Il y aura un « avant » et un « après », pour cette crise sanitaire sans précédent. Impossible, pour l’instant, de dénombrer toutes les conséquences physiques, psychologiques et économiques pour nos sociétés. On fera les comptes après. Dans les foyers confinés, on craint et on déplore déjà des violences conjugales, des parents excédés, des crises d’angoisse, des solitudes infinies, des chagrins à venir.

Retour d’expérience en Chine : avec la diminution progressive des mesures de confinement, c’est le boom des divorces. Dégât collatéral hélas prévisible. Mais l’avenir n’est pas si sombre car se profile un phénomène auquel on ne pense pas encore : un baby-boom d’ici neuf mois.

Les Américains en sont convaincus, expérience faite : « Le bond des taux de natalité a souvent suivi des événements cataclysmiques et des catastrophes naturelles qui ont forcé les Américains à rester à l’intérieur » (Associated Press). Pour le Dr Kevin Kathrotia, de Millennium Neonatology, c’est sûr, après le confinement, « ce sera probablement le plus grand baby-boom que nous ayons vu ! »

On voit mal pourquoi la France échapperait à la contagion. C’est là une règle intangible des lois de la nature. L’espoir de vie après la mort, quel meilleur signe d’espérance ?

C’est la sénatrice qui va faire la tronche. Inoxydable, elle ne change pas de cap et s’inquiète des conditions restreintes des accès aux IVG pour les femmes en ces temps d’épidémie : « Blocs annulés, IVG repoussées de quelques jours, la crise sanitaire a plusieurs conséquences pour les femmes souhaitant avorter. » Des décisions ont été prises rapidement : inciter aux IVG médicamenteuses et téléconsultations déléguées aux sages-femmes (une première). Mais ce n’est pas suffisant pour l’ancien ministre des Familles. Dans un Hémicycle fantôme, jeudi dernier, à l’heure de prendre les mesures urgentes pour mener la guerre sanitaire, elle dépose en hâte un amendement pour « allonger de deux semaines les délais légaux et supprimer l’exigence d’une deuxième consultation pour les mineures ». On croirait Robespierre réclamant plus de candidats à l’échafaud…

Amendement rejeté : « Le gouvernement lâche les femmes », tweete Laurence Rossignol, tandis que tous les soirs, le gouvernement donne le nombre de victimes décédées du coronavirus pour la seule journée…

À l’heure où j’écris ces lignes, une future maman de ma famille se bat. Elle est infectée par le virus. Ses jumeaux menacés de prématurité. Avec l’équipe médicale, le combat est engagé. Pour la vie. À chacun son urgence…

Lorsque ce cauchemar prendra fin, nous tirerons le bilan. Nous compterons nos morts et nos vivants. Nous aurons beaucoup appris. À commencer par l’exercice de cette solidarité humaine qu’on nous prêche à longueur d’antenne. Peut-être même aurons-nous cessé de considérer la grossesse comme une pathologie qu’il faut à tout prix programmer, sélectionner, vouloir, encadrer. Peut-être aurons-nous définitivement décidé d’aider, de soutenir, d’encourager pour un but plus élevé que notre confort immédiat, notre accomplissement personnel.

L’Histoire jugera les responsables politiques. Pour ce qu’ils ont fait de bien et ce qu’ils ont fait de mal. Et d’avance, nous disons bienvenue. À cette génération qui vient, porteuse de renouveau et débarrassée de cette clique que nous aurons foutue dehors !

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