darmanin à l’étroit avec Macron… » Depuis, le ministre l’a fait percevoir et le Président l’a compris. Ainsi, il lui a octroyé le privilège du cumul de ministre et de maire : un signe. Gérald Darmanin mérite donc bien un second post.

Est-il une étoile filante ?

Une étoile indiscutablement, au sein de ce gouvernement qui, si je mets à part le Premier ministre et précisément Bruno Le Maire, ne brille pas par des personnalités indépassables.

Filante ? Je le crois, même s’il a tenté de se composer, au « Grand Jury, » un personnage moins ostensiblement vif-argent. Mais on sent qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que l’enveloppe du ministre impeccable, selon les conventions gouvernementales, craque pour faire surgir, trop tôt, l’impatient qui piaffe et attend qu’on ne le laisse pas à la porte d’un destin pourtant déjà hors du commun !

Filante ? Parce que Gérald Darmanin a un art incroyable pour paraître filer sans se défiler. Il échappe au reproche d’être un instable, un transfuge malgré un parcours déjà riche. Gérald Darmanin ne trahit pas, il cumule. Déférence pour Nicolas Sarkozy, amitié pour Xavier Bertrand et investissement dans Emmanuel Macron auprès duquel il s’est arrêté depuis quelques années.

Aucune acrimonie de ma part dans ce constat. S’il y a une personnalité dans l’univers d’aujourd’hui, qu’on l’apprécie ou non, dont on ne pourra pas douter du futur éclatant, c’est celle de Gérald Darmanin.

Jusqu’où ira-t-il ? S’il ne montre pas trop qu’il est persuadé de pouvoir un jour atteindre le sommet, il sera redoutable pour ses rivaux.

Capable de se rejoindre et de ne plus bouger.

Extrait de : Justice au Singulier

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