Après des années passées à s'examiner le nombril et s'être aperçu qu'il en avait fait le tour, l'adepte du « bien-être » made in passe désormais à une autre partie de son corps de même taille mais située plus bas. Cette nouvelle pratique méga tendance, qui vient achever définitivement l'aérobic de Véronique et Davina, consiste – lecteur sensible, éloigne-toi de cet écran – à exposer son anus au soleil. Oui. Et soudain, tout va mieux.

Jambes écartées vers l'astre salvateur, le naturiste acrobate recharge ses batteries, fait le plein de vitamine D. Il a trouvé, c'est par là qu'elle entre. Un certain Ra of Earth en est convaincu (oui, il l'est ! ) : « 30 secondes de soleil sur l’anus apporte plus d’énergie qu’une journée passée au soleil avec ses vêtements. » L'homme semble ignorer qu'un pantalon troué au bon endroit lui apporterait un afflux continu d'énergie pour peu qu'il tourne sur lui-même au gré de la position du soleil. Où a-t-il la tête ?

En hiver, les villes pourraient offrir des stations de rechargement où l'usager aurait la possibilité de s'introduire une lampe solaire dans le postérieur durant une quinzaine de minutes avant de repartir requinqué, gonflé à bloc, en route vers de nouvelle aventures. Pour trois pleins, un verre offert. La partenaire de l'événement. Création de couloirs réservés aux trouducs hâlés, pour ceux qui ne parviennent plus à s'asseoir sur la selle du Vélib'.

Sur Instagram et Twitter, les pratiquants publient les photos de leurs séances de bronzage. Sur le ventre, sur le dos, jambes en l'air face à la mer façon « Welcome Refugees », chacun s'évertue à offrir un ensoleillement maximum à cette partie de leur anatomie que rien ne prédestinait aux feux de la rampe. Des positions alambiquées qui ne sont pas sans rappeler les contorsions du yoga. De la méditation par le bas.

Face à cette « anussothérapie », scientifique se montre perplexe. « La dose de vitamine D est bénéfique pour la mentale et physique mais vous n'avez pas besoin d'endommager votre peau en l'exposant au soleil », clame une doctoresse. De ce diagnostic éclairé (par le haut), il faut retenir l'apport bénéfique pour la mentale. Par suite d'une phénomène réfléchissant inexplicable, la lumière entrée par le postérieur pourrait finir, un jour ou l'autre, par éclairer les étages supérieurs... Un peu de patience. Les culs bénis du « bien-être » ne sont pas à l'abri d'un éclair de lucidité.

27 janvier 2020

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.