Dans les rues passent des dames top habillées. Voilées jusqu’aux yeux, drapées du sol au plafond, elles déambulent au mépris de la loi qui défend de voiler son visage. Sur la scène des César, une comédienne déclenche un tollé parce qu’elle ne l’était pas assez. Habillée. Et peut-être bien tout autant dans l’illégalité que celle qui l’était trop.

Le député du Vaucluse Julien Aubert et dix autres élus du mouvement Oser la France voient en la performance de la strip-teaseuse Corinne Masiero une infraction caractérisée. Lettre envoyée au procureur de la République de pour signaler le délit. Après le torrent de réactions scandalisées, l’aspect judiciaire… Enfin, un bon film policier : « Le capitaine Marleau à la poursuite de Corinne Maserio ». Grand prix du public, César de ceci et cela… Le français repart !

Pour parvenir à ce scénario haletant, les parlementaires « rappellent qu’il existe certaines dispositions du Code pénal, notamment s’agissant de l’exhibition sexuelle imposée à la vue de tous ». Force est de constater la teneur de l’article 222-32 : « L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. »

Le CNC peut fournir la somme. Canal+ et Vivendi pourraient être plus réservés. Le Point cite certaine source qui aurait déclaré en coulisses : « Ce devait être une célébration, une fête du divertissement, et, au final, ce fut un bien triste spectacle. » Même constat pour Roselyne Bachelot : « C’est navrant de voir des artistes piétiner leur outil de travail. » Ils ont tout osé sauf la France, pourrait ajouter Julien Aubert.

Un spectacle navrant qui attend donc son rebondissement judiciaire. Une cérémonie bis. La remise de menottes d’or. En direct d’un commissariat. Marina Foïs et ses blagues Carambar écrites par le planton de service. De l’authentique, du vécu et l’humour de Thierry Lhermitte qui viendra dénoncer la grossophobie chez les jockeys. Quelle audience !

Autre chose que les pauvres 9,1 % de téléspectateurs qui regardèrent l’émission. La vraie sanction était là. Le public-procureur a déjà sévèrement condamné l’ensemble de la cérémonie. Un an avec sursis. Le temps de se reprendre, remettre un peu d’oxygène dans la machine. Laisser de côté les bons sentiments faciles, le conformisme ambiant qui étouffe toute démarche créative… Sans doute en lice l’année prochaine : le film Ils sont vivants dans lequel Marina Foïs incarne une militante du FN qui tombe amoureuse d’un migrant. Bon. C’est mal barré.

17 mars 2021

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