Ce n’est pas encore la déroute totale sur le front de l’emploi, mais les nouvelles ne sont pas bonnes.

Il existe cinq catégories de sans-emploi : la A rassemblant ceux qui n’ont aucune activité tout en étant tenus de rechercher un travail, la B regroupant ceux qui ont eu une activité réduite le mois précédent (moins de 78 h par mois) et doivent chercher un travail, la C constituée de personnes effectuant plus de 78 heures par mois, mais sont obligées de chercher un travail, la D ceux qui sont sans emploi, mais sont dispensés de recherche d’emploi, car ils sont en arrêt-maladie, maternité ou en formation. Enfin, il existe la E constituée de ceux qui ont un emploi et en cherchent un autre. La B et la C est constituée de personnes qui sont à temps partiel ou occupent des CDD courts.

En avril 2020, le nombre de titulaires de la catégorie A a explosé : il a bondi de 26,6 % en un mois (plus 843.000 personnes en plus en un mois, plus 1.065.200 personnes en trois mois) pour atteindre 4.575.000 personnes, rapporte Le Monde, ce 29 mai. Jamais la barre des 4 millions n’avait été jusqu’alors franchie. Le taux de chômage va provisoirement exploser en avril et en mai, mais cette progression de la catégorie A s’accompagne d’une nette diminution des catégories B et C (-633.600). L’hécatombe est donc provoquée par l’arrêt total des CDD, du fait de la contraction inédite du PIB.

Quand l’économie repartira, une fois la crise sanitaire dépassée, on peut espérer que ces contrats courts feront leur retour, d’autant plus que les patrons privilégieront ce type d’emploi provisoire ; ils ne voudront pas s’engager dans une conjoncture où ils naviguent à vue. Les moins de 25 ans ont le plus souffert sur un mois (+29,4 % en catégorie A), mais ceux qui ont entre 25 et 49 ans font à peine moins (+24 %), ceux au-dessus de 50 % n’augmentant « que » de 16 %, ce qui reste considérable. Les entrées à Pôle emploi ont curieusement baissé (-19,6 %), mais les sorties (pour radiations, entrées en emploi) se sont écroulées de 35 %, ce qui augmentera mécaniquement le nombre de titulaires des allocations chômage.

Le tsunami des licenciements ne s’est pas encore produit, les entreprises ayant mis pour l’instant leur personnel en chômage technique. Beaucoup seront incapables de redémarrer et feront faillite. C’est déjà le cas de Camaïeu. Et combien de restaurateurs ou de petits commerçants vont devoir mettre la clé sous la porte, après une fermeture catastrophique de plus de trois mois ?

En outre, les plans sociaux vont se multiplier, les entreprises allégeant leurs effectifs. Renault n’est que la pointe émergée de l’iceberg. L’ampleur du désastre apparaîtra à l’automne. Nous aurons beaucoup de chances si le taux de chômage ne dépasse pas les 11 % à la fin de 2020.

La crise sera d’autant plus terrible que la crainte du lendemain poussera les Français qui peuvent encore dépenser (ils sont nombreux) à privilégier l’épargne au détriment de la consommation. Le pire est malheureusement devant nous.

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