Si Martin Luther King a pu dire « I have a dream » par désir justifié d’égalité raciale dans les États-Unis ségrégationnistes de 1963, le directeur de la rédaction de , Geoffroy Lejeune, peut dire « Je fais un cauchemar », devant l’indignation politico-médiatique qu’a provoqué, la semaine dernière, son ultime « roman de l’été » : Obono l’Africaine !

Voici donc Danièle entrée dans la cour des grands diffamés de l’Histoire par le biais du scandale causé par son voyage imaginaire dans les « couloirs du temps ». Tout cela par le détournement d’une illustration de Pascal Garnier réalisée pour cette dystopie écrite sous pseudonyme.

L’occasion faisant le larron, la presse de gauche s’en est donné à cœur joie, dénonçant, au diapason de Libération, un article « infâme », qui « donne la nausée », et j’en passe. L’accusateur public s’est montré là particulièrement offensif, dans un amalgame – sans risques mais qui se voudrait civique et héroïque – des chroniqueurs d’Ornellas, Denis, Raguenel, etc., en les accablant du crime de la responsabilité collective par un procédé totalitaire commun de la pensée marxiste. Avec une attaque qu’il sait être imparable dans notre univers d’Occident formaté : racisme !

Ce mot suffit à rallier tous les conformismes de la bien-pensance qui prône la repentance et la culture de l’excuse. Les partis de la gauche marxiste l’ont bien compris, pour surjouer l’indignation, après leur effacement médiatique d’un été « Orange mécanique » qui redonnait aux partisans de l’ordre et de la sécurité une plus grande audience populaire. De ce camp on comptera, évidemment les islamo-gauchistes – c’est de bonne guerre – issus du trotskisme, depuis les Indigènes de la République jusqu’aux nombreux membres de La France insoumise et d’EELV. S’y ajoutent, logiquement, les principaux représentants des partis suivistes, PS, LR, ou MoDem. Certains piégés par leurs bons sentiments, tel le socialiste Amine El Khatmi, qui tweete, contraint : « Aucun désaccord ne résiste au dégoût qu’inspire ce dessin et le dossier consacré à Mme Obono. » Sans parler de LREM dont les ténors ont poussé les cris d’orfraie. aurait même appelé la députée LFI pour l’assurer de son soutien !

Plus étonnante, au premier abord, la réaction du RN qui hurle avec les loups. Mais tout s’explique. Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti, est envoyé au front de la démagogie : « La couverture de Valeurs actuelles est d’un mauvais goût absolu, le combat politique ne justifie pas ce type de représentation humiliante et blessante d’une élue de la République. » Comme la majorité des contempteurs, avait-il lu le papier en question ? On peut en douter, puisque ce n’est pas la « couverture » mais un dessin intérieur, instrumentalisé, qui met le feu aux poudres. Il suffit de relire le tweet de : « Cette publication révoltante appelle une condamnation sans ambiguïté […] La lutte contre le racisme transcendera, toujours, tous nos clivages. » Bon résumé de cet unanimisme d’une jeune classe politique déculturée, aux ordres des nouveaux censeurs du droit d’expression et illustration du poids de la doxa dominante et du basculement civilisationnel en marche. Cette position d’un RN en quête perpétuelle de « dédiabolisation » risque de le reléguer, pour un choix tactique, au rang des partis déjà usés.

Bien qu’il soit légitime de dénoncer les prises de position politiques ambiguës, quasi indigénistes, mortifères pour l’unité de la nation, de Danièle Obono, Geoffroy Lejeune expie, par son exclusion des médias, une riposte ad hominem trop visible. Quoi qu’on puisse penser de l’angle d’attaque du « roman de l’été » incriminé – bon ou mauvais, ignominieux ou pas, raciste ou pas raciste –, on peut regretter qu’il ait permis que soit donnée une absolution politico-médiatique à l’une de celles qui participent de l’ensauvagement idéologique du pays au nom de la diversité.

2 septembre 2020

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