Edouard Philippe était lundi à Auschwitz pour le 75ème anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau, alors qu’Emmanuel Macron s’est rendu au Mémorial de la Shoah, à Paris, pour y inaugurer le «Mur des noms» rénové. Au camp du Struthof, ce même jour, en Alsace, à une soixantaine de kilomètres de Strasbourg, les portes de l’ancien camp de concentration du Struthof sont restées closes pour… cause de « fermeture annuelle du 24 décembre au 28 février, réouverture le 1er mars 2020 ».

Jusqu’à cette date, il faudra se contenter d’une visite virtuelle sur le site internet du camp du Struthof qui, 75 ans après, demeure ignoré de nos hautes autorités comme du grand public, peine à sortir de l’anonymat… Qui connait le Struthof « Auschwitz  oublié » de notre Hexagone ?

Bien avant Auschwitz pourtant, que les Soviétiques découvrirent le 27 janvier 1945, le « Konzentrations Lager » du Struthof  aura été le premier camp de concentration découvert par les Alliés à l’ouest de l’Europe, le 23 novembre 1944, lors de leur progression vers les rives du Rhin. Haut lieu de la mémoire des guerres contemporaines, le camp du Struthof en Alsace, seul camp de concentration nazi sur le sol de France, avait été ouvert en 1941 par les nazis, après l’annexion à l’Allemagne de l’Alsace-Moselle. Selon l’historien Robert Steegmann, 22.000 personnes y ont laissé leur vie et près de 52.000 personnes de l’Europe entière y furent internées, dont de nombreux Juifs, mais aussi un fort contingent de Polonais les plus nombreux, suivis des Soviétiques et des Français. Parmi ces derniers on comptait environ un quart d’Alsaciens-Mosellans, souvent des déportés politiques ou des réfractaires au régime nazi que l’on appellera les « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard), nom de code des décrets nazis de 1941, voulant venir à bout des opposants au Reich et plus généralement de la Résistance en Alsace et dans les pays annexés ou occupés.

Chaque année une cérémonie quasi confidentielle, dédiée à la mémoire des victimes du nazisme, se déroule au Struthof le week-end suivant le 18 juin, en souvenir de l’appel du général de Gaulle. Il y a 5 ans, pour le 70e anniversaire de la libération des camps, les survivants du Struthof attendaient pour le moins un hommage national avec la présence d’un membre du gouvernement. Mais ni le secrétaire d’État aux Anciens combattants, ni le Premier ministre, a fortiori le Président de l’époque, n’avaient alors fait le déplacement, pas plus qu’aujourd’hui…Vous avez dit le « Struthof » ?

Partager

À lire aussi

Avé l’assent !

N’est-ce pas Napoléon qui disait, de ses généraux baragouinant l’alsacien, « Pourvu qu’ils…