Notoriété de la victime aidant, nul n’a oublié l’agression sauvage de Bernard et Dominique Tapie, survenue dans la nuit du 3 au 4 avril derniers. Et pourtant, ils n’ont été qu’un cas des quelques probables milliers de proies annuelles de ce sport des malfrats appelé home jacking – par anglicisme – puisqu’on en compte près de 800 en région parisienne et que, depuis 2015, aucune statistique officielle n’est diffusée.

Les profils sont clairs : des hommes jeunes, souvent déjà connus « défavorablement » des services de police, s’adonnant aux fameux aussi sauvages qu’eux, impliqués dans divers trafics de stupéfiants, etc. C’est le cas de cinq Amiénois, interpellés en mars dernier. Les victimes sont généralement âgées. Ce qui témoigne aussi de la valeur morale des agresseurs. À l’heure où j’écris ces lignes, une femme d’une soixantaine d’années et un jeune homme viennent d’être séquestrés à leur domicile de Vallauris (Alpes-Maritimes), violentés, ligotés, aspergés de javel. Modes opératoires ultra-violents et partout identiques.

Et ce 21 mai, voici que ressurgit « l’affaire Joron ». Sur Europe 1, nous retrouvons en podcast le récit glaçant de son agression et de celle de sa fait, devant le micro d’Olivier Delacroix, par ce professeur de sociologie à l’université de .

Les faits : le 19 octobre 2009, vers 23 heures, un homme cagoulé, pistolet en main, fait irruption dans la maison de Philippe Joron, 46 ans, maître de conférences à l’université Paul-Valéry. Après avoir contraint l’enseignant, sa femme et son fils de 11 ans à s’allonger, il les asperge d’essence et menace de les brûler. Comprenant qu’ils vont tous mourir, Philippe Joron se rue sur son agresseur : il parvient à le désarmer et à le plaquer au sol jusqu’à l’arrivée des gendarmes, prévenus entre-temps par son épouse. Mais lorsque ceux-ci arrivent, l’agresseur est : arrêt cardiaque par compression de la cage thoracique.

Alors que le cauchemar semblait terminé, l’enseignant, placé en garde à vue, était ensuite mis en examen pour homicide volontaire. Jusqu’au non-lieu, en 2010, après avoir été vilipendé et quasiment traité d’assassin ! Lavé car, dit heureusement le droit civilisé : « N’est pas pénalement punissable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la d’elle-même ou d’autrui. »

On apprendra que l’agresseur avait été étudiant de Philippe Joron ! Une volonté de régler des comptes pour un refus du professeur de céder à la corruption ? Saïd, 26 ans, que Libération nommait « Karim », avait déjà été condamné pour violences ; avec, dit-on, des antécédents psychiatriques. Cette nuit-là, il était venu pour tuer toute une famille ! Réalité et non pas théorie.

Orange mécanique, ultraviolence, motifs fous ou sordides. Plus de dix ans après l’expérience du fait brutal, comment Philippe Joron, qui se disait naguère « socialiste », analyse-t-il ces violences paroxysmiques, trop souvent perpétrées par les recrues tant vantées de la ? Lui que Libération présentait alors comme un « humaniste », travaillant « sur l’altérité » et « la compréhension de la différence » ; tout à l’opposé des « opinions extrémistes ».

La sidération de devant quatre malfrats (« trois individus de type africain, un Nord-Africain ») sans aveu lui crachant au visage que le vieux temps est mort est aussi l’illustration terrible des ravages de décennies d’utopies angéliques en action dont nous devons régler maintenant la facture. Oui, le vieux temps est mort. Il nous faut réformer le droit pour résister à ces « barbares » !

23 mai 2021

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