L’audiovisuel public entre dans la danse anti-Bolloré

Sur les réseaux sociaux, l'INA et France Culture ont ressorti deux reportages fort à propos ...
Capture d'écran
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Les médias publics seraient-ils en train d’emboîter le pas dans la fronde anti-Bolloré qui gronde depuis le festival de Cannes ? Difficile de ne pas le croire, quand l’INA et France Culture décident presque simultanément de ressortir du placard, respectivement, un vieux reportage et une vieille figure de la presse d'extrême droite française sur les réseaux sociaux pour vilipender celui qui s’est rendu coupable de ne pas jouer le jeu de la gauche culturelle.

Une neutralité de gauche

Sur X, l’Institut national de l’audiovisuel, cet « organisme appartenant au secteur audiovisuel public […] placé sous la tutelle du ministère de la Culture [dont la] stratégie et [le] financement sont définis par un contrat d'objectifs et de moyens qu’il signe périodiquement avec l’État », a trouvé pertinent de poster, le mardi 19 mai, l'extrait d’une émission datant de 2024 montrant un Pierre Lescure, « l’une des figures de la création de Canal+ », jugeant la transformation du groupe depuis l’arrivée de Bolloré. Ce n’est sans doute qu’une coïncidence si cet extrait arrive au milieu de la tempête « Zapper Bolloré ». La vidéo commence avec un extrait de Complément d’enquête montrant Vincent Bolloré en conférence, sous le regard circonspect d’un docte Pierre Lescure, puis continue avec un homme qui explique avoir « un petit problème en termes de journalisme, c’est que l’information et Bolloré, apparemment, ça fait deux. Pour le reste, il peut faire une chaîne avec une information manipulée ou censurée ou pas en faire du tout, il aura quand même une chaîne de télé. » Pour se terminer avec le jugement du grand sachant suprême, Pierre Lescure : « Vincent Bolloré, en tant que financier, est sans doute l’un des plus efficaces, des plus intelligents, des plus tenaces et des plussuccessfull. Sa seule créativité aura été financière, c’est mon point de vue. Dans dix ans d’ici, la famille Bolloré sera très riche, je voudrais bien savoir ce qu’il restera des marques. »

Sur X, les internautes ne s’y trompent pas : difficile de ne pas trouver un peu louche le choix de publier un tel extrait alors que le monde du cinéma et de la culture dans son ensemble s’embrase depuis la Croisette. « L’INA, payé par nos impôts, qui en remet une couche sur la moraline et ce qu’il faut penser », s’énerve, par exemple, un commentateur. « Quelle neutralité ! Bravo, vous êtes exemplaires comme l’ensemble du service public de l’audiovisuel. Une vraie neutralité de gauche… », s’exaspère un autre.

Honni soit qui mal y pense !

Sur Instagram, France Culture, cette fois, ressort une vieille figure de l’extrême droite française, François Coty (à ne pas confondre avec René Coty, deuxième président de la République de la IVe !), sur lequel la radio publique avait déjà fait un reportage orienté en 2021. À l’époque, le parfumeur et homme de presse des années 20-30 avait été ressorti de la naphtaline pour expliquer qu’« il plaçait sa fortune sur la destruction de la Troisième République qu'il jugeait malade, pour ne pas dire pire. Il en appelait à un pouvoir fort qui se serait appuyé sur le référendum », une explication qui se poursuivait tout à fait innocemment avec la question : « Ah ! Que ne fait-on de référendum sur l'immigration ? » Cette fois, ce 20 mai, la question qui ouvre le petit documentaire est : « Un entrepreneur milliardaire qui rachète des médias dans le but de diffuser ses obsessions : les racines chrétiennes de la France, la gestion défaillante de l’État, le déclin de la civilisation occidentale. Ça vous rappelle quelque chose ? » Là encore, les commentateurs ne sont pas dupes : « Oui, tout à fait, mais je me rappelle que vous devenez juge et partie, commente une internaute, qui continue : Vous utilisez votre puissance médiatique payée par les contribuables pour refuser les évolutions. »

 

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L'éléphant et ses gros sabots

C’est qu’il devient difficile de ne pas voir l’éléphant au milieu de la pièce : France Culture a chaussé ses plus gros sabots pour suggérer le plus de liens possible entre le magnat d’extrême droite, grand financier des ligues des années 30, et Vincent Bolloré. Ainsi, François Coty est présenté comme un grand capitaine d’industrie dont la fortune considérable est mise « au service de ses idées », notamment en devenant un magnat de la presse parce que « les journaux sont pour lui un moyen de se faire connaître et d’accéder au pouvoir ». Alors, par exemple, « au début des années 20, il achète Le Figaro, il y opère une droitisation de la ligne éditoriale, vante les bienfaits du fascisme italien, embauche un futur ministre sous Vichy », et puis, s’étant fait évincer du Figaro, il crée, en 1928, son propre journal « qui va très très bien marcher » - L’Ami du peuple - et « la promesse de ce journal : dire la vérité aux Français ». Évidemment, honni soit qui mal y pense ! D'ailleurs, un commentateur demande innocemment et ironiquement si c'est Pigasse ou Saadé qu'il faut se rappeler.

« Une chaîne du service public qui a un parti pris et qui fait des raccourcis historiques nauséabonds pour diffuser sa propagande, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? », interroge, sous la vidéo, un commentateur sarcastique. Il faut croire que l’hégémonie culturelle de la gauche est à ce point fissurée qu’il faille sortir l’artillerie lourde pour tenter d’en colmater les brèches.

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Afin de détourner l’attention de sa faiblesse caractérisée, le défaut de pluralisme dans l’idéologie, l’audio-visuel public se saisit d’un nouveau « bifteck », Bolloré. La réussite dérange cette gauche impuissante à se révéler productive dans la noblesse du sens. Ce que Bolloré produit à lui seul en entrainant ses équipes, l’audio-visuel public, avec toute sa puissance (sic), patauge dans ses sarcasmes, ses jalousies, ses médiocrités, au point de devoir faire appel à des sous-traitants du privé plus efficients.

  2. Et Lescure, ex président du festival de Cannes qui crache sur l’argent et sur celui qui finance les films ? Et sur la même chaîne du prétendu Service Public financée par nos impôts , ce Cohen qui choisit la gauche macroniste parisienne pour assurer son strapontin de figurant inutile et pourtant trop bien payé ! Quelle honte !

  3. Les Français détestent tous les gens qui réussissent, mais ne font rien pour arriver à leur niveau. Ils préfèrent pleurer et se poser en victime, ou taxer comme le fait le gouvernement. Au lieu de tirer les gens vers le haut, on préfère niveler par le bas, comme à l’école.

  4. Et bien sûr pas de souci du côté ARCOM, quel scandale.mais attention, le peuple n’a rien attendre ce ces magouilles et va être difficile à convaincre aux prochaines élections

  5. C’est plus facile d’aller pavaner en robe du soir sans fotme et élégance, hein Delphine E., ou de plastronner avec une jupe au-dessus d’un pantalon de smoking pour plaire à la LGBT-u-v-w-x-y-z, que d’avoir des compétences et où du talent !
    D’ailleurs, il serait intéressant de connaître le nom de l’hôtel et le coût pour une nuit, pour la chambre réservée pour « Ernotte la patronne » pour le festival 2026, qui a dirigé des entreprises depuis 30 ans !
    Quand à la CGT, voilà 130 ans qu’elle prétend défendre l’ouvrier uniquement pour engraisser ses chefs avec les 1% du salaire de ses encartés, les 60% de crédit d’impôt offert par l’État, le fonds de dialogue social toujours offerts par l’État… Les syndicats sont une énorme arnaque !

    • Coluche l’avait bien résumé en don temps :
      « Et n’oubliez pas, si le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme, le syndicalisme, c’est le contraire ».

  6. Ces dictateurs de la pensée ne passeront pas par moi ! Qu’ils sollicitent leur milliardaire adoré Pigasse ! Il serait temps de remettre en cause tous les petits avantages dont bénéficient les intermittents du spectacle, comme au Moyen-Age, qu’ils vivent seulement des recettes de leurs spectateurs ! Qu’ils se confrontent à la dure réalité de tous les gueux qu’ils méprisent

  7. Voici ce que Wikipedia nous dit à propos de Pierre Lescure : « Il s’oriente vers la voie de son père, François Lescure, journaliste à L’Humanité, et de sa mère, Paulette Baudoin, également journaliste, dans l’organe féminin de la CGT, en intégrant le Centre de formation des journalistes (CFJ), dont il est diplômé en 1965. »…
    On peut également ajouter qu’il est le demi-frère de l’actuel sinistre de l’économie le polytechnicien de surface Roland Lescure !

    • J’adore le polytechnicien de surface mais je ne suis pas certain qu’il sache passer la toile à laver….allez du balai!

  8. Puisque l’article de Mme Riquetti évoque le Figaro d’avant guerre, j’en profite, en tant que lecteur de ce journal sur internet, pour informer les dirigeants actuels du Figaro qu’il serait grand temps que celui-ci redevienne ce qu’il a toujours été, un journal libéral opposé au socialisme, ce qui n’est plus la cas aujourd’hui !

  9. On parle un peu trop de M. Bolloré dans BV. Il faut croire que BV serait devenu une filiale du groupe et que les journalistes auraient renoncé à leur « clause de conscience ».
    Il me semble qu’il y a des sujets bien plus graves dont BV ne parle guère ;
    – la guerre au Soudan
    – le Vénézuéla après Maduro
    – les contentieux perdus par M. Trump devant la Cour suprême sur des sujets importants (l’immigration, par exemple)
    – de nouveaux blasphèmes commis par les extrémistes israéliens contre les symboles du christianisme et qui affectent les chrétiens palestiniens déjà affectés par tant d’années de conflit
    – la vie quotidienne au Liban sous la menace permanente d’agressions territoriales d’Israël et du Hezbollah
    – l’incompétence de l’Union européenne à gérer la crise énergétique (depuis le traité de Lisbonne, l’énergie est une politique commune)

    etc.
    Soit les journalistes manquent pour en parler, soit ils refusent d’en parler, soit la rédaction leur demande de ne pas en parler (rayer la mention inutile).

    • Je ne peux m’empêcher de réagir à votre commentaire, très sincèrement on dirait du Mélenchon tellement vos observations sont toutes orientées comme la gauche aime le faire sur le service public et il y a du « en même temps » comme l’intelligentsia macroniste. A contrario, je constate une objectivité sans faille de BV, qui nous révèle très souvent des faits d’actualités dont aucun des grands médiats ne parlent. Maintenant que Mr Bolloré vous dérange et que vous préfèreriez la « jet 7 » du tapis rouge de Cannes, c’est votre droit, mais ayez au moins l’intelligence de ne pas tout mélanger, je comprends que le fait de voire la gauche se fissurer de partout vous irrite quelque part, mais ne soyez pas inquiet vous vous en remettrez avec le temps.

      • Je crains, Monsieur, que vous ne lisiez un peu trop vite- et mal de surcroît- ce que j’écris et commente

    • Ce qui aurait été intéressant ce sont des articles sur le Venuzuela AVEC Maduro !!! Je pense que vous auriez pu apprendre deux ou trois petites choses comme ça en passant… :)

    • Puisque votre conclusion est que les journalistes manquent pour en parler ou refusent d’en parler, pourquoi ne vous feriez-vous pas engager par BV pour combler ce déficit ?
      Ah non, ce n’est pas possible car BV n’est pas de gauche, comme vous…

      • Premièrement, j’ai passé l’âge pour me faire recruter
        Deuxièmement, je ne suis pas de gauche (comment ? Vous ne l’aviez pas remarqué ?).

    • Au vu de l’éventail des sujets que vous seriez capable de traiter bien mieux que les journalistes de BV, et la façon dont vous les dénigrez à chacune de vous subtiles interventions, créez donc votre propre média ;Foncez !

    • Pour tous ces sujets vous avez les chaînes tv en continu ..moi j’aime bien bv qui nous pompe pas l’air avec des guerres qui sont oas les nôtres et les virus ou les génocides immaginaires…c’est rafraichissant

  10. Qu’attend le milliardaire Pigasse pour remplacer Bolloré et financer les tocards du cinéma français ?

  11. À la place de Bolloré, je liquide tout, je licencie à tour de bras et je me retire sur une petite île au climat idéal avec tout le confort!

  12. Selon le figaro la liste des 600 signataires du milieu du cinéma ayant signé une motion contre Bolloré est montée a 2500 personnes.
    Des gens pas forcément du cinema mais des arts et spectacle vivant.
    Des illustres inconnus

  13. Grâce à Charles Alloncle et à son excellent rapport sur l’Audiovisuel Public, on sait ce qu’il s’y passe et comment cela fonctionne. Il y aura quelques améliorations à la marge mais il est clair que cela va continuer. La seule façon de régler ce problème est de privatiser l’Audiovisuel Public. Il y aura des chaînes et des radios de gauche, et d’autres de droite. Chacun suivra celle qui lui convient, et l’Etat, donc le contribuable, économisera 4 milliards par an. Mais avec les dirigeants actuels, il va falloir continuer à supporter la propagande de gauche, et payer. Cela changera peut-être après l’ élection de 2027 …

  14. ils sont au bord d’être viré, mais bizarrement ils n’attaquent pas Pigasse qui veut une chaine pour lui, et faire que de la propagande anti droite, mais ce milliardaire là la gauche ne tape pas dessus, ils nous saoulent les gauchos avec leurs discours nauséabonds, ils veulent tout supprimer, surtout ce qui ne leur plait pas, mais le boomerang ils n’aiment pas monsieur Saada leur a expliqué, mais ils continuent.

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